Gilli BOUTCHOUANG, Envoyé spécial
à Edéa
Installation
Un nouveau chef pour la communauté Bamessingue
d'Edéa
Sa dignité Tchofo Maurice vient d'être
installé dans ses nouvelles fonctions de chef de la communauté
Bamessingue d'Edéa. une cérémonie riche en
couleur vécue par notre reporter.
Le quartier Mbanda à Edéa a connu il y a quelques
semaines, un événement particulier, il s'agissait
d'installer officiellement Sa Dignité tchofo Maurice dans
ses nouvelles fonctions de chef de famille de la communauté
Bamessingue d'Edéa. Installation effectuée par Sa
Majesté le chef supérieur des Bamessingué.
La cérémonie s'est déroulée en présence
des Bamessingué venus de tous les coins du pays, du 2ème
adjoint préfectoral de la Sanaga Maritime, de l'adjoint d'arrondissement
de la Sanaga Maritime Ngassa W. Amos Bell, du procureur de la République
Tiobou, du représentant du Directeur général
de Alucam M. Nzia Batouga, des chefs coutumiers d'Edéa, leurs
majestés Nyetam Martin, chef du canton Yabi, Njenmen Josué
chef du canton Bisseké, Epouné chef de village Mbanda
et Mbock Balema.
Au cours de la cérémonie, trois allocutions ont
été prononcées. D'abord, celle de président
de la famille Bamessingué d'Edéa, M. William Douglas
de laquelle on pouvait retenir que la réunion des Bamessingué
d'Edéa et de ses environs a réellement pris son envol
en 1981. L'occasion aussi pour l'orateur de saluer l'uvre
de Notchié Etienne, le prédécesseur du héros
du jour pour son action en faveur de la reconnaissance de ce rassemblement
des fils Bamessingue de la Sanaga Maritime. M. William Douglas allait
terminer son propos en remerciant tous ceux qui les avaient aidés
à réussir l'organisation matérielle de cette
fête.
Deuxième discours du jour, celui du chef supérieur
des Bamessingue qui avait fait le déplacement de son Bamboutos
natal pour apporter son onction au distingué du jour : "
Je suis venu de loin avec l'esprit de paix et de bénédiction
pour les fils Bamessingue d'Edéa et des environs de la Sanaga
Maritime " dira-t-il avant de souhaiter plein succès
au nouveau chef de la communauté des Bamessingue sur les
bords de la Sanaga. Il louera le dynamisme de Tchofo Maurice avant
de terminer son propos par des remerciements à l'endroit
des chefs autochtones d'Edéa pour avoir hébergé
ses fils pendant 40 ans.
Dernière intervention enfin, celle du chef de terre d'Edéa.
Le sous-préfet s'est dit prêt à lui apporter
tout le soutien nécessaire pour la réussite de sa
tâche. Il lui a de même rappelé qu'il devrait
être attentif au respect des coutumes de Bamessingue et des
lois de la République. Réussir son mariage des exigences
des traditions et de la modernité.
Nous serons un peu plus complet en relevant que ces cérémonies
d'installation ont été agrémentées de
bout en bout par des groupes de danses traditionnelles exhibant
le riche folklore de nos contrées profondes.
En plus de nombreux cadeaux, Sa dignité Tchofo Maurice a
reçu du chef supérieur Bamessingue des objets symboles
de commandement (collier, canne, bracelet, sac
) cependant
que Mme Tchofo Victorine se voyait élevée à
la distinction de Mafo par le chef des Bamessingué
On retiendra pour finir que M. Tchofo Maurice est né à
Bamessingue quartier Bamété. Marié et père
de 6 enfants. Il est installé à Edéa depuis
plus de 30 ans et travaille à Alucam en qualité de
contremaître principal.
Composition du bureau de la réunion générale
des Bamessingue d'Edéa :
Chef de famille : Tchofo Maurice
Président général : William Douglas
Vice président : Yemeli Emile
Trésorier général : Kuimeta Daniel
Secrétaire général : Koussock Félix
Commis aux comptes : Mela Mathias
Tchofo Maurice, chef des Bamessingue d'Edéa
" De lourdes responsabilités m'attendent
"
Voici les propos que le nouveau chef des Bamessingue
a bien voulu livrer à notre reporter sur place à Edéa,
juste après son installation.
Ouest Echos : Quel sentiment vous anime après votre
installation comme chef de la famille Bamessingue d'Edéa
?
S.D. Tchofo Maurice : Après cette installation, j'éprouve
à la fois un sentiment de joie et d'inquiétude. joie
parce que cette distinction est un honneur pour toute ma famille
et inquiétude à cause du poids de la tâche qui
m'attend. vous avez dû le constater vous-même, il y
a certes peu de Bamessingue à Edéa et ses environs,
mais les tenir n'est pas chose facile.
O.E. : Quels seront vos défis principaux à
la tête de vos fonctions ?
T.M. : J'aurai trois défis majeurs à relever
à la tête de la famille Bamessingue d'Edéa.
Rassembler en premier toutes les filles et tous les fils Bamessingue,
les discipliner et troisièmement enfin promouvoir nos valeurs
culturelles et en particulier la langue maternelle dans les familles.
O.E. : Comment comprendre qu'au sein de la famille Bamessingue
d'Edéa, on ait procédé à des nominations
plutôt qu'à des élections comme cela se fait
ailleurs ?
T.M. : Sa Majesté, le chef supérieur des Bamessingue
n'a pas nommé le chef de famille à Edéa. Il
a entériné un choix fait par tous les Bamessingue
d'Edéa suivant un procès-verbal signé de chacun
d'entre eux en janvier 2000. Et le président de la réunion
l'a rappelé lors de son discours de bienvenue. En revanche,
le chef supérieur a pourvu par nomination aux postes jusqu'ici
vacants. Je pense que les textes votés dernièrement
en conclave lui donnent parfaitement le droit de le faire.
O.E. : Les jeunes Bamessingue d'Edéa ont manifesté
le désir de voir créer en leur sein, une section de
COCJEB (Comité central de la Jeunesse Bamessingue), que peuvent-ils
attendre de vous ?
T.M. : Je l'ai dit et redit, je ne ménagerais aucun
moyen ou effort pour permettre un rassemblement de tous les fils
et filles Bamessingué d'Edéa. Je reste donc à
l'écoute de la jeunesse pour tout ce qu'ils voudront entreprendre
pour leur épanouissement.
O.E. : Votre mot de la fin
T.M. : Je profite de l'occasion que vous m'offrez pour adresser
mes sincères remerciements à tous ceux qui de près
ou de loin nous ont permis de réussir ces cérémonies.
Je remercie également le Dieu Tout Puissant qui a permis
à tous les invités d'arriver sans problème
jusqu'à Edéa et de regagner leur famille sans incident.
C'est aussi cela la réussite d'une cérémonie.
Je vous remercie.
Propos recueillis par
Gilli BOUTCHOUANG
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