LE MINISTERE DE LA GUERISON
ET DE L'EXORCISME DANS LES EGLISES D'AFRIQUE
Par
Dossou Simon Kossi
Dossou Simon
Kossi est professeur d'Ancien Testament et d'hébreu biblique
depuis 1988 à la Faculté de Théologie Protestante
de Yaoundé et depuis peu, professeur associé à
l'Institut Catholique de Yaoundé.
Il est difficile de parler des Eglises d'Afrique car
elles sont très nombreuses et variées. D'un autre côté, au sein
même des Eglises issues de la Réforme, il n'existe pas une ligne
de conduite commune sur toutes les questions. Tout ceci fait que
l'on ne peut vraiment pas parler d'un ministère de guérison en tant
que tel mais de quelques expériences de pasteurs ou d'individus
dans les Eglises d'Afrique. Notre exposé va s'articuler selon le
plan suivant: de la maladie à la guérison, l'Eglise et le ministère
de la guérison.
I. DE LA MALADIE A LA GUERISON
Qui dit guérison pense nécessairement d'abord à
la maladie. C'est la recherche de la bonne santé suite à une dégradation
de celle-ci qui aboutit à la guérison. Cette dernière exige parfois
plusieurs types d'actions à mener.
1. La maladie
La maladie est généralement considérée comme une
altération organique ou fonctionnelle en son évolution. C'est aussi
l'ensemble des troubles pathologiques.
Considérée du point de vue biblique, la maladie
est tout ce qui exprime l'état normal ordinaire de l'humanité déchue.
Elle se révèle comme conséquence de la chute qui entraîne l'apparition
de la douleur et de la souffrance physique.
Mais au-delà de la définition, c'est l'origine
et les manifestations de la maladie qui intéressent généralement
les gens, puis vient ensuite la guérison.
Dans l'AT, l'origine de la maladie ne semble pas
tellement préoccuper les auteurs. De façon générale, la Bible estime
que la maladie et la mort sont entrées dans le monde à partir de
la désobéissance humaine à la volonté de Dieu. La maladie vient
de ce que l'homme se refuse à écouter la voix de Dieu et préfère
sa propre volonté. il s'ensuit qu'il fait des choses qui l'entraînent
dans la douleur physique ou/et morale.
En Afrique, la maladie peut avoir plusieurs origines.
a) La maladie dite normale
C'est en général une maladie bénigne dont les conséquences
ne sont pas graves pour la santé de l'humain. Ainsi, une migraine,
une courbature passagère qui sont rapidement soignées à l'aide de
plantes spécifiques et connues sont considérées comme des maladies
d'origine normale.
Bien que normale, ces maladies requièrent parfois
des soins plus ou moins intensifs Si on ne les prend pas au sérieux
dès le départ.
b) Les maladies-destin
Ce sont des maladies ailleurs considérées comme
héréditaires et que l'individu traîne avec lui plusieurs années
durant. Malgré les soins, il n'a qu'un soulagement relatif. Ainsi,
en est-il de la drépanocytose appelée "rhumatisme aigu" dans certaines
langues africaines. L'homme admet que ce genre de maladie est donné
par le destin et qu'il n'y peut rien. Il sait qu'il traînera celle-ci
toute sa vie. La médecine occidentale connaît bien l'origine d'une
telle maladie et prescrit comment l'éviter.
c) Les maladies causées par le malade de façon accidentelle
Il y a des maladies que l'on reconnaît comme ayant
une origine accidentelle. On les contracte sans toujours le vouloir
bien qu'on sache à l'avance qu'on s'y expose à des éventuellement.
Ainsi, les maladies sexuellement transmissibles
(MST) sont considérées comme accidentelles. Pourtant parfois, certains
les considèrent comme une punition de Dieu.
