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Flambée du prix de l’or : ce qui change pour les bijoutiers et les acheteurs en France

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Bijoux en or présentés dans une vitrine de bijouterie
Temps de lecture :3 Minutes, 33 Secondes

Impossible d’y échapper cette année : le prix de l’or a atteint des niveaux jamais vus, et la vague touche de plein fouet les bijoutiers comme les acheteurs français. Entre janvier et septembre 2026, le métal jaune a bouleversé les habitudes d’un secteur entier, de l’atelier d’artisan à la boutique de centre-ville.

Un record historique qui rebat les cartes

Fin janvier 2026, l’once d’or a franchi la barre symbolique des 5 000 dollars, avant d’atteindre un sommet historique absolu à 5 589 dollars le 28 janvier. En France, le prix du gramme d’or pur dépasse désormais les 130 euros, soit une hausse de plus de 45 % en deux ans. Concrètement, le gramme d’or 18 carats, le plus utilisé en joaillerie, oscille aujourd’hui entre 80 et 110 euros selon les cours.

Cette flambée s’explique par un cumul de facteurs : incertitude économique mondiale, tensions géopolitiques et achats massifs des banques centrales, qui continuent de constituer des réserves d’or comme valeur refuge.

Bijoutiers : moins d’or transformé, plus d’inventivité

Conséquence directe pour la filière : les volumes d’or destinés à la fabrication de bijoux, qui dépassaient autrefois 2 400 tonnes par an dans le monde, sont retombés autour de 2 000 tonnes. Pour rester accessibles, de nombreux artisans bijoutiers misent sur des bijoux dits « de récession » : des pièces conçues avec un titrage plus faible (10 ou 14 carats au lieu des 18 carats traditionnels), ou des montures utilisant moins de métal précieux.

Ces ajustements rappellent combien les petites structures du secteur, souvent de véritables TPE et PME artisanales, doivent redoubler d’agilité pour absorber un choc de coûts qu’elles ne peuvent pas toujours répercuter intégralement sur leurs clients.

Les Français vendent plus qu’ils n’achètent

Du côté des ménages, la tendance s’inverse : plutôt que d’acheter de nouveaux bijoux, de plus en plus de Français choisissent de revendre les leurs pour profiter de cours historiquement élevés. Un réflexe patrimonial qui n’est pas sans rappeler d’autres arbitrages budgétaires des familles françaises, comme le recours croissant à la seconde main observé à la rentrée scolaire, quand chaque poste de dépense est passé au crible.

Un secteur pourtant en forme, entre horlogerie et exportations

Malgré ces tensions, la filière française reste dynamique dans son ensemble. Selon la fédération professionnelle Francéclat, la production horlogerie-bijouterie-joaillerie française est estimée à 6,8 milliards d’euros, portée notamment par des exportations qui atteignent 12,4 milliards d’euros. L’horlogerie tire particulièrement son épingle du jeu, avec environ 480 millions d’euros de production, en hausse de 13 %, portée par les montres artisanales et les modèles hybrides connectés.

Les bijoux restent aussi des achats à forte valeur symbolique, en particulier lors des grands moments de la vie : on pense évidemment aux alliances et pièces de joaillerie achetées à l’occasion d’un mariage, alors même que le budget consacré aux mariages continue lui aussi de grimper en France.

Ce qu’il faut retenir pour les consommateurs

Avant tout achat en boutique ou en ligne, mieux vaut comparer les titrages et se renseigner sur le cours du jour. Pour ceux qui envisagent de vendre, le contexte reste favorable, mais il s’inscrit aussi dans des choix plus larges de gestion de patrimoine et d’épargne qui dépassent le seul bijou. Une prudence qui s’applique d’ailleurs à bien des décisions de la vie pratique du quotidien.

Questions fréquentes

Pourquoi le prix de l’or a-t-il autant augmenté en 2026 ?

La hausse s’explique par un cumul de facteurs mondiaux : incertitude économique, tensions géopolitiques et achats massifs d’or par les banques centrales, qui recherchent une valeur refuge face aux incertitudes des marchés.

Les bijoux en or vont-ils devenir plus chers durablement ?

Tant que les cours restent élevés, les bijoutiers devraient continuer à proposer des alternatives à plus faible titrage (10 ou 14 carats) pour maintenir des prix accessibles, plutôt que de répercuter intégralement la hausse sur les modèles traditionnels en 18 carats.

Est-ce le bon moment pour vendre ses bijoux en or ?

Les cours actuels sont historiquement élevés, ce qui explique pourquoi de nombreux Français choisissent de revendre leurs bijoux. Comme pour tout arbitrage patrimonial, mieux vaut toutefois comparer plusieurs professionnels avant de se décider.

Sources

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