LE
RESPECT DU MARIAGE
Le 7e Commandement concerne plus spécialement
le noyau de la famille ; l'homme et la femme. Si au départ ce
Commandement ne donne l'impression de ne concerner que deux individus
qui consomment leur jouissance peut-être illégalement,
les conséquences peuvent toucher un plus grand monde de provoquer
un désordre dans la famille et dans la société.
C'est pourquoi un des aspects de ce commandement
est qu'il vise entre autre le respect du mariage.
- Note exégétique
La stipulation est libellée comme suit :
lo'tine'af.
Le verbe tine'af, qal imparfait 2e
personne masculin singulier de na'af qui signifie commettre adultère
; il a donné le nom ni'ouf qui signifie adultère.
Le texte ne donne pas beaucoup d'indications sur
ce commandement ; ainsi, chaque exégète l'a interprété
à sa façon.
Rudolf Kittel le traduit : "Ne commets pas adultère".
Tandis que K. Rabast le rend par "tu ne commettras pas adultère
avec la femme de ton prochain". Cette deuxième traduction
fait déjà une option claire. A. Maillot pour sa part le
traduit par : Tu ne briseras par le mariage.
Nous traduisons la stipulation ainsi : "Tu ne
commettras par d'adultère".
2- La vie dans le mariage
Dans l'Ancien Testament, la femme est généralement
considérée comme une personne de second plan. Elle est
parfois comptée parmi les biens : meubles et immeubles. A ce
titre, l'homme ne se sentait pas obligé de lui donner toutes
les considérations qu'elle mérite. A l'origine, comme
le pense Maillot, ce commandement ne cherche pas à protéger
la femme, mais il cherche à protéger les maris. En effet,
un mari pouvait faire une entorse au mariage, en s'éprenant d'une
autre femme à la seule condition qu'elle ne soit ni fiancée,
ni mariée. Petit à petit, certaines lois ont été
formulées pour garantir à la femme un certain respect
de la part de son mari.
L'interdiction d'adultère vise aussi à
protéger le couple contre les interventions d'autres personnes
dans son existence à l'ingérence.
En effet, la femme surprise en flagrant délit
d'adultère pourrait être renvoyée immédiatement,
le mariage est ainsi brisé. C'est pourquoi la stipulation interdit
à l'homme de briser son propre mariage en y introduisant n'emporte
quelle femme ; puis il lui interdit d'aller briser le mariage d'autrui
en allant commettre l'adultère avec la femme d'autrui.
Dans l'Ancien Israël, il n'y avait pas de
statut matrimonial imposé à tous. La monogamie était
connue et vénérée. La polygamie de prestige ou
plus exactement la polygynie était un signe de bien-être
social. Elle était surtout pratiquée par les rois et les
chefs. Elle intervenait aussi par suite d'une longue attente d'un fils.
Il a existé aussi la bigynie de nécessité pratiquée
quelque fois en cas de stérilité de l'épouse. Mais
il y a eu le cas du mariage de Jacob avec les deux filles de Laban.
En vertu de tout cela, un homme marié qui
allait prendre une femme non mariée n'était pas considéré
comme adultère au sens stricte du terme. Mais un homme marié
qui allait vers une femme mariée commettait l'adultère
le plus décrié dans la bible est celui de David avec la
femme d'Urie d'autant plus que cela est venu d'une convoitise qui a
entraîné la mort de ce dernier par ailleurs un étranger
dévoué au service militaire d'Israël.
En vertu de tout ce qui précède,
l'adultère peut être considéré comme la violation
de la fidélité conjugale. Généralement,
l'homme qui commet l'adultère s'expose moins à la raillerie
que la femme qui le fait. Dans Gn 38, Juda est allé vers une
femme dite prostituée ; il n'a pas été condamné
pour cela.
La femme mariée et la jeune fille fiancée
sont astreintes à une fidélité absolue. Gn 39 :
10.
L'homme ne doit pas aller vers la femme étrangère
c'est-à-dire la femme d'autrui de peur de créer des préjudices
au foyer du prochain. Quand la femme est répudiée pour
motif d'adultère, les enfants et probablement d'autres peuvent
en souffrir. La femme mariée qui commet adultère avec
un homme quelconque est sévèrement punie (lapidée).
Sur le plan spirituel, l'adultère se réfère
à la compromission avec les divinités étrangères,
ce que Dieu interdit formellement.
3- Sens du 7e commandement
Le 7e commandement interdit un comportement
moral qui banalise la sexualité et qui ne reconnaît pas
à d'autres la possibilité d'aimer sincèrement leur
partenaire.
Question : Pourquoi l'Eglise
a-t-elle fait de ce commandement la Loi ? Peut-elle faire autrement
?
Dans les traditions où l'adultère
n'était pas connu comme une faute grave, l'Eglise peut-elle réussir
à imposer un point de vue acceptable les gens ?