Le GIE WAGNE-internet Présente : DOSSOU SIMON KOSSI
LE DECALOGUE
Une Interpellation pour la vie quotidienne

SOMMAIRE

Avant-propos

Brève histoire du Décalogue

Etude thématique

Le don du Décalogue

Le prologue

Israël, peuple de Dieu

YHWH et les dieux

L'image dans le Décalogue et dans l'AT

La Sainteté et la Jalousie de Dieu

Le nom de Dieu

Le jour du shabbat

Les relations parents-enfants

Le respect de la vie humaine

Le respect du mariage

Le respect du bien d'autrui

Le faux témoignage

La convoitise

 

LE RESPECT DU MARIAGE

 

Le 7e Commandement concerne plus spécialement le noyau de la famille ; l'homme et la femme. Si au départ ce Commandement ne donne l'impression de ne concerner que deux individus qui consomment leur jouissance peut-être illégalement, les conséquences peuvent toucher un plus grand monde de provoquer un désordre dans la famille et dans la société.

C'est pourquoi un des aspects de ce commandement est qu'il vise entre autre le respect du mariage.

  1. Note exégétique

La stipulation est libellée comme suit : lo'tine'af.

Le verbe tine'af, qal imparfait 2e personne masculin singulier de na'af qui signifie commettre adultère ; il a donné le nom ni'ouf qui signifie adultère.

Le texte ne donne pas beaucoup d'indications sur ce commandement ; ainsi, chaque exégète l'a interprété à sa façon.

Rudolf Kittel le traduit : "Ne commets pas adultère". Tandis que K. Rabast le rend par "tu ne commettras pas adultère avec la femme de ton prochain". Cette deuxième traduction fait déjà une option claire. A. Maillot pour sa part le traduit par : Tu ne briseras par le mariage.

Nous traduisons la stipulation ainsi : "Tu ne commettras par d'adultère".

2- La vie dans le mariage

Dans l'Ancien Testament, la femme est généralement considérée comme une personne de second plan. Elle est parfois comptée parmi les biens : meubles et immeubles. A ce titre, l'homme ne se sentait pas obligé de lui donner toutes les considérations qu'elle mérite. A l'origine, comme le pense Maillot, ce commandement ne cherche pas à protéger la femme, mais il cherche à protéger les maris. En effet, un mari pouvait faire une entorse au mariage, en s'éprenant d'une autre femme à la seule condition qu'elle ne soit ni fiancée, ni mariée. Petit à petit, certaines lois ont été formulées pour garantir à la femme un certain respect de la part de son mari.

L'interdiction d'adultère vise aussi à protéger le couple contre les interventions d'autres personnes dans son existence à l'ingérence.

En effet, la femme surprise en flagrant délit d'adultère pourrait être renvoyée immédiatement, le mariage est ainsi brisé. C'est pourquoi la stipulation interdit à l'homme de briser son propre mariage en y introduisant n'emporte quelle femme ; puis il lui interdit d'aller briser le mariage d'autrui en allant commettre l'adultère avec la femme d'autrui.

Dans l'Ancien Israël, il n'y avait pas de statut matrimonial imposé à tous. La monogamie était connue et vénérée. La polygamie de prestige ou plus exactement la polygynie était un signe de bien-être social. Elle était surtout pratiquée par les rois et les chefs. Elle intervenait aussi par suite d'une longue attente d'un fils. Il a existé aussi la bigynie de nécessité pratiquée quelque fois en cas de stérilité de l'épouse. Mais il y a eu le cas du mariage de Jacob avec les deux filles de Laban.

En vertu de tout cela, un homme marié qui allait prendre une femme non mariée n'était pas considéré comme adultère au sens stricte du terme. Mais un homme marié qui allait vers une femme mariée commettait l'adultère le plus décrié dans la bible est celui de David avec la femme d'Urie d'autant plus que cela est venu d'une convoitise qui a entraîné la mort de ce dernier par ailleurs un étranger dévoué au service militaire d'Israël.

En vertu de tout ce qui précède, l'adultère peut être considéré comme la violation de la fidélité conjugale. Généralement, l'homme qui commet l'adultère s'expose moins à la raillerie que la femme qui le fait. Dans Gn 38, Juda est allé vers une femme dite prostituée ; il n'a pas été condamné pour cela.

La femme mariée et la jeune fille fiancée sont astreintes à une fidélité absolue. Gn 39 : 10.

L'homme ne doit pas aller vers la femme étrangère c'est-à-dire la femme d'autrui de peur de créer des préjudices au foyer du prochain. Quand la femme est répudiée pour motif d'adultère, les enfants et probablement d'autres peuvent en souffrir. La femme mariée qui commet adultère avec un homme quelconque est sévèrement punie (lapidée).

Sur le plan spirituel, l'adultère se réfère à la compromission avec les divinités étrangères, ce que Dieu interdit formellement.

3- Sens du 7e commandement

Le 7e commandement interdit un comportement moral qui banalise la sexualité et qui ne reconnaît pas à d'autres la possibilité d'aimer sincèrement leur partenaire.

Question : Pourquoi l'Eglise a-t-elle fait de ce commandement la Loi ? Peut-elle faire autrement ?

Dans les traditions où l'adultère n'était pas connu comme une faute grave, l'Eglise peut-elle réussir à imposer un point de vue acceptable les gens ?

 

 

Simon K. DOSSOU, est professeur d'Ancien Testament et d'hébreu biblique à la Faculté de Théologie Protestante de Yaoundé. Il est aussi enseignant associé à l'Institut Catholique de Yaoundé et depuis peu à l'Université Adventiste Consendai de Nanga Eboko (Cameroun).

Collection TODAH n° 2

2e Edition, Revue et Corrigée 1999

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