Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.


NSANGOU MAMA à Foumban

Malentouen (Noun)

Une famille réécrit l'histoire d'Abel et Caïn

Matoupou, petite localité de l'arrondissement de Malentouen dans le Noun vient d'être le théâtre d'une terrible tragédie. Deux frères ayant décidé de tuer un troisième pour s'emparer de sa fortune.



L'histoire est celle d'une famille habitée par le mauvais sort. Ils étaient trois frères. L'aîné et le benjamin avaient quitté le village pour aller chercher fortune à Douala. Le troisième était resté au village pour assister le père dans ses champs. A la mort de ce dernier, les deux frères revenus de Douala ne trouveront pas à redire au testament du père ayant fait de leur frère resté au village son successeur. Toutefois, tous cohéritiers, les biens du défunt seront équitablement repartis en trois. Jusqu'aux plantations. Mais l'appel de la ville étant plus fort, les deux frères repartiront en vendant leurs champs non entretenus et devenus des quasi forêts au troisième qui avait réussi à les persuader qu'il fallait mieux vendre leur parcelle dans la famille afin que des allogènes n'y mettent le grappin dessus.

Quelques années plus tard, les deux frères sont de retour. La ville de Douala ne leur a pas souri et fatigués de petits boulots et d'expédients, ils en sont venus à regretter leur village, ses terres généreuses, ses femmes et sa vie pas compliquées. Un retour bouleversant, puisqu'ils trouveront sur place leur frère dans des atours plus fabuleux encore. De récoltes en commerces successifs, le frère resté sur place avait accumulé une petite fortune qu'il annoncera à ses frères pour son malheur :

" Voilà, vous êtes rentrés définitivement maintenant. Il faut qu'on se concerte pour travailler. Je pense que comme nous sommes dans un village reculé et que les populations souffrent faute de moyens de transport, je voudrais que nous retournions ensemble à Douala acheter un véhicule, surtout que je ne connais pas la ville !
- Tu disposes de combien pour acheter donc un véhicule ? Une voiture ce n'est pas une bicyclette mon frère.
- Mes frères, la terre paye. J'ai pu économiser jusqu'à 4,5 millions de francs. "

Voilà comment au lieu de s'organiser pour le voyage de Douala, les deux frères cupides pour ne pas dire vauriens vont plutôt s'organiser pour s'accaparer des millions. L'un des frères alertera un autre co-villageois resté à Douala, cependant qu'au village même, l'oncle des trois frères (le cadet de leur défunt père) sera lui aussi associé au plan macabre. Il jouera un rôle non négligeable en persuadant le successeur de son frère de toujours marcher avec son argent sur lui parce que disait-il, il y a trop de bandits au village qui fouillent les maisons quand les villageois sont au champ.

La tragédie se nouera un peu plus avec l'arrivée au village du co-villageois alerté depuis Douala. Calculs faits, la future victime étant physiquement imposant, il fallait mieux trouver des cordes pour le ligoter. La coïncidence aidant, un autre voisin se rendait en ville acheter des cordes pour maintenir en laisse toutes les chèvres du village qui sont ainsi gardées à l'approche des premières pousses. Le voisin rentrera donc de la ville avec 30 mètres de corde dont 20 pour lui et 10 pour les conjurés. Détail important qui allait orienter les enquêteurs plus tard, le voisin allait séparer les deux morceaux en brûlant la corde de Nylon.

Très tôt le lendemain matin, après ses ablutions et sa prière, le successeur se rendra alors au champ autour de 5h30mn monté sur sa moto. Non sans emporter avec lui son " paquet ", observant en cela les conseils de son oncle. Ses frères l'avaient précédé sur la route des champs et y avaient préparé une embuscade. Au détour d'une piste, l'infortuné est happé de sa moto et pris au cou par un lasso bien tressé et précis. Alors qu'il se débat pour sortir de ce filet, ses frères se précipitent sur lui et le tronçonnent à coup de machette jusqu'à ce qu'il rende l'âme. Aussitôt après, ils vont s'emparer du butin en abandonnant sur place le corps meurtri. Ce sont les premiers passants qui alerteront le village. Aussitôt l'un des frères se rendra à la gendarmerie de Malentouen pour informer les autorités. Les fins limiers trouvant son récit suspect le cuisineront davantage pour se rendre compte, qu'il en savait beaucoup plus qu'il ne le feignait.

Immédiatement il sera mis aux arrêts avant la descente au village. Sur place les enquêteurs seront intrigués par la corde ayant servi à enserrer la victime. Une corde toute neuve comme celle servant à nouer les chèvres du voisin. Arrêté, le voisin donnera l'explication qu'on sait, permettant de confondre les deux frères. Une fouille dans leur habitation permettra de trouver la machette ayant servi comme arme du crime portant encore des traces de sang. La femme du défunt confondra également l'oncle qui avait persuadé son neveu de toujours marcher avec son argent sur lui. Avec le complice venu de Douala, cela fait en tout 5 personnes arrêtées et actuellement détenues à la prison centrale de Foumban dans le cadre de cette affaire ; les deux frères, le complice venu de Douala, l'oncle et le voisin acheteur de corde. Tous y méditent sur leur sort.

 

Ns. M.

Foumban

Des policiers abattent un maraudeur

Le 27 mai 2000, Njikam Césaire a été inhumé par sa famille du côté de Njimbam par Foumban. Repris de justice élargi dans le cadre des dernières grâces présidentielles, Césaire est tombé au " front " dans la nuit du 25 au 26 mai 2000, abattu par des policiers qui l'avaient surpris en train de cambrioler une cabine téléphonique située juste en face du commissariat de la sécurité publique de Foumban.

Selon la formule consacrée, que la terre de nos ancêtres lui soit légère !


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