Le GIE WAGNE-internet Présente : DOSSOU SIMON KOSSI
LE DECALOGUE
Une Interpellation pour la vie quotidienne

SOMMAIRE

Avant-propos

Brève histoire du Décalogue

Etude thématique

Le don du Décalogue

Le prologue

Israël, peuple de Dieu

YHWH et les dieux

L'image dans le Décalogue et dans l'AT

La Sainteté et la Jalousie de Dieu

Le nom de Dieu

Le jour du shabbat

Les relations parents-enfants

Le respect de la vie humaine

Le respect du mariage

Le respect du bien d'autrui

Le faux témoignage

La convoitise

 

LE RESPECT DE LA VIE HUMAINE

 

Le 6e commandement qui va dans l'ordre de la création, invite au respect de la vie humaine. L'homme créé par Dieu n'est pas autorisé à mettre un terme à la vie d'une autre personne créée par Dieu.

Après la brève note exégétique, nous verrons comment Yahvey Tsébaoth s'est comporté dans les guerres d'Israël et quelques cas d'assassinats dans l'Ancien Testament.

  1. Note exégétique
  2. Ex 20 : 13 lo'tirtsach ; pareil dans Dt 5 : 17.

    L'Exode et le Deutéronome s'accordent parfaitement ici pour donner la forme la plus brève de cette stipulation. Elle est généralement rendue par "Tu ne tueras pas" ou "Tu ne commettras par de meurtre". Aucune des deux versions de cette stipulation ne donne suffisamment d'explication sur ce qu'elle vise exactement.

    Est-ce un Meurtre prémédité ou un homicide involontaire ? Le texte n'explique rien. La réponse à cette question est d'autant plus compliquée que le mot ratsach est rendu par assassiner, et commettre un meurtre sans dire si c'est avec ou sans intention préalable de le faire.

    Par ailleurs, le mot nakah utilisé dans la tragédie survenue entre Moïse et un égyptien dans Ex 2 : 01 signifie frapper mais aussi tuer dans un sens plutôt inattendu.

    Le substantif rètsach signifie meurtre. Ainsi la racine verbale veut donc parler de tuer de façon préméditée.

    Dieu interdit de tuer mais comment comprendre le sens des guerres que mènent Yahvé Tsebaoth.

  3. Yahvé Tsebaoth et la guerre
  4. Le terme YHWH Tsebaoth traduit souvent par l'Eternel des armées apparaît environ 282 fois dans l'Ancien Testament.

    A son origine, le nom Yahvé Tsebaoth avait un sens guerrier et national. Il servait à exalter YHWH comme le puissant et victorieux défenseur de son peuple. Il est son Dieu tutélaire.

    Le mot tsebaoch vient de tsaba' qui signifie aller à l'armée, faire des exercices.

    L'armée de YHWH est composée d'hommes valides et qui sont régulièrement engagés selon un système que Dieu lui-même peut recommander selon les situations.

    Mais le plus souvent chaque famille ou clan fournit un millier de personnes commandées par un "chef de famille". 1S 17 : 18 ; 18 : 13.

    Mais en plus de l'armée des hommes (soldats), l'Ancien Testament pense aussi à l'armée des cieux qui sont des puissances souvent "invisibles" qui combattent aux côtés des hommes pour amener le peuple à la victoire. Ex 14 : 19-25.

    Dieu est lui-même le chef de son armée même s'il donne le commandement à des généraux comme Abner. Avant chaque bataille, Yahvé est consulté et donne son avis s'il faut engager la bataille ou pas et si oui, il prescrivait les exigences à remplir avant de remporter la victoire.

    Dans les combats, Dieu se fait présent comme chef des armées. Sa présence peut parfois être symbolisée par un élément concret comme la nuée dans Ex 14 ou l'arche de l'alliance plus tard. (1S 4 : 1-4).

    Au vu de tout cela, Dieu qui interdit de tuer, prend lui-même la tête des guerres mais pourquoi ?

    Les guerres de Yahvé sont destinées à permettre à Israël de prendre possession de la terre promise. Chaque fois que la réalisation complète de cette promesse semble comprise, le peuple va à la guerre avec son Dieu pour la conquête totale. C'est ce genre de guerre qui est appelée milhamot Adonaï ou guerres de Yahvé. Les tueries perpétrées au cours de ces guerres ne revêtaient pas le même caractère que l'assassinat prémédité pour défendre un intérêt personnel.

    Les guerres de Yahvé Tsébaoth visent à libérer l'opprimé quelle que soit la forme de son oppression. Yahvé, Tsébaoth n'est pas un Dieu à attitude belliqueuse ; il ne cautionne pas les guerres injustes mais il laisse chacun faire jouer sa responsabilité à tout moment.

  5. Cas d'assassinats dans l'Ancien Testament

L'Ancien Testament a montré des cas d'assassinat :

  • Moïse a tué un égyptien dans Ex 2. Le texte n'a rien dit sur ce qu'en pense Dieu et certains rabbins ont même assimilé cet assassinat à la guerre sainte ordonnée par Yahvé lui-même.
  • David a fait assassiné Urie, dont il convoitait la femme. Dieu a condamné cet acte. 2S 1 : 27.
  • Dieu a également désapprouvé l'assassinat de Naboth par le roi Achab. 1R 21. Dieu n'aime donc pas les assassinats pour motif égoïste.

Mais il a existé en Israël comme dans les peuples de l'ancien Orient des cas d'exécution ou peine capitale. Pour ces cas, la législation prévoit que l'accusé soit en mesure de prendre sa défense. C'est une législation qui vise la protection des faibles contre la violence des plus forts.

  1. Sens du 6e commandement

Le 6e Commandement interdit à l'individu le droit de vie ou de mort sur un autre. L'homme ne doit pas se faire justice soi-même ; il ne doit pas prendre sa propre vengeance à tout prix.

Le Commandement interdit à tous le droit de se considérer comme le maître ou le dieu des autres avec la possibilité de disposer d'eux comme bon leur semble.

Avoir droit de vie ou de mort sur les autres de façon irréfléchie, c'est cesser de considérer le créateur et c'est s'opposer à la création ; c'est manquer de respect pour Yahvé.

Dans les traditions africaines, certains parlent d'une sorcellerie "blanche" qui vise la protection de certains membres de famille ou d'amis. Elle peut au besoin éliminer l'adversaire qui dit-on fait le mal. Mais en réalité, doit-on considérer cela comme légale puisque c'est pour défendre la vie humaine ou doit-on la considérer tout simplement comme une entorse à la loi du Seigneur ?

Ce commandement pose également plusieurs problèmes liés à la protection de la vie humaine. En effet, on peut considérer qu'elle interpelle le genre humain contre les avortements volontaires, les euthanasie et toutes formes "légales" mises au point par les humains pour justifier ou masquer les meurtres qu'ils commettent. La vie humaines dépend exclusivement de Dieu et c'est lui seul qui peut y mettre fin. Arrêtons de nous opposer à l'œuvre créatrice de Dieu.

 

 

Simon K. DOSSOU, est professeur d'Ancien Testament et d'hébreu biblique à la Faculté de Théologie Protestante de Yaoundé. Il est aussi enseignant associé à l'Institut Catholique de Yaoundé et depuis peu à l'Université Adventiste Consendai de Nanga Eboko (Cameroun).

Collection TODAH n° 2

2e Edition, Revue et Corrigée 1999

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