Plus graves peuvent se révéler les manipulations
qui conduisent accidentellement à la folie. Le malade est considéré
comme l'auteur de sa propre maladie et l'on prend cette situation
comme la juste récompense de son forfait.
d) Les maladies causées par les ennemis
il existe dans la société africaine des malfaiteurs
qui sont capables d'envoûter certaines personnes, leur donnant ainsi
une maladie qu'ils seront seuls en mesure de guérir. Ainsi en est-il
des maladies que l'ennemi envoie pour nuire à un homme riche qu'on
veut réduire à néant (alcoolisme, désordre sexuel, etc.), ou une
belle femme qui a refusé les avances d'un homme méchant. Parfois,
un enfant très brillant à l'école devient subitement médiocre et
incapable de comprendre ce qui lui arrive. La cause d'une telle
situation peut être psychologique mais, généralement, les gens la
recherchent ailleurs.
e) Les maladies causées par les divinités
La tradition africaine affirme que certaines maladies
sont causées par les divinités ou les esprits comme la juste punition
des violations des interdits ou des tabous. Certains actes posés
par les humains ont parfois des conséquences graves sur leur milieu
de vie. Les incestes même cachés sont punis par les divinités sauf
dans certains cas particuliers où il faut poser des actes selon
des conditions particulières.
Beaucoup de conflits domaniaux se soldent par des
morts en série ou des maladies graves parmi les protagonistes et
on estime que cela vient des divinités fâchées.
Chaque cas de maladie requiert un traitement approprié
qui peut apporter la guérison.
2. La guérison
Parler de guérison suppose que l'on veut évoquer
le traitement qu'il faut appliquer dans tel ou tel cas de maladie.
Ainsi, guérir, c'est soigner l'homme intégralement, en agissant
non seulement sur le plan où la maladie s'est manifestée d'une manière
prédominante, mais aussi dans l'ensemble de sa personnalité.
a) Dans l'ancien testament
Dans l'AT, la maladie étant le plus souvent vue
comme la conséquencede la rébellion contre le créateur, la guérison
ne peut venir que de Dieu qui accorde de nouveau sa grâce au pécheur.
C'est pourquoi, dans l'AT, c'est Dieu qui est l'auteur de la guérison.
Toute personne qui fait l'objet de la grâce divine
recouvre la santé. L'AT montre que Dieu guérit par sa parole. 2R
20:1-11 indique que Dieu a fait une promesse de guérison au roi
Ezéchias et qu'il l'a tenue.
Bien que ce soit Dieu qui guérit, l'AT connaît
la thérapie médicinale. Le prophète Esaîe envoyé par Dieu à Ezéchias
a agi comme un médecin. L'AT évoque aussi la psychothérapie que
Dieu a aussi appliquée à Ezéchias. il en est de même de la guérison
miraculeuse et spirituelle. Le cas le plus frappant est celui de
Naaman dans 2 R 5. Le malade aussi prie et cherche le médecin mais
c'est Dieu qui guérit en dernier ressort.
Il se dégage de tout ceci que Si la maladie est
signe de la condamnation et de la malédiction, la guérison apparaît
comme signe grâce et de bénédiction. C est à la lumière de cette
idée que s'inscrit le ministère de guérison de Jésus.
b) La guérison dans le nouveau testament
Dans le NT, Jésus est le premier guérisseur car
pour lui, guérison et salut sont presque une et même chose. Jésus
est venu guérir le monde de son infirmité. C'est pourquoi, toute
guérison physique qu'il opère a ses raisons profondes dans le spirituel.
Ainsi, il dira souvent: ta foi t'a sauvé, t'a guéri. Si Jésus estime
que l'objectif recherché ne sera pas atteint, Il refuse d'opérer
le miracle demandé. On peut affirmer sans risque de se tromper que
bien des gens mouraient au temps de Jésus ; il est de même très
probable qu'il y ait eu des malades dans son entourage immédiat.
Mais malgré tout cela il n'y a pas de quoi mettre en doute ces paroles
à propos de l'activité de Jésus : il est venu ouvrir les yeux des
aveugles, guérir les paralysés, faire parler les sourds-muets, guérir
toutes sortes d'infirmités. Néanmoins, malgré la demande implicite
d'assistance de Jean-Baptiste depuis sa prison, Jésus n'a rien fait.
Jean est décapité.
En fait, Jésus n'est ni un thaumaturge, ni un suicidaire.
Tout acte qu'il pose a le souci principal de montrer l'irruption
du royaume de Dieu parmi les hommes. On constate en général que
le ministère de guérison de Jésus ne s'est pas déroulé selon un
Principe intangible. Tantôt il a guéri par la parole, tantôt il
à demandé la participation du malade. Lc 6: 6-11; tantôt, il a appliqué
une thérapie tantôt il a touché le malade en lui imposant les mains,
Mt 9 : 27-31; tantôt il a menacé la maladie, Lc 4 : 39. Dans plusieurs
autres cas, il a expulsé les esprits impurs qui habitaient tel ou
tel malade.
