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Politique
PRESIDENTIELLE
2004 :
L'opposition à
la recherche d'un candidat unique
A quelques mois de l'élection
présidentielle qui se déroulera en principe
au Cameroun l'année prochaine, l'opposition,
comme dans pareilles circonstances les années
précédentes, voudrait affronter cette
élection en rangs serrés. Mais, les égoïsmes
personnels cèderont-ils le pas à l'intérêt
commun ?
Le ton est d'abord venu
des ressortissants du Grand Nord qui s'activent, depuis
quelques mois, à constituer un regroupement ayant
une même vision de la façon de se présenter
à la prochaine consultation électorale.
Même si les grandes pointures de la vie politique
du Grand Nord ne bénéficient plus du soutien
du fils de l'ancien président du Cameroun qui,
selon certaines sources, se serait désolidarisé
de leur action, il va de soi qu'en choisissant un candidat
unique pour cette région, l'opposition camerounaise
franchit ainsi un pas décisif pour une candidature
unique pour toute l'opposition. Il resterait peut-être
ainsi aux autres régions de désigner leur
candidat, avant l'ultime choix.
Dans cette optique, des
regroupements sont en train de voir le jour. A l'instar
du " One Challenger ", proposé par
Siméon Kuissu, soutenu par Abel Eyinga, un opposant
de la vieille garde. Pour ces deux politiciens, l'opposition
camerounais doit réfléchir sur une autre
façon d'aller aux élections. D'une part,
elle doit chercher à exploiter au maximum certaines
failles du processus électoral pour ne plus se
faire piétiner par le pouvoir, et mobiliser toute
l'opposition nationale vers une candidature unique,
d'autre part.
Ces regroupements ont-ils
la chance de réussir lors de l'échéance
électorale de l'année prochaine ? Cette
question mérite d'être posée lors
qu'on sait que des expériences similaires se
sont toujours soldés par des échecs. Les
intérêts personnels des politiciens ont
toujours pris le dessus sur ceux du groupe. Même
si, pour l'élection présidentielle de
2004, les poids lourds de l'opposition n'ont pas encore
déclaré leur candidature, l'arrivée
des barons comme William Eteki Mboumoua, l'ancien et
très respecté ministre des relations extérieures
du feu président Ahidjo dans l'arène politique,
peut perturber certains pronostiques. Surtout que certaines
sources affirment qu'il envisage se présenter
à la future consultation électorale sous
le label d'un parti qu'il entend créer dans un
proche avenir.
Au-delà de sa difficulté
de choisir un candidat unique, l'opposition doit aussi
affronter les coups bas de l'administration. Surtout
dans l'étape de l'inscription de ses militants
dans les listes électorales. Dans l'ensemble,
les partis politiques de l'opposition sollicitent la
refonte du code électoral et une plus grande
transparence dans la constitution des listes électorales.
Ce qui n'est pas du goût des " chefs de terre
" qui souhaitent continuer dans la même lancée
que les années antérieures. Surtout que,
à l'Assemblée nationale dont les travaux
de la première session de l'année législative
2003, aucun texte ne modifie les dispositions actuelles
qui stipulent que l'inscription sur les listes électorales
est faite chaque année, du 1er janvier au 31
décembre. Bien plus, pour les partis politiques
qui refuseraient de faire partie des commissions crées
dans les circonscriptions administratives à cet
effet, qu'ils ne se leurrent pas : le travail sera fait
sans eux, comme les textes le prévoient.
Que peut alors l'opposition
? Une question qui mérite d'être posée
lorsqu'on sait que des 179 députés de
l'Assemblée nationale qui vont légiférer
sur les textes émanant de l'exécutif ou
de leur initiative propre, 149 sont du Rassemblement
Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), le
parti au pouvoir, 22 du Social Democratic Front (SDF),
5 de l'Union Démocratique du Cameroun (UDC),
3 de l'Union des Populations du Cameroun (UPC) et un
seul de l'Union Nationale pour le Développement
et le Progrès (UNDP).
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