Rassemblés par F.T.C.
Tonga :
Le développement par le riz.
Badounga, groupement de l'arrondissement
de Tonga dans le Ndé, a célébré Samedi
dernier la culture et la consommation du riz dont le peuple Tonga
veut en faire une véritable spécialisation
L'action que mène actuellement à la tête de
son groupement, Sa Majesté Ngapnou Feutchanda Louis chef
supérieur des Badounga vient de confondre ceux qui parmi
nos souverains ne font presque plus rien pour le développement
de leur village et attendent tout de leurs élites y compris
qu'elles leur donnent aussi à manger contre des titres de
notabilité sans aucune base coutumière. Prenant les
rennes du pouvoir en mars 1999 à la suite du décès
de son père, le jeune souverain annonçait déjà
comme programme d'action dans son discours d'intronisation sa volonté
de sortir le riz du stade de l'artisanat et de son état de
culture de subsistance à celui moderne et de franche commercialisation.
Sans perdre une seule minute il s'est jeté tout de suite
corps et âme dans cette tâche ardue. Troquant tour à
tour les bottes pour aller tenir compagnie aux populations dans
les marais et sur les montagnes et arpenter les couloirs des bureaux
pour chercher des appuis, il a réussi en un temps record
à donner corps à son ambition : toute sa population
a repris goût à la culture du riz et les organismes
d'appui n'ont pas tardé à réagir. Le fonds
national de l'emploi (FNE) et la FAO notamment ont apporté
des crédits pour acheter des semenses selectionnés
et 4.800.000 f cfa pour l'acquisition d'une décortiqueuse.
Conséquence heureuse de ces concours : la production a été
multipliée par dix.
BATTRE TAÎWAN
L'ambition ultime selon Sa Majesté Ngapnou est d'accroître
cette production, d'innonder les marchés du Cameroun et limiter
ou même remplacer l'importation massive de Taïwan, de
Chine ou d'Indonésie par ce riz de Tonga plus prisé
pour ceux qui l'ont déjà goûté, parce
que plus aromatisé. La fête très grandiose organisée
à Bandounga le 14 octobre dernier et dénommée
justement fête du riz participe ainsi de cette ambition de
vulgarisation de produit en faisant connaître du plus grand
nombre et en suscitant de nouveaux appuis. Une fête qu'aura
comblé toutes les attentes au regard de la participation
populaire. Toutes les élites du département et de
l'arrondissement étaient présentes de M. NIAT au ministre
Jean-Marie Gankou en passant par l'honorable Tchouta Moussa, Feutheu
Jean-Claude et bien d'autres. Du côté de l'administration
l'inspecteur général n°2 du ministère de
l'agriculture était aux côtés du gouverneur
de la province de l'Ouest, qui présidait les cérémonies
sans oublier le préfet du Ndé et ses sous-préfets
ainsi que les chefs supérieurs des divers groupements de
l'Ouest. Les Représentants des deux organismes déjà
cités à savoir le FNE et la FAO étaient également
de la fête.
Le Riz doit unir
Cependant au-delà de la simple volonté de vulgariser
un produit alimentaire, les organisateurs de la fête du riz
avaient une autre idée derrière la tête : celle
d'unir par ce biais tous les fils et filles de l'arrondissement
de Tonga. Cette initiative d'unification vient rejoindre une autre
tentée sans succès à travers le festival de
l'unité de l'Arrondissement de Tonga (FUAT).
Tout cela vise à ressouder l'ensemble que formait autrefois
dit-on tout le peuple Tonga dans un seul regroupement qui était
celui de Bandounga, ensemble aujourd'hui menacé par des vélléités
d'autonomie de certains chef de 3e dégré.
Le riz pourra-t-il réunir là où les festivals
et les discours ont échoué ?
C'est ce que tous souhaitent en effet y compris le gouverneur de
la province de l'Ouest qui a invité les populations à
imiter ce riz, lui qui pour pousser le fait par grappes et pour
remplir le sac se regroupe en millions de petites graines.
Envoyé spécial à Bandounga
François Temkem Chekou
Les Echos de la fête du riz
Hommage: Si la culture du riz est aujourd'hui
ancrée dans la tradition des Tonga, on connait cependant
peu celui qui l'a introduite la première fois dans la région.
C'était il y a près de 60 ans, c'est à dire
en 1940. Il s'agit d'un certain MENGNA Bankop. Certains participants
auraient souhaité qu'un hommage mérité soit
rendu à ce personnage. En visitant sa tombe ou en donnant
la parole ou un prix spécial à un de ses fils par
exemple.
Ténacité : Ni la destruction,
par les " maquisards " de la première usine de
décorticage du riz construite par les chinois en 1956, ni
le départ de ces mêmes chinois en 1966, ni encore cet
autre départ de la SODERIM en 1974 ou encore la disparition
en 1987 des coopératives qui avaient pris le relais, n'auront
pas eu raison de la ténacité du peuple Tonga à
cultiver du Riz. Ténacité qui soutient aujourd'hui
l'ambition d'aller toujours plus loin.
Vente : Une erreur de la part des organisateurs
a fauché la vente du riz lors de la fête. Bien que
présente en quantité suffisante aucun invité
officiel n'a pu rentrer avec la moindre graine. La vente n'a été
ouverte qu'après la visite des stands d'exposition, au moment
où la réception avait lieu. Réception suivie
immédiatement d'un départ qui a même été
un peu précipité.
Diktat : Pourquoi avoir fixé
la fête du riz en saison de pluies au risque de voir gâchée
par les averses qui compliquent l'accès à Bandounga
en saison des pluies. Selon nos investigations, la date aurait été
imposée par la FAO qui voulait la rapprocher à défaut
de la faire coïncider à la journée mondiale de
l'alimentation du 16 octobre. A partir du moment où cette
organisation avait déboursé ses sous pour la culture
du riz elle pouvait imposer son diktat. L'aide conditionnée,
le Cameroun en sait quelque chose. Heureusement que les dieux des
ancêtres Bandounga ont veillé sur le temps.
Boycott : Certains chefs traditionnels
de Tonga ont boycotté la fête. Les invités les
croisaient se rendant au marché de la ville pendant qu'eux
allaient à Bandounga. On se demande si c'est l'idée
d'organiser la fête ou son lieu qu'ils boudent. La fête
étant rotative, on sera fixé lorsque le tour reviendra
à leur village.
Exemple : l'exemple vaut mieux que la
leçon. le premier producteur du riz désigné
par un jury indépendant n'est autre que le chef supérieur
Bandounga lequel a reçu de nombreux prix. Des jeunes, des
vieillards, des femmes, des fonctionnaires retraités et autres
ont aussi remporté tous des lauriers. Preuve que le riz à
Tonga c'est tout le monde qui s'y est déjà mis.
Concurrence : La rumeur circule actuellement
à Tonga faisant croire qu'il existerait une rivalité
sourde entre le richissime M. Feutheu Jean-Claude dit le parisien
et l'autre jeune riche montant M. Bankoué Dieudonné.
Les deux aspirent chacun dit-on à prendre les rennes de la
mairie de Tonga en faisant tomber le SDF qui la dirige pour le moment.
Après Bandounga chacun des deux a tenu à offrir une
réception dans leur château respectif, sis à
l'entrée de la ville de Tonga, châteaux construits
presque sous le même style et face à face comme pour
confirmer la rumeur de cette concurrence.
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