Le GIE WAGNE-internet Présente : DOSSOU SIMON KOSSI
LE DECALOGUE
Une Interpellation pour la vie quotidienne

SOMMAIRE

Avant-propos

Brève histoire du Décalogue

Etude thématique

Le don du Décalogue

Le prologue

Israël, peuple de Dieu

YHWH et les dieux

L'image dans le Décalogue et dans l'AT

La Sainteté et la Jalousie de Dieu

Le nom de Dieu

Le jour du shabbat

Les relations parents-enfants

Le respect de la vie humaine

Le respect du mariage

Le respect du bien d'autrui

Le faux témoignage

La convoitise

 

LES RELATIONS PARENTS-ENFANTS

 

Le 5e commandement est la 1ère des stipulations qui concerne réellement l'homme dans sa totalité. Les 5 suivants sont également tournés vers l'homme comme les 4 premiers étaient tournés vers Dieu.

Ce 5e commandement qui se rapporte aux relations parents-enfants nous amène à étudier quelques théories familiales dans l'Ancien Testament.

  1. Note exégétique
  2. kabed Piel infinitif ou impératif masculin singulier de kabad qui signifie être lourd, pesant. Il signifie aussi, rendre lourd, pesant. Il est aussi rendu par honorer, glorifier, rendre gloire à.

    L'adjectif qui vient du verbe kabad est kabed : lourd.

    Le substantifs est kabod et signifie poids.

    lema'an : afin que, en faveur de, à cause, parce que.

    me'an : intention, but.

    Ya'rikoun : forme défectible de ya'rikou du verbe 'aran. Dans le texte c'est un hiphil imparfait, 3e personne masculin pluriel avec le noun paragorique II signifie rendre long, prolonger, allonger, persister, retarder, être long, devenir long, se prolonger.

    noten : qal participe. actif masculin singulier de natan qui signifie : donner, offrir.

    "Honore ton père et ta mère afin que tes jours se prolongent sur la terre que te donne ton Dieu".

  3. Exégèse
  4. Honorer le père et la mère vise avant tout le genre de relation qui doit exister entre les enfants et leurs parents.

    Les parents sont les géniteurs des enfants et sont par conséquent les "représentants" de Dieu vis-à-vis de leurs enfants ou descendance. Les parents qui procréent parce qu'ils sont bénis par Dieu rendent gloire à Dieu, honorent Dieu car ils obéissent à l'ordre qu'il leur a donné de se multiplier. Celui qui honore Dieu doit être également honoré. Ainsi, les parents qui honorent Dieu ont droit aux honneurs de leurs enfants.

    Le contenu de cet honneur se retrouve dans le sens du kabed, rendre lourd. Il s'agit d'agir en sorte que les actes de l'enfant soient dignes de leurs parents : bon comportement dans la société, obéissance aux parents toutes les fois que cela est conforme à la volonté de Dieu.

    La conséquence de ceci pour l'enfant est le prolongement de ses jours dans le monde.

    Mais tout ceci doit se situer dans le cadre de la famille globale en Israël.

  5. La famille en Israël

Il existe différents degrés de lien et de système de lien entre les membres d'une même famille en Israël.

  1. Le fratriarcat
  2. En Israël, l'autorité sur les membres d'une famille s'exerce par le père. Toutefois, elle peut parfois s'exercer par le frère aîné de la famille. Dans ce cas, l'aîné gère l'ensemble des biens du patrimoine familial. Il a le droit d'aînesse et jouit d'une autorité certaine sur ses jeunes frères. On lui doit obéissance et respect. Il a des devoirs vis-à-vis de ses jeunes frères et sœurs . Gn 34.

    Ainsi, dans le système fratriarcat, la fraternité dépasse un simple lien entre frères d'une même famille. C'est un système hiérarchique qui reconnaît à l'aîné des prérogatives certaines.

  3. Le matriarcat
  4. Ce type de parenté ne signifie pas que la mère exerce nécessairement une autorité sur sa progéniture. Cela signifie surtout que l'enfant appartient ou est le plus lié au groupe social de sa mère ou à la famille de celle-ci. L'enfant hériter alors du côté de sa mère ou aura des droits très importants du côté de sa mère.

    Le matriarcat n'est pas évoqué très largement dans l'Ancien Testament, mais il existe quelques textes qui attestent sa pratique. Gn 27 : 43, Gn 29.

  5. Le patriarcat
  6. Le patriarcat est le type de système familial le mieux connu dans l'ancien Israël. De très anciens documents utilisent le terme de "maison paternelle".

    Le père est généralement considéré comme le début de l'arbre généalogique et il est appelé le ba'al (c'est-à-dire : maître) de sa femme. Il est aussi le Adon : le seigneur de la femme, et de sa famille ou de sa maison.

    Sont membres d'une famille, tous ceux qui sont unis entre eux par le lien de sang et qui le plus souvent cohabitent dans une même aire géographique. Dans ce cas, la famille peut concerner des gens de plusieurs générations.

    La famille peut parfois comprendre des gens qui se lient au chef de famille pour plusieurs raisons : serviteurs, résidants occasionnels, étrangers etc.

    La famille patriarcat a connu un très grand développement par rapport aux pères qui sont : Abraham, Isaac, Jacob. Ainsi, on parlait de "maison de Jacob, ou maison d'Israël". C'est une maison qui comprend plusieurs générations.

    Parfois le terme "famille" désigne tout un clan voire tout un village.

     

     

     

  7. Bref aperçu de la vie familiale

La vie familiale se caractérise par la vie communautaire, la solidarité. Ainsi, tous le membres d'une famille large se doivent assistance mutuelle, aide et protection.

En Israël, la solidarité prend la forme d'une institution nationale appelée gue'oulah : droit de rachat. Le racheteur s'appelle go'èl (Livre de Ruth).

La gue'oulah est l'institution qui protège l'homme dans toutes les situations difficiles. Cette institution permet la libération des prisonniers ou des esclaves par un proche parent. Lv 25 : 47-49.

Dieu est le Go'èl de son peuple tant sur le plan physique que spirituel. C'est lui qui prend la défense des opprimés et sauve son peuple. Es 41 : 14, 43 : 14, Jr 50 : 34.

Lorsque plus tard la famille va éclater en cercles plus petits, la responsabilité individuelle sera mise en exergue. Dt 24 : 16, 2R 146. L'assistance réciproque sera négligé (Es. 117).

Malgré tout, la solidarité ne sera jamais reniée. On pourrait parler aussi du mariage, des devoirs et des droits des parents et des enfants dans l'Ancien Testament.

  1. Le sens du 5e commandement

Dans la société Israélite où la femme n'a pas une grande place, le 5e commandement donne une précision qui mérite d'être relevée. Honore ton père et ta mère. L'enfant doit rendre lourd, honorer et son père et sa mère. Il s'agit bien des deux et non de l'un ou de l'autre. L'enfant doit aimer de façon égale son père et sa mère et pourvoir à leurs besoins surtout dans leurs vieux jours.

J.J. Stamm, cite G. Beer qui dit : "L'israélite ne doit pas rudoyer les vieux parents, ceux dont la capacité de travail a baisé et dont la vie est moins estimée ; il doit leur accorder leur pain et ne pas les acculer à l'émigration ou au suicide, encore moins les tuer lui-même"

Le livre des Proverbes rappelle en plusieurs endroits les respects que les enfants doivent à leurs parents sous peine d'être victimes de sanctions très gaves de la part du créateur. Pr 19 : 26, 20 : 20.

Le commandement sur l'honneur à rendre aux parents est suivi du rappel du don de la terre promise ; il est également suivi de la promesse d'une longue vie.

En effet, il est généralement admis que l'enfant qui met en pratique les conseils de ses parents a des chances de commettre très peu d'erreurs dans sa vie, ce qui augmente ses possibilités physiques et spirituelles en vue d'un épanouissement total.

L'histoire biblique a montré que, toutes les fois que les Israélites ont obéi à la voix du Dieu de leur pays, (Voir déluge, Sodome et Gomorrhe).

Pour les temps modernes, surtout en Europe, Alphonse Maïllot écrit ce qui suit : "Il faut se demander si l'un des témoignages les plus essentiels mais aussi les plus simples des chrétiens n'est pas aujourd'hui de savoir honorer les anciens, de savoir leur montrer qu'ils sont encore utiles, ne serait-ce que par l'expérience qu'ils ont pu accumuler ou la sagesse qu'il peuvent nous communiquer".

Mais attention, la stipulation ne dit pas : "soumets-toi nécessairement ou sois bête et obéissant".

L'enfant doit savoir honorer ses parents quand leur point de vue est conforme à la volonté de Dieu.

 

 

Simon K. DOSSOU, est professeur d'Ancien Testament et d'hébreu biblique à la Faculté de Théologie Protestante de Yaoundé. Il est aussi enseignant associé à l'Institut Catholique de Yaoundé et depuis peu à l'Université Adventiste Consendai de Nanga Eboko (Cameroun).

Collection TODAH n° 2

2e Edition, Revue et Corrigée 1999

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