Dans l'Eglise primitive, toutes les guérisons ont
été faites au nom de Jésus. le livre des Actes et tous les autres
livres du NT, sont parsemés des guérisons et délivrances qui se
faisaient au nom du Seigneur Jésus.
c) En Afrique traditionnelle
L'Afrique traditionnelle a ses méthodes de guérison.
Selon que le mal dont souffre le patient est considéré comme naturel
ou venant d'un ennemi ou des divinités, il y a un traitement approprié
qui est appliqué.
Dans les cas des maladies dites normales, le malade
lui-même ou un de ses proches peut chercher des herbes susceptibles
de traiter le mal. Aucun rituel spirituel ou magique n'est pratiqué.
Les soins sont généralement empiriques car ils sont uniquement basés
sur les connaissancemédicinales apprises à travers l'expérience
quotidienne.
Mais si le mal persiste malgré le traitement appliqué,
on se résoud à attribuer le mal à une cause surnaturelle. On fait
appel aux spécialistes des soins dans le milieu traditionnel : c'est
pourquoi on les appelle des tradi-praticiens. ils sont considérés
comme les seuls capables de soigner les maladies "culturelles"
Parmi ceux-ci, on rencontre les herboristes et
les magiciens.
les herboristes
Ce sont des tradi-praticiens qui utilisent exclusivement
des herbes ou des argiles pour soigner les malades. Après avoir
interrogé le malade et/ou ses proches, ils posent le diagnostic
et appliquent le traitement approprié. C'est souvent des feuilles
qu'on utilise dans le cadre de la macération, de l'infusion, de
la décoction, de l'ablution, de l'inhalation etc.
L'herboriste peut lui-même administrer le traitement
au malade la première fois, puis il lui donne la recette pour qu'il
continue les soins tout seul ou avec l'aide des siens. Ce type de
tradi-praticien est généralement très modeste dans ses prétentions
car il reconnaît qu'il n'est pas capable de tout soigner. Par ailleurs,
il ne perçoit que de modiques sommes d'argent comme honoraires.
Si le malade le veut, il peut lui manifester sa gratitude en lui
faisant quelques dons en nature.
les magiciens
Lorsque le mal dépasse les compétences de l'herboriste,
il faut voir quelqu'un qui est capable de scruter le monde invisible
et d'interroger les esprits. On pense généralement à celui qu'on
appelle magicien. Par magicien, il ne faut pas entendre ici un prestidigitateur.
il s'agit des gens qui entrent en communication avec le monde invisible
et qui sont réputés être les gestionnaires du sacré et lient lemonde
visible au monde invisible. On leur attribue un pouvoir surnaturel
et le don de miracles.
Le rôle de ce type de tradi-praticiens consiste
à diagnostiquer les origines du mal, à interroger le monde invisible
pour déterminer le type de traitement à appliquer au malade et la
manière dont il faut procéder. Ils conjurent le mauvais sort et
sortent plusieurs malades des situations critiques. Ils "négocient"
le malade auprès des forces invisibles. Après le traitement, le
tradi-praticien devra lui- même faire des rites de protection ou
de purification sinon, il pourrait tomber malade ou même mourir
en lieu et place de son patient
Malgré tout, plusieurs malades ne guérissent pas,
montrant ainsi les limites de l'art thérapeutique.
De nos jours, plusieurs malades sont transportés
de chez eux à l'hôpital, puis de là chez le tradi-praticien, puis
de nouveau à l'hôpital. On voit également des malades hospitalisés
qui utilisent clandestinement des écorces et autres produits donnés
par les tradi-praticiens.
Face à tout cela, quel est le point de vue de l'Eglise?
II. L'EGLISE ET LE MINISTERE DE LA GUERISON
L'Eglise en Afrique ne peut rester indifférente
à tout ce qui se vit à coté d'elle et parfois même en son sein en
matière de traitement et de guérison. Elle est tributaire des idées
reçues de la mission mais aussi d'une forme d'intégrisme religieux
qui l'obligent à être claire dans ses prises de position aujourd'hui.
L'Eglise a reçu du Christ, la mission de guérir
les malades, de délivrer ceux qui sont sous l'emprise du diable.
L'Eglise en Afrique a par conséquent développé son ministère de
guérison selon deux axes : d'abord la guérison par la médecine puis
par la prière.
