Propos recueillis
par Michel PEKOUA
Pr. Sylvestre Bouelet, Recteur de l'université
de Dschang
"Le FODUDS aura bientôt l'occasion
de se prononcer sur trois projets que nous allons lui soumettre"
A la faveur des récentes journées
académiques et professionnelles tenues à l'Université
de Dschang, la rédaction de Ouest Echos n'a pas manqué
de tendre son micro au recteur de cette institution. Le Pr. Sylvestre
Bouelet qui est en poste depuis six mois à peine, parle ici
de ses premières impressions, du Fonds de développement
de l'université de Dschang et se risque sur le projet de
Pipeline Tchad-Cameroun appelé à changer la face de
son département d'origine
Ouest Echos : Monsieur le Recteur, vous venez de présider
les journées d'orientation académiques et professionnelles
de l'Université de Dschang, qu'est ce qu'on peut en retenir
au lendemain de l'événement ?
Pr. Sylvestre Bouelet : D'abord une importance qui est indéniable,
parce que ces journées m'ont permis de situer les nouvelles
recrues de l'université de Dschang par rapport à leur
avenir à travers le choix de l'établissement de leur
formation et d'autre part, elles ont aussi permis de faire connaître
l'université de Dschang dans toutes ses structures et dans
toutes ses richesses. Voilà en peu de mots l'importance de
ces journées d'orientation académiques et professionnelles
qui viennent de se tenir.
Ouest Echos : Ces journées académiques ont connu
la touche du Fonds national de l'emploi. Qu'est ce que l'université
de Dschang peut tirer de son partenariat avec le F.N.E. ?
Pr. S.B. : : L'université tire beaucoup justement de son
partenariat avec le FNE. Compte tenu de son expérience sur
le terrain de l'emploi, le FNE nous donne des orientations précises
en la matière, parce qu'il en est spécialiste. Nous
sommes plutôt spécialiste de l'académique, eux
ce sont les spécialistes de l'emploi et le partenariat entre
eux et nous permet de jeter un pont entre l'académique et
l'emploi sur le terrain.
O.E. : Monsieur le recteur, des critiques ont notamment été
faites sur l'opportunité de la session de ces journées,
vous le voyez qui arrivent après la rentrée universitaire.
N'est-ce pas un peu tard pour les étudiants qui se sont déjà
inscrits ?
Pr. S.B. : Nous sommes tout à fait d'accord là-dessus.
Je voulais d'ailleurs le signifier au vice recteur chargé
de l'enseignement et lui demander de revoir la date de ces journées
par rapport aux années à venir. Mais je puis vous
dire que u niveau des pré-inscriptions et même des
inscriptions dans certains établissements, les étudiants
avisés peuvent revoir leur choix sans payer d'autres frais.
Donc, les étudiants ne perdent pas grand chose, puisqu'ils
peuvent changer d'établissement comme je le dis.
O.E. : Globalement, quelle impression l'université de Dschang
vous donne-t-elle un semestre après avoir été
porté à sa tête ?
Pr. S.B. : Je puis dire que cette université est en grande
construction ; en pleine ascension vers les sommets de la montagne.
Les sommets de la montagne étant ici l'excellence. Ma modeste
personne a essayé de mettre un peu de propreté dans
tous les domaines : Domaine physique, domaine moral, domaine des
murs. Je crois que après cette épuration, nous
pourrions nous hisser aussi au sommet de l'excellence comme d'autres
universités. Cette université me donne l'impression
d'être en plein chantier. Mais peut-on terminer le chantier
de la formation ? Je crois que ce chantier est en perpétuel
mouvement.
O.E. : La première chose qui vous a frappé immédiatement
après votre prise de fonction était l'insalubrité
des lieux, vous l'avez dit et on ne le juge pas autrement puisque
votre première action y a été d'instituer une
journée de propreté. Six mois après où
en est-on ?
Pr. S.B. : Mais je ne peux rien en dire davantage. C'est vous qui
pouvez constater, voir si nous avons maintenu notre élan
ou si au contraire nous avons échoué. C'est à
vous de juger.
O.E. : In fine, la vocation agricole et rurale de l'université
de Dschang vous convient-elle ?
