Nathanaël NJOG
Médias
Trois journalistes suisses à Ouest Echos
Trois journalistes du quotidien " le Temps
" édité à Genève viennent de passer
un séjour de 48 heures dans la province de l'Ouest. Grâce
au concours du journal Ouest Echos qu'ils avaient sollicité
depuis deux mois via le courrier électronique sur Internet.
Ils sont repartis bien imprégnés des murs de
la région
Arrivés en terre camerounaise depuis le 3 Novembre dernier
pour une série de reportage sur l'Afrique Centrale, Ignace
Jeanneret, Rédacteur en chef- Adjoint au quotidien Genevois
" Le Temps " et ses collaborateurs, Daniel Audetat Chef
de rubrique des régions; et Agnès Wuthrich ont démarré
leur mission sur la balnéaire de Kribi avant de mettre le
cap sur la province de l'Ouest le 5 Novembre dernier. Leur premier
point de chute étaient la rédaction du journal Ouest
Echos et par la suite trouver un hôtel pour leur hébergement.
Pour ce premier contact les deux partie ont fait une mise au point.
Nos aimables visiteurs en ont profité pour nous donner le
but de leur mission: " Notre journal a décidé
pour marquer l'année tempo 2000 du nouveau millénaire
d'envoyer dans le monde ses reporters pour une série des
reportages. Et depuis le début de cette année des
équipes de trois journalistes sillonnent tous les continents
selon un tracé bien défini au préalable. Nous
sommes l'avant-dernière, et nous avons pour mission de parcourir
par route en trois semaines près de 450 Km en partant du
Cameroun , Tchad, jusqu'à la ville d'Agadès au Niger
où nous serons relayés par le dernier groupe qui aura
à faire le tracé Maghrébin qu'il faudra clore
au plus tard le 31 décembre 2000 avec leur arrivée
à Genève. " A partir de là, Ouest Echos
qui avait été contacté pour leur servir de
liaison pouvait alors leur donner une vue panoramique de l'actualité
de notre province avec ses spécificités propres. De
cet entrevue ils arrêteront un plan de travail : Visite de
deux chefferies Bamilélé, du sultanat Bamoun et des
sites touristiques.
La journée de lundi 6 a démarré par la chefferie
Bafoussam où le maître de céans, trouvé
sur le point de départ pour la célébration
du 18ème anniversaire de l'accession du président
Paul Biya à la magistrature suprême, renverra la rencontre
pour l'après-midi. La délégation prendra alors
la direction de la chefferie Bandjoun. Là aussi, grosse déception,
il n'y aura pas d'entretien avec le " roi " de Bandjoun
envolé 24 heures plus tôt pour Paris où il doit
suivre des soins médicaux. Ici, on se rattrapera par une
visite guidée de la Chefferie entrecoupée des prises
de vue. Ensuite, notre délégation mettra le cap sur
Baham pour une visite de la grotte sacrée dite " Fovu
". Malheureusement aussi, cette visite ne sera pas possible
car à la suite d'un détour à la Chefferie,
gardien séculaire de ces lieux, il nous sera expliqué
que ce jour était un jour interdit à la chefferie,
si on tenait à la visite, il faudrait revenir un peu plus
tard. Une halte à la mairie de Baham ne sera pas non plus
fructueuse, le maître des lieux, Joseph Pone et ses adjoints,
tous du SDF ayant trouvé mieux à faire ailleurs en
ce jour confisqué par le RDPC. Alors qu'on écumait
presque de rage d'avoir connu une succession d'échecs, le
plus important se produira sur le chemin de retour. Plus précisément
devant l'esplanade de la préfecture des Hauts Plateaux où
le " ministre d'Etat des Baham " le Pr. Augustin Kontchou
Kouomegni et les siens fêtaient les 18 ans de l'ascension
au pouvoir du président camerounais. Puisque les très
zélés responsables des forces de l'ordre donneront
à nos amis suisses le premier sujet de leur reportage : Comment
les forces de l'ordre reçoivent les touristes au Cameroun
! Sans qu'on sache trop pourquoi, le commissaire spécial
de Baham et le commandant de brigade de gendarmerie nous tomberont
dessus à bras raccourcis pour nous rappeler que nous étions
persona non grata à une manifestion publique ( ? ! ! !).
En réalité aussi, le deuxième fait d'arme pour
leur carnet de route nous avoueront-ils, puisque bien avant ils
ont été frappés par le nombre de contrôle
(une quinzaine) sur le seul axe Douala-Bafoussam. Chanceux qu'ils
étaient, ils n'avaient eu droit qu'à une petite quinzaine
de contrôles militaires, parce que très souvent pour
cette distance de 300 km, on a souvent droit à plus d'une
trentaine de contrôles routiers comme si les pays Bamiléké
étaient en état de guerre ou d'urgence. Avec en prime
un racket sans ménagement des transporteurs.
Ils clôtureront cette journée par le rendez-vous
pris dans la matinée avec le Chef Supérieur du Groupement
Bafoussam, S.M. Njitack Ngompé Pélé. Avec lequel
ils s'entretiendront pendant près de deux heures sur tous
les aspects du pouvoir d'un " roi ". Sa Majesté
se souviendra certainement des petites piques que la suissesse Agnès
Wuthrich lui a faites en lui demandant comment il faisait avec toutes
ses reines. Bien sûr nous ne garantissons pas que cela lui
aurait mal fait d'être la 61e favorite, le chef Bafoussam
étant vigoureux et bel homme comme on sait
En tout
état de cause, nos amis suisses auront apprécié
à sa juste valeur ce long entretien. Tout d'abord par la
spontanéité du chef à les recevoir grâce
à l'entregent de leur confrère de Ouest Echos, mais
aussi des enseignements reçus sur le fonctionnement et les
rapports d'une chefferie dans le microcosme socio-politique camerounais.
Toutefois, ils se sont intéressés au litige foncier
de Kouhekong où l'un d'eux a fait une descente sur le terrain
pour recueillir les avis des riverains et avoir les dernières
nouvelles de cette épineuse affaire d'intolérance
foncière. Ainsi ils apprendront que la veille, dans la nuit
de Dimanche à Lundi une case de repos champêtre a été
incendiée par des personnes non identifiés. Une battue
organisée pour retrouver les auteurs s'est avérée
infructueuse. Elle état organisée par des gendarmes
promptement descendue sur les lieux après les premières
alertes. In fine, nos visiteurs sont repartis avec une idée
bien précise sur l'importance des conflits fonciers à
l'Ouest Cameroun mais aussi sur la fragilité de la vie communautaire
et de l'hospitalité africaine qui loin des clichés
trompeurs ne sont plus forcément ce qu'on vante dans des
manuels pour touristes.
Le lendemain ils ont pris la direction de Yaoundé où
ils devraient repartir Jeudi 9 pour la partie septentrionale du
pays. Ils regagneront le Tchad par la route de Touboro dans le Mayo
Rey jusqu'à Moundou au sud du Tchad. Entre l'enlisement de
leur véhicule en cette saison des pluies où les routes
du Nord ne sont pas à conseiller même à un ennemi
et les " coupeurs de route ", ces bandits de grands chemins
qui dépouillent les malheureux voyageurs, leur séjour
ne risque pas d'être monotone. Mais le plus beau métier
c'est aussi ça.
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