1. la guérison par la médécine
L'Eglise missionnaire qui a donné naissance à l'Eglise
Catholique Romaine en Afrique et à la plupart des Eglises membres
des organisations inter-ecclésiastiques comme le COE, la CEVAA,
la CETA etc. a eu le projet d'apporter la santé du corps aux populations
évangélisées. Plusieurs centres de santé ont été créés à cette fin.
Les Eglises en Afrique devenues autonomes ou non ont conservé Ces
oeuvres de témoignage et en ont créé d'autres. Toutefois, plusieurs
malades venus dans Ces centres de santé ont trouvé insuffisants
les soins qui leur sont prodigués aussi ont-ils choisi d'allier
médecine traditionnelle et médecine importée. Certaines Eglises
ont simplement décidé d'avoir quelques tradi-praticiens chrétiens
parmi leurs personnels soignants. Ceci pose quelques problèmes d'éthique
chrétienne. Elles se demandent Si cela est conforme à la foi chrétienne
ou pas, alors qu'on rencontre parmi les chrétiens, certains qui
souffrent des maladies "culturelles". Dans les centres de santé
de l'Eglise, une bonne place est faite à la prière.
2. la guérison par la prière
Malgré ses centres de santé, l'Eglise d'Afrique,
beaucoup plus que l'Eglise missionnaire met un accent particulier
sur la prière de guérison. D'ailleurs, avec la grave crise financière
du début des années 90 qui continue jusqu'à présent, beaucoup de
chrétiens ont découvert avec joie la puissance de la prière faite
avec foi. Non seulement, en alliant la médecine à la prière, le
patient semble recouvrer plus rapidement la guérison mais il découvre
aussi que cela lui revient moins cher, Dieu ne lui présentant aucune
facture pour ses honoraires et les médicaments à consommer. C'est
pourquoi, il existe de nos jours dans les grandes villes une activité
débordante des groupes de prière. Dans les milieux catholiques on
parle des "groupes de prière charismatique". Dans les milieux protestants
ces groupes de prière développent leurs activités surtout parmi
les gens à faibles revenus dans les villes et les villages.
Le phénomène qui semble assez nouveau dans le milieu
protestant aujourd'hui est la prière de délivrance appelée exorcisme
dans les milieux catholiques.
3. la prière de délivrance
Tandis que la prière de guérison est faite pour
toutes sortes de maladies, la prière de délivrance se fait dans
des cas où l'on soupçonne qu'une personne est possédée par des esprits
maléfiques ou sataniques. Mais qu'est-ce qu'une possession satanique
ou démoniaque?
a) La possession démoniaque
On rencontre quelquefois des gens qui développent
des crises anormales. Donnons-en quelques cas:
- Une femme déclare qu'un être mystérieux dont elle ne voit pas le
visage vient coucher avec elle pendant son sommeil. Elle sent la présence
en elle mais elle ne peut toucher personne. - Un homme entend des
gens lui parler, lui demandant de brûler sa veste, de casser ses verres
à boire ; spontanément il s'exécute sans savoir pourquoi. - Une jeune
fille développe une sorte de crise qui ressemble à l'épilepsie. Toutes
les analyses médicales sont négatives et la médecine se déclare incompétente
pour la traiter. - Un jeune homme arrête brutalement ses études secondaires
et prétend que Dieu l'appelle pour évangéliser. - Une femme déclare
avoir plusieurs démons en elle et les sent. - Des maisons hantées
par des esprits mauvais, etc.
Tout cela montre que Satan cause beaucoup de dégâts
parmi les gens. Souvent, les visites médicales poussées ne diagnostiquent
presque rien dans la plupart des cas de possession. Tout ceci parce
que "Satan n'a pas de visage. On peut se le représenter à la fois
comme un ensemble de forces ou comme un personnage. On ne peut pas
le cerner totalement. Il est un et multiple". Satan terrorise le
monde, y compris ceux qui viennent lui confier leur vie en vue de
quelques années de bonheur terrestre. "Ne pouvant pas nous tuer,
il cherche à faire de nous ses disciples, par opposition à Dieu"
Vaincu par le Christ, Satan lutte contre ceux qui sont fidèles à
Dieu.
Face à tout cela, les chrétiens ont besoin d'être
délivrés. La psychothérapie essaie de faire ce qu'elle peut mais
n'arrive presque jamais à résoudre entièrement le problème d'où
la nécessité de la prière de délivrance.
b) La prière
Avant de faire des prières de délivrance, le praticien
doit sérieusement se préparer à l'avance. Prier pour délivrer quelqu'un
des puissances sataniques, c'est toiser Satan dans son royaume.
