LE
PROLOGUE
Le décalogue s'ouvre avec l'expression Je
suis JHWH (Adonaï) ton Dieu. C'est une présentation
presque complète de celui qui donne cette loi. C'est Adonaï,
c'est le Dieu d'Israël. Pour ce peuple qui reçoit ce décalogue,
cette auto-présentation de l'auteur des 10 paroles constitue
un axiome. Celui qui refuse que Adonaï est Dieu peut refuser l'ensemble
du décalogue. Mais en entendant que c'est Adonaï qui en
est l'auteur, celui qui voudrait le refuser peut changer d'avis et l'accepter.
Puisque l'existence de Dieu ne se pose plus à Israël, cette
auto-présentation est un rappel du Dieu auquel Israël doit
rendre son culte. Il est Adonaï, le Dieu d'Israël et pas un
autre.
Ce peuple doit le savoir comme un acquis et ne
jamais mettre en question que Adonaï est son seul Dieu.
Selon J.J STAMM "Cette expression trouve son origine
dans la littérature sacerdotale, (Ezéchiel, Esaïe).
Elle est considérée comme l'expression la plus haute de
ce que Adonaï peut dire de lui-même. C'est une affirmation
par laquelle Dieu apaise et encourage Israël".
Pour l'Israélite, c'est presque un credo
que de prononcer ces paroles. Rabast en fait le premier commandement
de son dodécalogue. Comme le font plusieurs Targums anciens.
Ce n'est pas le cas dans la plupart des décalogues reconnus par
tous.
Il est attesté que la formule Moi, je suis
Adonaï se présente comme l'expression qui ouvre les traités
d'alliance dans plusieurs pays de l'ancien Proche-Orient. C'est en effet,
de cette façon-là que le suzerain se présente à
son vassal avant de faire le rappel de ses bienfaits puis enchaîne
avec ses stipulations ou ordonnances que le vassal est tenu de respecter
très scrupuleusement.
Le Décalogue n'est pas un traité
d'alliance mais en a les grands traits. Ainsi, après l'auto-présentation,
Dieu rappelle le fait historique majeur : la libération du peuple
d'Egypte. Israël doit savoir que la loi que Dieu donne est une
loi de liberté ; s'il ne la respecte pas, il perdra sa liberté.
Le prologue donne tout son poids au décalogue,
d'où son importance dans l'ensemble.
Dans ce verset 2, il n'y a pas que l'auto-présentation
de Dieu, mais on y rencontre aussi le rappel de l'histoire : Adonaï
est le Dieu qui a fait sortir Israël d'Egypte, maison de servitude.
Ce rappel historique n'est pas un simple discours, mais c'est même
la clé de l'audience qu'aura ce décalogue. Ainsi donc,
la loi que donne Dieu ici est liée à l'événement
du salut. D'homme libres qu'ils s'étaient rendus en Egypte quatre
siècles plus tôt, ils sont devenus des esclaves libérés.
C'est en tant qu'être fraîchement libéré de
la servitude qu'ils reçoivent ces commandements. Le Dieu qui
leur donne les lois, c'est celui de leur père, qui devient ici
leur libérateur, leur défenseur. Le respect de ces lois
constitue pour Israël un signe de gratitude envers son Sauveur.
Dieu n'a toutefois pas libéré son
peuple pour le remettre sous un autre joug plus dur pour lui. La loi
qu'il donne n'est pas au-dessus de ses forces. C'est également
une loi de liberté. Le rappel de l'histoire donne un grand poids
à ces lois.
Pour ne plus faire l'expérience malheureuse
d'un autre esclavage, le peuple doit se rappeler que l'obéissance
à la loi est la garantie de son salut.