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Passerelle : Pour une société civile plus entreprenante

Dans un document publié, en avril 2000, le réseau européen sur la dette et le développement EURODAD fait remarquer «qu’il n’y a rien dans les DSRP [en pays du Sud] que n’aurait pu écrire un fonctionnaire du FMI ou un autre de la Banque Mondiale». Aussi banale que cela puisse paraître, cette remarque tire son fondement d’un constat regrettable : rares sont, dans les pays pauvres, les organisations à la base qui connaissent ce qu’est réellement un «Document des Stratégie de Réduction de la Pauvreté» ou encore ses incidences sur le développement durable...

Au Cameroun, l’élaboration en août 2000, de la version intérimaire du DSRP s’est faite en toute hâte, avec l’aide et la pression des institutions de Breton Wood. Ici, on parle d’une «consultation simple» qui aurait permis à la société civile de dire son mot. Mais au regard des critiques qui fusent çà et là, notamment à propos de l’initiative gouvernementale de choisir les ONG devant faire partie du CCS/PPTE, il est évident que l’implication de la société civile dans ces processus de développement est, sinon inexistante, du moins insuffisante. C’est vrai qu’à la décharge de l’Etat, on peut évoquer un déficit de structuration et d’organisation qui ne facilite pas toujours les mécanismes de représentativité de la société civile. Mais il y a, au départ, comme une sorte de lacune dans la volonté commune d’impliquer ces nouveaux acteurs dans les dynamiques de développement.

La naissance de «Passerelle» participe de ce constat. Ce nouveau support de communication voudrait susciter, par l’information et le débat, la mise en réseau et l’échange d’expériences entre les différents acteurs de la société civile. Il est l’émanation du «Projet lobbying» ; un programme qui, promu par le (Cercle International pour la Promotion de la Création) CIPCRE et le (Conseil Central Missionnaire des Religieux) CMBR, se veut un mécanisme permanent et connu de tous les partenaires au développement. Pour plus de visibilité et de crédibilité des organisations de la société civile. Pour qu’on puisse passer de la parole aux actes, de manière à faire de la société civile un véritable acteur susceptible de pallier les insuffisances de l’Etat qui ne peut plus tout faire.

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