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Politique
CRISE
IRAKIENNE
Biya entre le marteau
américain et l'enclume français
Dans deux semaines environ,
le Cameroun aura à donner son point de vue sur
la crise irakienne qui divise d'une part, Les Etats-Unis,
la Grande-Bretagne et l'Espagne, et la France, l'Allemagne,
la Russie et la Chine, d'autre part. Pour le moment,
le cur de Biya balance pour la position que soutient
la France.
Vendredi dernier, la Baronne
Valérie Amos, responsable Afrique du ministère
britannique des affaires étrangères a
été reçue en audience au palais
de l'Unité par le Président Biya. Parallèlement,
à en croire certaines sources, le secrétaire
adjoint américain Walter Kanteinster est attendu
à Yaoundé dans quelques jours. Américains
et Britanniques souhaitent que le conseil de sécurité
discute et approuve, le 7 mars prochain, une deuxième
résolution qui signifierait une intervention
militaire contre l'Irak, dans deux semaines environ.
C'est pour mieux expliquer la position de leurs pays
respectifs que ces hautes autorités souhaitent
rencontrer le président Biya. De leur côté,
la France, l'Allemagne et la Russie y sont opposées
et préparent un plan alternatif donnant plus
de temps aux inspecteurs de l'Onu en Irak pour garantir
le désarmement pacifique de Bagdad.
Pour le moment, le président
camerounais s'aligne sur la position soutenue par la
France. Etoudi aurait donc choisit son camp. A ses risques
et périls ? Pas véritablement. A l'observation,
les intérêts économiques, plus précisément
l'analyse de la balance commerciale, auraient guidé
le choix de Biya. En effet, pour la seule année
2001, la balance commerciale révèle que
le Cameroun a exporté pour 136 milliards 655
millions en direction de la France et a importé
des marchandises de la France pour 326 milliards 814
millions. Bien plus, le Cameroun est le 2e client de
la zone franc, après la Côte d'ivoire.
A l'échelle mondiale, le Cameroun est le 55e
client de la France et le 67e fournisseur du Cameroun
avec une part de marché de 30%. A l'opposé,
les relations commerciales entre le Cameroun et les
Etats-Unis sont faibles. Pendant la même année,
le Cameroun a vendu en direction des Etats-Unis pour
quelques 26 milliards 352 millions et a importé
pour 138 milliards 411 millions de francs Cfa. Toutefois,
il convient de dire qu'en raison de la lutte pour le
contrôle des ressources pétrolières
mondiales, le Golfe de Guinée est considéré
comme une zone stratégique pour les Etats-Unis
qui sont présents en Guinée Equatoriale
et dans le projet de pipeline Tchad-Cameroun.
Si sur le plan des intérêts
économiques, sa position est évidente,
il n'en est pas de même sur le plan de la sécurité
du président Paul Biya. En effet, Georges Bush
est un allié incontournable d'Israël dont
les éléments forment et assurent la garde
rapprochée du président camerounais.
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