Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.

Rassemblés par F.T.C.

Tonga :

Le développement par le riz.

Badounga, groupement de l'arrondissement de Tonga dans le Ndé, a célébré Samedi dernier la culture et la consommation du riz dont le peuple Tonga veut en faire une véritable spécialisation

L'action que mène actuellement à la tête de son groupement, Sa Majesté Ngapnou Feutchanda Louis chef supérieur des Badounga vient de confondre ceux qui parmi nos souverains ne font presque plus rien pour le développement de leur village et attendent tout de leurs élites y compris qu'elles leur donnent aussi à manger contre des titres de notabilité sans aucune base coutumière. Prenant les rennes du pouvoir en mars 1999 à la suite du décès de son père, le jeune souverain annonçait déjà comme programme d'action dans son discours d'intronisation sa volonté de sortir le riz du stade de l'artisanat et de son état de culture de subsistance à celui moderne et de franche commercialisation.

Sans perdre une seule minute il s'est jeté tout de suite corps et âme dans cette tâche ardue. Troquant tour à tour les bottes pour aller tenir compagnie aux populations dans les marais et sur les montagnes et arpenter les couloirs des bureaux pour chercher des appuis, il a réussi en un temps record à donner corps à son ambition : toute sa population a repris goût à la culture du riz et les organismes d'appui n'ont pas tardé à réagir. Le fonds national de l'emploi (FNE) et la FAO notamment ont apporté des crédits pour acheter des semenses selectionnés et 4.800.000 f cfa pour l'acquisition d'une décortiqueuse. Conséquence heureuse de ces concours : la production a été multipliée par dix.

 

BATTRE TAÎWAN
L'ambition ultime selon Sa Majesté Ngapnou est d'accroître cette production, d'innonder les marchés du Cameroun et limiter ou même remplacer l'importation massive de Taïwan, de Chine ou d'Indonésie par ce riz de Tonga plus prisé pour ceux qui l'ont déjà goûté, parce que plus aromatisé. La fête très grandiose organisée à Bandounga le 14 octobre dernier et dénommée justement fête du riz participe ainsi de cette ambition de vulgarisation de produit en faisant connaître du plus grand nombre et en suscitant de nouveaux appuis. Une fête qu'aura comblé toutes les attentes au regard de la participation populaire. Toutes les élites du département et de l'arrondissement étaient présentes de M. NIAT au ministre Jean-Marie Gankou en passant par l'honorable Tchouta Moussa, Feutheu Jean-Claude et bien d'autres. Du côté de l'administration l'inspecteur général n°2 du ministère de l'agriculture était aux côtés du gouverneur de la province de l'Ouest, qui présidait les cérémonies sans oublier le préfet du Ndé et ses sous-préfets ainsi que les chefs supérieurs des divers groupements de l'Ouest. Les Représentants des deux organismes déjà cités à savoir le FNE et la FAO étaient également de la fête.

Le Riz doit unir
Cependant au-delà de la simple volonté de vulgariser un produit alimentaire, les organisateurs de la fête du riz avaient une autre idée derrière la tête : celle d'unir par ce biais tous les fils et filles de l'arrondissement de Tonga. Cette initiative d'unification vient rejoindre une autre tentée sans succès à travers le festival de l'unité de l'Arrondissement de Tonga (FUAT).
Tout cela vise à ressouder l'ensemble que formait autrefois dit-on tout le peuple Tonga dans un seul regroupement qui était celui de Bandounga, ensemble aujourd'hui menacé par des vélléités d'autonomie de certains chef de 3e dégré.
Le riz pourra-t-il réunir là où les festivals et les discours ont échoué ?
C'est ce que tous souhaitent en effet y compris le gouverneur de la province de l'Ouest qui a invité les populations à imiter ce riz, lui qui pour pousser le fait par grappes et pour remplir le sac se regroupe en millions de petites graines.
Envoyé spécial à Bandounga
François Temkem Chekou

Les Echos de la fête du riz

Hommage: Si la culture du riz est aujourd'hui ancrée dans la tradition des Tonga, on connait cependant peu celui qui l'a introduite la première fois dans la région. C'était il y a près de 60 ans, c'est à dire en 1940. Il s'agit d'un certain MENGNA Bankop. Certains participants auraient souhaité qu'un hommage mérité soit rendu à ce personnage. En visitant sa tombe ou en donnant la parole ou un prix spécial à un de ses fils par exemple.

Ténacité : Ni la destruction, par les " maquisards " de la première usine de décorticage du riz construite par les chinois en 1956, ni le départ de ces mêmes chinois en 1966, ni encore cet autre départ de la SODERIM en 1974 ou encore la disparition en 1987 des coopératives qui avaient pris le relais, n'auront pas eu raison de la ténacité du peuple Tonga à cultiver du Riz. Ténacité qui soutient aujourd'hui l'ambition d'aller toujours plus loin.

Vente : Une erreur de la part des organisateurs a fauché la vente du riz lors de la fête. Bien que présente en quantité suffisante aucun invité officiel n'a pu rentrer avec la moindre graine. La vente n'a été ouverte qu'après la visite des stands d'exposition, au moment où la réception avait lieu. Réception suivie immédiatement d'un départ qui a même été un peu précipité.

Diktat : Pourquoi avoir fixé la fête du riz en saison de pluies au risque de voir gâchée par les averses qui compliquent l'accès à Bandounga en saison des pluies. Selon nos investigations, la date aurait été imposée par la FAO qui voulait la rapprocher à défaut de la faire coïncider à la journée mondiale de l'alimentation du 16 octobre. A partir du moment où cette organisation avait déboursé ses sous pour la culture du riz elle pouvait imposer son diktat. L'aide conditionnée, le Cameroun en sait quelque chose. Heureusement que les dieux des ancêtres Bandounga ont veillé sur le temps.

Boycott : Certains chefs traditionnels de Tonga ont boycotté la fête. Les invités les croisaient se rendant au marché de la ville pendant qu'eux allaient à Bandounga. On se demande si c'est l'idée d'organiser la fête ou son lieu qu'ils boudent. La fête étant rotative, on sera fixé lorsque le tour reviendra à leur village.

Exemple : l'exemple vaut mieux que la leçon. le premier producteur du riz désigné par un jury indépendant n'est autre que le chef supérieur Bandounga lequel a reçu de nombreux prix. Des jeunes, des vieillards, des femmes, des fonctionnaires retraités et autres ont aussi remporté tous des lauriers. Preuve que le riz à Tonga c'est tout le monde qui s'y est déjà mis.

Concurrence : La rumeur circule actuellement à Tonga faisant croire qu'il existerait une rivalité sourde entre le richissime M. Feutheu Jean-Claude dit le parisien et l'autre jeune riche montant M. Bankoué Dieudonné. Les deux aspirent chacun dit-on à prendre les rennes de la mairie de Tonga en faisant tomber le SDF qui la dirige pour le moment. Après Bandounga chacun des deux a tenu à offrir une réception dans leur château respectif, sis à l'entrée de la ville de Tonga, châteaux construits presque sous le même style et face à face comme pour confirmer la rumeur de cette concurrence.

 


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