Si on ne se prépare pas bien on ne peut pas résister aux coups violents
qu'il utilise contre ceux qui le combattent.
Comment se préparer pour un tel combat?
- Reconnaître qu'on a ce don, éventuellement après
plusieurs expériences ou "se jeter à l'eau" quand le besoin devient
un impératif.
- Etre homme ou femme de prière. Jésus n'a réussi
sa mission terrestre que grâce à sa communion permanente avec Dieu.
C'est dans la prière que l'agent de délivrance peut avancer dans
sa mission. il est dangereux pour quelqu'un d'incompétent de s'attaquer
au démon. Plusieurs personnes qui se sont improvisées agents de
délivrance se sont trouvées complètement anéanties par les esprits
malins.
Délivrance et exorcisme ont presque les mêmes significations
mais c'est surtout dans l'Eglise Catholique romaine qu'il y a un
rituel appelé exorcisme. Codifié par le Saint-Siège, ce rituel est
utilisé de la même façon par tous les prêtres exorcistes. Rien de
tel n'existe dans les Eglises Protestantes. La Bible est le seul
instrument à la disposition de ceux qui délivrent des puissances
maléfiques. Toutefois, beaucoup utilisent de plus en plus la croix,
l'eau et l'huile d'onction comme supports pour les prières. Ceci
crée des confusions énormes dans la tête de plusieurs personnes.
il existe aujourd'hui beaucoup de marchands d'illusion parmi ceux
qui délivrent des puissances maléfiques. Toutefois, beaucoup utilisent
de plus en plus la croix, l'eau et l'huile d'onction comme supports
pour les prières. Ceci crée des confusions énormes dans la tête
de plusieurs personnes. il existe aujourd'hui beaucoup de marchands
d'illusion parmi ceux qui prétendent prier pour les malades. C'est
pourtant Christ lui-même qui délivre et qui guérit.
Signalons aussi les dangers que courent ceux qui
délivrent les possédés. Satan les attaque constamment. Ils prient
souvent au nom du Christ pour des gens qui trouvent la solution
à leurs problèmes mais ils connaissent eux-mêmes des problèmes de
santé, des échecs dans leur propre vie. Ils ne doivent cependant
pas se décourager car le Christ vit en eux, et leur échec le préoccupe
leur victoire est la gloire du Christ.
De plus c'est un ministère qui exige que l'on consacre
beaucoup de temps d'écoute aux malades. Il faut être très disponible
et volontaire pour y arriver.
Enfin, l'Eglise chrétienne en général et les Eglises
protestantes en particulier n'aiment pas beaucoup entendre parler
des problèmes de délivrances. Des pasteurs qui ont osé le faire
dans certaines communautés Ont été suspendus de leur fonction. Pourtant,
c'est aujourd'hui un impératif pour l'Eglise de développer ce ministère,
de l'encourager Car les chrétiens qui se sentent persécutés par
les sorciers malfaiteurs et le diable n'attendront pas qu'on vienne
les y autoriser avant qu'ils aillent chez les tradi-praticiens magiciens
qui sont parfois au service des esprits maléfiques mal connus.
L'Eglise a le devoir d'aider ses membres à se libérer
de ce qui les angoisse mais qui ne se soigne ni par la médecine
traditionnelle africaine ni par la médecine "moderne" importée.
Certaines maladies nécessitent des prières intenses que certains
appellent prières de délivrance ou exorcismes dans certains milieux.
Ceci devrait constituer tout un ministère qui entre
surtout dans le cadre de l'accompagnement pastoral ou cure d'âme
que tous les ministres du culte ont en principe appris lors de leur
formation dans les Institutions théologiques. Le ministère de guérison
est exercé toutes les fois que les pasteurs font correctement leur
travail. C'est Dieu qui travaille à travers ces pasteurs pourvu
qu'ils veuillent être fidèles à la voix de leur Seigneur à travers
le Saint-Esprit.
Extrait de "Ma Foi, Je partage"
collection TODAH N° 1
Mise en page réalisée aux Presses de l'UCAC, Campus
d'Ekounou
Université Catholique d'Afrique Centrale.
B.P 11628 Yaoundé. Tél 30 55 08
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