LE
RESPECT DU BIEN D'AUTRUI
Le 8e Commandement s'intéresse
à l'individu et à ses biens. Plusieurs exégètes
étudient ensemble les 8e et 10e commandements
puisque tous deux évoquent le bien d'autrui.
Ici, nous les traitons séparément.
Nous verrons comment le vol était connu en Israël et comment
il était réprimé. Puis nous verrons le sens du
8e commandement.
- Note et exégèse
La stipulation est libellée de la façon
la plus simple possible : lo'tigenob. La version du Deutéronome
est la même.
La stipulation est à la 2e
personne masc. Sing. qal imparfait du verbe ganab qui est généralement
rendu par voler, dérober, enlever.
Ce verbe est parfois rendu pour tromper, commettre
un rapt etc.
Les substantifs dérivés de la racine
verbale sont : ganab : voleur, genébah : objet
volé, chose volée.
Cette stipulation est rendue par Kittel : Ne
dérobe pas ; et par Rabast : Tu ne raviras ni un homme, ni
une femme.
Nous traduirons : Tu ne déroberas pas.
- Le vol dans l'Ancien Testament
L'Ancien Testament connaît plusieurs catégories
de vol. A chaque catégorie correspond un genre de châtiment
ou de réparation exigée par l'Ancien Testament.
- Le vol d'une personne humaine (homme ou femme)
appelé rapt est un genre de vol qui était connu depuis
la haute antiquité dans tous les peuples de l'Ancien Orient.
Le rapt d'une personne est considéré
comme un vol très grave et la loi prévoit que celui qui
dérobe un homme ou une femme soit puni de mort. Ex 21 : 16 ou
Dt 24 : 7.
En effet, dans l'Ancien Orient, on volait les personnes
pour généralement les réduire en esclavage. Or
tout ce qui a trait à l'esclavage est sévèrement
condamné par la Torah surtout à cause de l'esclavage personnel
qu'on vécu les Israélites en Egypte. Parfois le rapt d'une
personne conduisait cette dernière à la situation d'une
bête de toute sorte, le viol, la violence de toute sorte, etc.).
Seul Dieu peut disposer de la vie d'une personne
humaine. Personne d'autre n'y est autorisée.
- Le vol de bœuf ou d'agneau est interdit ; si le cas arrivait, le
voleur est puni de façon graduelle. D'abord il doit restituer
l'objet volé et ensuite il doit donner une compensation parfois
au double de l'objet volé. S'il n'a rien pour restituer l'objet
volé qui ne se retrouve plus entre ses mains, il sera vendu
pour son vol. Ex 22 : 1-3
En dehors des choses prises, il existe autre genre
de vol que l'Ancien Testament reconnaît et condamne.
- La dévaluation d'un objet, en déréglant le
poids ou la mesure exacte. Ainsi l'Israélite doit avoir des
balances justes, des poids justes des mesures (epha) justes. Lv 19
: 35-36 ; Dt 25 : 15-16.
- Les bornes d'un champ ou d'un terrain ne doivent pas être
déplacées illégalement ou frauduleusement. Dt
19 : 14 ; Lv 25 : 23-28.
- Les salaires d'un travailleur ne doivent pas être retenus
illégalement. Ils doivent être payés à
temps sinon c'est un péché qui est puni par l'Eternel.
Lv 19 : 13 ; Dt 24 : 15 ; Jr 22 : 13.
- Le prêt à intérêt ou l'usure ne doit pas
se faire entre deux Israélites. Le prêt se fera sans
intérêt pour l'Israélite et même pour l'étranger
démuni. Lv 25 : 35-38 ; Ex 22 : 25. L'intérêt
peut intervenir lorsqu'il s'agit d'un étranger qui fait le
prêt pour faire le commerce. Lv 23 : 20.
Il existe plusieurs autres domaines où l'on
peut voler d'une manière voilée. (Tricheries, escroquerie,
vol de droit d'auteur etc.…).
Par ailleurs, une promesse faite en signe de gage
doit être honorée. Dieu doit être le premier servi
lorsque la gerbe revient à la maison.
- Sens du 8e Commandement
Quelle que soit la forme que prend le vol, c'est un
viol de l'individu, c'est un manque de respect du bien d'autrui. Le
8e commandement interdit le vol ou le rapt de la personne
humaine quelle que soit sa condition, en le faisant, on porte atteinte
à la souveraineté de Dieu, l'unique créateur de
l'homme qui peut en "disposer" selon sa volonté.
Question : Est-ce vrai qu'on
peut voler un riche impénitent sans se faire aucun souci ?