LA
SAINTETE ET LA JALOUSIE DE DIEU
Dieu déclare qu’il ne tolérerait
pas que son fidèle fasse des images taillées représentant
quoi que de soit sur la terre ou dans les cieux ou dans les eaux. Il
interdit de les adorer car dit-il " je suis un Dieu jaloux
ou exclusif selon Maillot ".
Le texte de Ex 20 : 5 utilise le mot qanah
qui signifie entre autre : être jaloux, porter envie, envier,
Gn 30 : 1 Nb 5 : 14, être zélé pour quelqu’un,
exciter la jalousie, la colère Dt 32 : 21.
Le substantif qui vient de la racine verbale est
qine’ah et signifie jalousie, envie, zèle, ardeur, colère.
Adonaï se présente comme un Dieu jaloux
ou zélé. On parle également du Dieu passionné.
Tous ces qualificatifs sont généralement vu comme chargés
de sens négatif selon les humains. Mais pourquoi sont-ils appliqués
à Dieu qui n’est qu’essentiellement positif dans sa personne
et dans son action ?
Il faut d’abord rattacher cette notion de jalousie
divine à l’interdiction d’avoir une image de divinité
devant la face de Dieu. Dieu ne peut tolérer d’avoir de concurrent
au milieu de son peuple. Ensuite, la jalousie de Dieu est liée
à sa sainteté.
La sainteté de Dieu est ce qui fait de lui
l’Etre à part, l’Etre au-dessus de tout. La sainteté de
Dieu et ce qui fait qu’il ne saurait avoir de concurrent. Donc la jalousie
divine est la conséquence de sa sainteté. On ne peut dire
la réciproque car cela signifierait que " c’est
parce que Dieu est jaloux qu’il est saint ". Dieu n’est
pas saint parce qu’il est jaloux. Si tel est le cas, sa jalousie serait
vu sous l’angle négatif.
Ainsi la jalousie de Dieu pour son peuple crée
des droits et des obligations pour ce dernier.
1)Tout d’abord, elle fait d’Israël un peuple saint
comme l’est son Dieu. Ainsi à divinité sainte, un peuple
d’adorateurs saints. Israël se trouve relié de façon
spéciale à son Dieu plus qu’aucun autre peuple. Ceci est
concrétisé par l’élection et l’alliance qui a suivi.
A cause des éléments qui symbolisent la relation par excellence,
Israël peuple saint est toujours gracié par son Dieu après
une faute suivie de répentance. La jalousie de Dieu est donc
pleine d’amour. Elle ne tue pas à la permanent de Dieu d’être
en relation avec son peuple car il lui appartient en propre. Parce que
Dieu est jaloux pour son peuple, il ne peut le laisser dans des situations
difficiles telles que les autres peuples puissent se moquer de lui disant
" ou est leur Dieu.
OHLER dit à cet effet que : " De
la jalousie elle-même découle la compassion la plus vive ".
Ainsi les droits du peuple de Dieu sont la protection
de la part de son Dieu et de son salut de toutes les situation difficiles.
2) La jalousie divine crée des obligations
pour Israël. Ce peuple doit reconnaître qu’il a un Dieu exclusif.
Il ne peut tolérer que son peuple partage
son sentiment religieux avec autre divinité. Dieu ne peut accepter
que son peuple soit tenté d’adorer autre Dieu.
C’est pourquoi on peut dire que " Cette
jalousie consiste en ce qu’Adonaï veut être le seul et unique
pour Israël et qu’il n’est pas disposé à partager
ce qu’il revendique de respect et d’amour avec une autre puissance divine
quelconque ".
Quel que soit ce qu’Israël apprend de positif
sur les autres dieux, il ne doit être tenté de s’approcher
d’eux. Ainsi, toute violation de ce principe est punie. La jalousie
divine anéantit tout ce qui ose se mettre en opposition avec
sainte volonté de Dieu ; elle se déploie spécialement
contre d’idolâtrie qui suppose qu’Adonaï n’est pas le seul
Dieu Dr 32 : 21.
Les prophètes mettront un accent particulier
sur cette jalousie divine qui n’est pas méchante pour la forme
mais qui est la manifestation la plus profonde de sainteté de
Dieu et de son amour pour son peuple. Cette jalousie n’est pas comme
celle des divinités des autres peuples de la région car
la jalousie de leur divinité se manifeste brutalement et elle
est sans pitié pour les adeptes.
Le Dieu d’Israël qui n’a rien à disputer
avec quelque créature que ce soit se réserve le droit
exclusif d’être le seul adoré par le peuple qu’il s’est
choisi. La jalousie divine est donc d’abord un fait religieux. Mais
le spirituel es lié au vécu quotidien ce qui fait en définitive
que cette jalousie embrase toute la vie du peuple d’Israël.
Sens du 2e commandement :
Le deuxième commandement est intimement
lié au premier. Il interdit de faire des représentations
quelconques pouvant symboliser une divinité qui entrerait en
compétition avec Dieu. Cette interdiction est liée au
fait que Dieu se déclare jaloux et qu’il ne veut pas que le peuple
qu’il aime perde sa liberté en se mettant sous la tutelle d’une
divinité étrangère incapable d’assurer le salut
à l’homme.
Le décalogue scinde cette deuxième
stipulation en deux et devient les troisième et quatrième
commandements. On constate que le décalogue met un accent particulier
sur l’adoration des idoles et en fait un commandement à part.
Pense-t-il que celui qui se fait une image taillée pourrait-il
s’empêcher de leur rendre un culte ?
Comme le montre l’esprit du décalogue, la
mise en image d’une divinité peut entraîner la prosternation
devant celle-ci et son adoration.
Israël ne doit pas représenter YHWH
sous aucune forme semblable à une autre créature.
Question : Comment expliquer
ce commandement à l’homme moderne qui sans se faire des images
n’adore pas Dieu non plus ?