Noël NGAHANE
Journée Mondiale des enseignants à
Bandjoun
Le sous-préfet superstar
La Journée Mondiale des Enseignants aurait
été sans relief à Bandjoun si le sous-préfet
Jean Hubert Bessala n'y avait apporté la note salée.
Comment interdire une manifestation et y être invité
? C'est l'exploit que vient de tenir le sous-préfet de Bandjoun,
le jeune Bessala. Le chef de terre a tout simplement choisi d'interdire
les manifestations de la journée mondiale des enseignants
à Bandjoun. En effet, en prélude à cet événement,
les responsables locaux des syndicats d'enseignants ont déposé
le 14 septembre 2000 à la sous-préfecture de Bandjoun
une déclaration de manifestation publique. Très informé,
le sous-préfet a certainement cru une déclaration
de marche de protestation des syndicats, notamment du SNAES qui
fait beaucoup parler de lui ces derniers temps. Invoquant les "
nécessité d'ordre public ", le chef de terre
de Bandjoun qui doit beaucoup tenir à la " paix "
et à " l'ordre " a rejeté la " demande
de tenue d'une réunion et de manifestation publique "
et interdit le " le défilé projeté par
la section départementale du SNAES du Koung Khi ". Mais
cette décision - qui, soit dit en passant, n'est pas étrange
- appelle quelques observations. Résumons : Le sous-préfet
interdit une manifestation avant qu'elle ne soit déclarée.
En effet, les organisateurs ont introduit leur déclaration
le 14/09/2000 ; la décision n°002/D/F32.02 interdisant
cette manifestation est signée le...04/09/2000, soit 10 jours
avant que la déclaration ne soit faite ! Si cela n'est pas
de l'omniscience, alors certains administrateurs du Renouveau doivent
être des extraterrestres. Car, il faut bien en être
un pour participer à une manifestation qu'on a soi-même
interdite. Des sources bien informées à Bandjoun signalent
que la manifestation interdite, à savoir la célébration
de la Journée Mondiale des Enseignants, a bel et bien eu
lieu. Les mêmes sources signalent la présence effective
du sous-préfet à l'ouverture de cette fête du
reste présidée par le préfet Dzana Fouda Patrice.
Le défilé a eu lieu, les enseignants sont passés
deux fois devant la gendarmerie dont le commandant était
chargé selon la décision du sous-préfectorale
de nettoyer les rues de profs grincheux. A la fin, tout le monde
a participé au cocktail de circonstance. On le disait jeune,
le nouveau sous-préfet de Bandjoun. On découvre à
présent que la bêtise n'a pas d'âge, et certains
ont la pieds au Moyen Age et la tête au XXIe siècle.
On les appelle les superstars.
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