La restauration française traverse une rentrée particulièrement difficile. Selon la dernière étude du cabinet Altares, les défaillances de restaurants ont atteint un niveau inédit au deuxième trimestre 2026, symptôme d’un secteur pris en étau entre l’explosion des coûts et une clientèle plus économe. Un phénomène qui touche aussi bien les tables traditionnelles que la restauration rapide, et qui commence à peser sur les prix payés par les consommateurs.
Un secteur devenu le plus touché de France
D’après Altares, la restauration à table a enregistré 997 procédures collectives au deuxième trimestre 2026, soit une hausse de 6,4 % sur un an. Un chiffre qui fait de cette activité, selon le cabinet, l’activité la plus touchée par les procédures collectives en France, toutes branches confondues. La restauration rapide n’est pas épargnée : 907 dossiers ont été ouverts, en progression de 13,9 %, sous l’effet conjugué de la saturation des concepts et du poids des commissions prélevées par les plateformes de livraison. Au total, le secteur du café-hôtel-restaurant cumule 2 390 défaillances sur la période (+9,5 % sur un an), près du double du rythme national, qui s’établit lui à 17 486 procédures collectives (+5,4 %). Trois quarts de ces défaillances touchent des très petites entreprises de moins de trois salariés, une fragilité qui n’est pas sans rappeler les difficultés recensées pour d’autres TPE et PME françaises confrontées à un contexte économique tendu.
Des coûts qui grimpent plus vite que les prix
La cause de cette vague de défaillances tient en grande partie à l’évolution des coûts. Selon le Groupement des Hôtelleries & Restaurations de France, les coûts matières ont progressé d’environ 20 % en moyenne en 2024, et de 22,3 % depuis 2021. Un restaurant de cinq salariés rémunérés au Smic doit désormais absorber un surcoût annuel minimal de 5 815 euros, dont 2 580 euros liés au seul gel des allègements de charges. Face à cette pression, les établissements ont répercuté une partie de la hausse sur l’addition : le ticket moyen en restauration à table atteint 23,20 euros en 2025, contre 22,70 euros en 2024, soit une progression de 2,1 % qui reste très insuffisante pour compenser la flambée des coûts matières. Un plat du jour coûte désormais 18,72 euros en moyenne dans un restaurant traditionnel, contre 12,86 euros en restauration rapide. Cette pression sur le porte-monnaie n’est pas sans écho avec d’autres postes de dépense des ménages, comme le budget énergie des Français, également scruté de près cette année.
Les clients resserrent leurs habitudes
Malgré une consommation alimentaire hors domicile qui atteint un record de 128,3 milliards d’euros en France, les marges des restaurateurs continuent de s’éroder. Beaucoup de Français réduisent la fréquence de leurs sorties au restaurant, un réflexe d’arbitrage que l’on retrouve aussi côté familles au moment de la rentrée scolaire, où le budget vêtements des enfants explose. Cette sobriété touche aussi l’alimentation à domicile : plusieurs études ont montré que les produits les mieux notés au Nutri-Score ne sont pas forcément les plus chers, un signal encourageant pour manger mieux sans faire exploser son budget.
Quelles perspectives pour la rentrée ?
Après 8 714 défaillances enregistrées en 2024 et 9 434 en 2025 dans l’hôtellerie-restauration, le secteur s’enfonce dans une troisième année de crise consécutive. Les professionnels réunis notamment au sein de l’UMIH alertent sur la nécessité d’un soutien structurel : allègement du coût du travail, simplification administrative, meilleure régulation des plateformes de livraison. En attendant, les indépendants et les petites brasseries de quartier restent les plus exposés, tandis que d’autres enseignes misent sur des concepts perçus comme généreux et des prix resserrés pour fidéliser une clientèle attentive à la valeur de son addition.
Questions fréquentes
Combien de restaurants ont fait faillite en France au deuxième trimestre 2026 ?
Selon Altares, la restauration à table a enregistré 997 procédures collectives au deuxième trimestre 2026 (+6,4 % sur un an), et la restauration rapide 907 (+13,9 %), soit près de 1 900 défaillances cumulées pour l’ensemble de la restauration.
Pourquoi les restaurants ferment-ils autant en 2026 ?
La hausse des coûts matières (+22,3 % depuis 2021), le gel de certains allègements de charges et une clientèle plus économe pèsent sur des marges déjà fragiles, en particulier chez les très petites entreprises qui représentent 75 % des défaillances.
Le prix des repas au restaurant a-t-il beaucoup augmenté ?
Oui, mais modérément : le ticket moyen en restauration à table s’élève à 23,20 euros en 2025, contre 22,70 euros en 2024, une hausse de 2,1 % qui ne compense pas la flambée des coûts matières observée depuis 2021.
Sources
France Épargne – Restauration : 997 défaillances au deuxième trimestre, l’activité la plus touchée de France
UMIH – Restauration, hôtellerie : le CHR trinque sur le front des défaillances
Extencia – Chiffres clés restauration 2026 : le marché en 18 données
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale















