LES
RELATIONS PARENTS-ENFANTS
Le 5e commandement est la 1ère
des stipulations qui concerne réellement l'homme dans sa totalité.
Les 5 suivants sont également tournés vers l'homme comme
les 4 premiers étaient tournés vers Dieu.
Ce 5e commandement qui se rapporte aux
relations parents-enfants nous amène à étudier
quelques théories familiales dans l'Ancien Testament.
- Note exégétique
kabed Piel infinitif ou impératif masculin
singulier de kabad qui signifie être lourd, pesant. Il signifie
aussi, rendre lourd, pesant. Il est aussi rendu par honorer, glorifier,
rendre gloire à.
L'adjectif qui vient du verbe kabad est kabed : lourd.
Le substantifs est kabod et signifie poids.
lema'an : afin que, en faveur de, à cause,
parce que.
me'an : intention, but.
Ya'rikoun : forme défectible de
ya'rikou du verbe 'aran. Dans le texte c'est un hiphil
imparfait, 3e personne masculin pluriel avec le noun
paragorique II signifie rendre long, prolonger, allonger, persister,
retarder, être long, devenir long, se prolonger.
noten : qal participe. actif masculin
singulier de natan qui signifie : donner, offrir.
"Honore ton père et ta mère
afin que tes jours se prolongent sur la terre que te donne ton Dieu".
- Exégèse
Honorer le père et la mère vise avant
tout le genre de relation qui doit exister entre les enfants et leurs
parents.
Les parents sont les géniteurs des enfants
et sont par conséquent les "représentants" de Dieu vis-à-vis
de leurs enfants ou descendance. Les parents qui procréent
parce qu'ils sont bénis par Dieu rendent gloire à Dieu,
honorent Dieu car ils obéissent à l'ordre qu'il leur
a donné de se multiplier. Celui qui honore Dieu doit être
également honoré. Ainsi, les parents qui honorent Dieu
ont droit aux honneurs de leurs enfants.
Le contenu de cet honneur se retrouve dans le
sens du kabed, rendre lourd. Il s'agit d'agir en sorte que les actes
de l'enfant soient dignes de leurs parents : bon comportement dans
la société, obéissance aux parents toutes les
fois que cela est conforme à la volonté de Dieu.
La conséquence de ceci pour l'enfant est
le prolongement de ses jours dans le monde.
Mais tout ceci doit se situer dans le cadre de
la famille globale en Israël.
- La famille en Israël
Il existe différents degrés de lien et
de système de lien entre les membres d'une même famille
en Israël.
- Le fratriarcat
En Israël, l'autorité sur les membres
d'une famille s'exerce par le père. Toutefois, elle peut parfois
s'exercer par le frère aîné de la famille. Dans
ce cas, l'aîné gère l'ensemble des biens du patrimoine
familial. Il a le droit d'aînesse et jouit d'une autorité
certaine sur ses jeunes frères. On lui doit obéissance
et respect. Il a des devoirs vis-à-vis de ses jeunes frères
et sœurs . Gn 34.
Ainsi, dans le système fratriarcat, la
fraternité dépasse un simple lien entre frères
d'une même famille. C'est un système hiérarchique
qui reconnaît à l'aîné des prérogatives
certaines.
- Le matriarcat
Ce type de parenté ne signifie pas que la
mère exerce nécessairement une autorité sur sa
progéniture. Cela signifie surtout que l'enfant appartient
ou est le plus lié au groupe social de sa mère ou à
la famille de celle-ci. L'enfant hériter alors du côté
de sa mère ou aura des droits très importants du côté
de sa mère.
Le matriarcat n'est pas évoqué
très largement dans l'Ancien Testament, mais il existe quelques
textes qui attestent sa pratique. Gn 27 : 43, Gn 29.
- Le patriarcat
Le patriarcat est le type de système familial
le mieux connu dans l'ancien Israël. De très anciens documents
utilisent le terme de "maison paternelle".
Le père est généralement
considéré comme le début de l'arbre généalogique
et il est appelé le ba'al (c'est-à-dire : maître)
de sa femme. Il est aussi le Adon : le seigneur de la femme,
et de sa famille ou de sa maison.
Sont membres d'une famille, tous ceux qui sont
unis entre eux par le lien de sang et qui le plus souvent cohabitent
dans une même aire géographique. Dans ce cas, la famille
peut concerner des gens de plusieurs générations.
La famille peut parfois comprendre des gens qui
se lient au chef de famille pour plusieurs raisons : serviteurs, résidants
occasionnels, étrangers etc.
La famille patriarcat a connu un très
grand développement par rapport aux pères qui sont :
Abraham, Isaac, Jacob. Ainsi, on parlait de "maison de Jacob, ou
maison d'Israël". C'est une maison qui comprend plusieurs
générations.
Parfois le terme "famille" désigne tout
un clan voire tout un village.
- Bref aperçu de la vie familiale
La vie familiale se caractérise par la vie communautaire,
la solidarité. Ainsi, tous le membres d'une famille large se
doivent assistance mutuelle, aide et protection.
En Israël, la solidarité prend la forme
d'une institution nationale appelée gue'oulah : droit
de rachat. Le racheteur s'appelle go'èl (Livre de Ruth).
La gue'oulah est l'institution qui protège
l'homme dans toutes les situations difficiles. Cette institution permet
la libération des prisonniers ou des esclaves par un proche parent.
Lv 25 : 47-49.
Dieu est le Go'èl de son peuple tant sur
le plan physique que spirituel. C'est lui qui prend la défense
des opprimés et sauve son peuple. Es 41 : 14, 43 : 14, Jr 50
: 34.
Lorsque plus tard la famille va éclater
en cercles plus petits, la responsabilité individuelle sera mise
en exergue. Dt 24 : 16, 2R 146. L'assistance réciproque sera
négligé (Es. 117).
Malgré tout, la solidarité ne sera
jamais reniée. On pourrait parler aussi du mariage, des devoirs
et des droits des parents et des enfants dans l'Ancien Testament.
- Le sens du 5e commandement
Dans la société Israélite où
la femme n'a pas une grande place, le 5e commandement donne
une précision qui mérite d'être relevée.
Honore ton père et ta mère. L'enfant doit rendre lourd,
honorer et son père et sa mère. Il s'agit bien des deux
et non de l'un ou de l'autre. L'enfant doit aimer de façon égale
son père et sa mère et pourvoir à leurs besoins
surtout dans leurs vieux jours.
J.J. Stamm, cite G. Beer qui dit : "L'israélite
ne doit pas rudoyer les vieux parents, ceux dont la capacité
de travail a baisé et dont la vie est moins estimée ;
il doit leur accorder leur pain et ne pas les acculer à l'émigration
ou au suicide, encore moins les tuer lui-même"
Le livre des Proverbes rappelle en plusieurs endroits
les respects que les enfants doivent à leurs parents sous peine
d'être victimes de sanctions très gaves de la part du créateur.
Pr 19 : 26, 20 : 20.
Le commandement sur l'honneur à rendre aux
parents est suivi du rappel du don de la terre promise ; il est également
suivi de la promesse d'une longue vie.
En effet, il est généralement admis
que l'enfant qui met en pratique les conseils de ses parents a des chances
de commettre très peu d'erreurs dans sa vie, ce qui augmente
ses possibilités physiques et spirituelles en vue d'un épanouissement
total.
L'histoire biblique a montré que, toutes
les fois que les Israélites ont obéi à la voix
du Dieu de leur pays, (Voir déluge, Sodome et Gomorrhe).
Pour les temps modernes, surtout en Europe, Alphonse
Maïllot écrit ce qui suit : "Il faut se demander si l'un
des témoignages les plus essentiels mais aussi les plus simples
des chrétiens n'est pas aujourd'hui de savoir honorer les anciens,
de savoir leur montrer qu'ils sont encore utiles, ne serait-ce que par
l'expérience qu'ils ont pu accumuler ou la sagesse qu'il peuvent
nous communiquer".
Mais attention, la stipulation ne dit pas : "soumets-toi
nécessairement ou sois bête et obéissant".
L'enfant doit savoir honorer ses parents quand
leur point de vue est conforme à la volonté de Dieu.