Pr. S.B. : Parfaitement. Je puis dire qu'elle me convient en tant
qu'administrateur, en tant que gestionnaire, en tant que académicien.
Il est vrai que ma formation est littéraire, mais bien avant
moi, il y a eu des littéraires qui sont passés par
ici et qui n'ont pas échoué. Il s'agit de comprendre
et d'orienter tout simplement. Il ne s'agit pas forcément
d'être spécialiste de l'agriculture. Il s'agit, il
me semble, d'être un intellectuel et de bien tamiser le produit
brut que l'on a pour atteindre des objectifs précis prescrits
par le gouvernement.
O.E. : L'université de Dschang a connu en novembre 1999,
un lancement en grandes pompes de son fonds de développement.
C'était avant vous. On en parle moins, qu'est le fonds de
développement de l'Université de Dschang (FODUDS)
devenu ?
Pr. S.B. : On parle très peu du Foduds à l'extérieur
de l'université, mais à l'intérieur et à
travers les réunions nous en parlons tous les jours. Puisque
vous me posez cette question, je vais vous en parler, et ce sera
une première. J'ai mis en place, trois projets que je vais
présenter au FODUDS. Le premier est la construction d'un
établissement, le second est la construction d'une clôture
et le troisième est un projet d'amélioration de la
restauration de nos étudiants. Ce sont des projets que je
vais leur présenter et ils en choisiront un. J'ai fait faire
des devis quantitatifs, parce que je ne vais pas leur demander de
l'argent. je vais leur demander le matériel et à la
fin, confier ce matériel à l'un des leurs pour qu'ensemble
nous puissions construire ces bâtiments, ces clôtures
ou restaurer mieux les étudiants. Voilà ce que je
vais faire bientôt en les convoquant et en leur demandant
de m'aider à construire cette université.
O.E. : Face à la carence infrastructurelle de l'université
de Dschang, l'urgence ne commandait-elle pas justement de redynamiser
le FODUDS à l'extérieur et pas seulement à
l'intérieur ?
Pr. S.B. : Mais pour redynamiser le FODUDS à l'extérieur,
il fallait bien commencer par l'intérieur. Qu'est ce que
je vais présenter à l'extérieur si déjà
on n'y réfléchit pas à l'intérieur ?
Nous avons commencer par là où il fallait commencer
afin d'intéresser le FODUDS de l'extérieur.
O.E. : Vous êtes un intellectuel de haut rang certes, mais
votre immersion parmi les petites gens ne fait l'ombre d'aucun doute,
si l'on considère bien entendu les communions populaires
qui entourent très souvent vos descentes dans votre Kribi
natal. A ce titre, ccomment appréciez-vous le projet de Pipeline
Tchad-Cameroun, tout à fait d'actualité appelé
à changer le visage de cette cité balnéaire
camerounaise, votre cité allions-nous dire ?
Pr. S.B. : Je l'apprécie à sa juste valeur parce que
ce projet va faire renaître autrement le département
de l'Océan en particulier et tout le Cameroun en général.
Ce projet nous apporte beaucoup dans le domaine de l'emploi ; il
contribuera à l'essor touristique de la ville de Kribi. Je
l'apprécie franchement à sa plus haute mesure.
O.E. : Que pensez-vous alors des réserves qui ont été
émises quant à la protection de l'environnement par
des associations écologistes qui voient des risques de perturbations
de l'écosystème des populations pygmées et
autres ?
Pr. S.B. : De toutes les façons, on ne peut pas faire de
bonnes omelettes sans casser les ufs. Nous traversons des
périodes d'initiation au développement, il faut bien
passer par des épreuves et faire des sacrifices pour y arriver.
O.E : Votre mot de fin
Pr. S.B. : tous les jours, il y a un rêve qui m'accompagne,
c'est celui de hisser l'université de Dschang au-dessus de
la plus haute montagne qui nous entoure et de l'y maintenir de manière
perpétuelle pour que ensemble, avec les autres universités
d'Etat du Cameroun, nous puissions partager l'avenir de ce pays
de la plus belle manière. C'est cela mon rêve.
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