NSANGOU MAMA à Foumban
Malentouen (Noun)
Une famille réécrit l'histoire d'Abel
et Caïn
Matoupou, petite localité de l'arrondissement
de Malentouen dans le Noun vient d'être le théâtre
d'une terrible tragédie. Deux frères ayant décidé
de tuer un troisième pour s'emparer de sa fortune.
L'histoire est celle d'une famille habitée par le mauvais
sort. Ils étaient trois frères. L'aîné
et le benjamin avaient quitté le village pour aller chercher
fortune à Douala. Le troisième était resté
au village pour assister le père dans ses champs. A la mort
de ce dernier, les deux frères revenus de Douala ne trouveront
pas à redire au testament du père ayant fait de leur
frère resté au village son successeur. Toutefois,
tous cohéritiers, les biens du défunt seront équitablement
repartis en trois. Jusqu'aux plantations. Mais l'appel de la ville
étant plus fort, les deux frères repartiront en vendant
leurs champs non entretenus et devenus des quasi forêts au
troisième qui avait réussi à les persuader
qu'il fallait mieux vendre leur parcelle dans la famille afin que
des allogènes n'y mettent le grappin dessus.
Quelques années plus tard, les deux frères sont
de retour. La ville de Douala ne leur a pas souri et fatigués
de petits boulots et d'expédients, ils en sont venus à
regretter leur village, ses terres généreuses, ses
femmes et sa vie pas compliquées. Un retour bouleversant,
puisqu'ils trouveront sur place leur frère dans des atours
plus fabuleux encore. De récoltes en commerces successifs,
le frère resté sur place avait accumulé une
petite fortune qu'il annoncera à ses frères pour son
malheur :
" Voilà, vous êtes rentrés définitivement
maintenant. Il faut qu'on se concerte pour travailler. Je pense
que comme nous sommes dans un village reculé et que les populations
souffrent faute de moyens de transport, je voudrais que nous retournions
ensemble à Douala acheter un véhicule, surtout que
je ne connais pas la ville !
- Tu disposes de combien pour acheter donc un véhicule ?
Une voiture ce n'est pas une bicyclette mon frère.
- Mes frères, la terre paye. J'ai pu économiser jusqu'à
4,5 millions de francs. "
Voilà comment au lieu de s'organiser pour le voyage de
Douala, les deux frères cupides pour ne pas dire vauriens
vont plutôt s'organiser pour s'accaparer des millions. L'un
des frères alertera un autre co-villageois resté à
Douala, cependant qu'au village même, l'oncle des trois frères
(le cadet de leur défunt père) sera lui aussi associé
au plan macabre. Il jouera un rôle non négligeable
en persuadant le successeur de son frère de toujours marcher
avec son argent sur lui parce que disait-il, il y a trop de bandits
au village qui fouillent les maisons quand les villageois sont au
champ.
La tragédie se nouera un peu plus avec l'arrivée
au village du co-villageois alerté depuis Douala. Calculs
faits, la future victime étant physiquement imposant, il
fallait mieux trouver des cordes pour le ligoter. La coïncidence
aidant, un autre voisin se rendait en ville acheter des cordes pour
maintenir en laisse toutes les chèvres du village qui sont
ainsi gardées à l'approche des premières pousses.
Le voisin rentrera donc de la ville avec 30 mètres de corde
dont 20 pour lui et 10 pour les conjurés. Détail important
qui allait orienter les enquêteurs plus tard, le voisin allait
séparer les deux morceaux en brûlant la corde de Nylon.
Très tôt le lendemain matin, après ses ablutions
et sa prière, le successeur se rendra alors au champ autour
de 5h30mn monté sur sa moto. Non sans emporter avec lui son
" paquet ", observant en cela les conseils de son oncle.
Ses frères l'avaient précédé sur la
route des champs et y avaient préparé une embuscade.
Au détour d'une piste, l'infortuné est happé
de sa moto et pris au cou par un lasso bien tressé et précis.
Alors qu'il se débat pour sortir de ce filet, ses frères
se précipitent sur lui et le tronçonnent à
coup de machette jusqu'à ce qu'il rende l'âme. Aussitôt
après, ils vont s'emparer du butin en abandonnant sur place
le corps meurtri. Ce sont les premiers passants qui alerteront le
village. Aussitôt l'un des frères se rendra à
la gendarmerie de Malentouen pour informer les autorités.
Les fins limiers trouvant son récit suspect le cuisineront
davantage pour se rendre compte, qu'il en savait beaucoup plus qu'il
ne le feignait.
Immédiatement il sera mis aux arrêts avant la descente
au village. Sur place les enquêteurs seront intrigués
par la corde ayant servi à enserrer la victime. Une corde
toute neuve comme celle servant à nouer les chèvres
du voisin. Arrêté, le voisin donnera l'explication
qu'on sait, permettant de confondre les deux frères. Une
fouille dans leur habitation permettra de trouver la machette ayant
servi comme arme du crime portant encore des traces de sang. La
femme du défunt confondra également l'oncle qui avait
persuadé son neveu de toujours marcher avec son argent sur
lui. Avec le complice venu de Douala, cela fait en tout 5 personnes
arrêtées et actuellement détenues à la
prison centrale de Foumban dans le cadre de cette affaire ; les
deux frères, le complice venu de Douala, l'oncle et le voisin
acheteur de corde. Tous y méditent sur leur sort.
Ns. M.
Foumban
Des policiers abattent un maraudeur
Le 27 mai 2000, Njikam Césaire a été inhumé
par sa famille du côté de Njimbam par Foumban. Repris
de justice élargi dans le cadre des dernières grâces
présidentielles, Césaire est tombé au "
front " dans la nuit du 25 au 26 mai 2000, abattu par des policiers
qui l'avaient surpris en train de cambrioler une cabine téléphonique
située juste en face du commissariat de la sécurité
publique de Foumban.
Selon la formule consacrée, que la terre de nos ancêtres
lui soit légère !
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