Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.


Sharon MENKA à Bana

BANA :

Les coupeurs de route refont parler d'eux

Une opération juteuse a mal tournée. Mettant sur le dos des bandits tout un quartier enragé. Notre reporter s'y est rendu et reconstitue ici le film d'une aventure nocturne.



Le quartier Bapouh à Bana est célèbre. Pour deux raisons au moins. La position géographique du quartier situé au sommet d'un mont n'est pas la moindre des curiosités, tant il fait froid là-bas. Un vrai paradoxe accompagne ce nom. Les voyageurs diurnes surtout ceux du week-end l'apprécient pour la viande qu'on y vend moins cher. Le kilo de boeuf y coûte en effet 1000f au moins selon que vous êtes ou pas ce qu'on appelle un gros client. Par contre, les voyageurs noctures le redoutent à cause du tunnel et du viaduc qui le relie aux voisins de Bangou. Du côté de Bangou-Carrefour, il n'est pas rare de voir les chauffeurs s'arrêter pour attendre des compagnons de traversée. Les forces de l'ordre et les citoyens de tout bord en souffrent. On rappelle en ces lieux qu'un procureur de la république y a laissé l'an dernier le scalp de son chauffeur et une somme avoisinant le million de francs. A l'époque, des mesures de sécurité furent prises. Le calme revint pour un temps.

Dans la nuit du 9 au 10 juin, un groupe de malfrats y a atteri à bord d'un véhicule qu'ils ont arraché après un braquage. Il est 2h du matin quand ils décident d'opérer. armés de fusils traditionnels, ils ont occupé la route. Les véhicules tardent à venir et ils décident de rendre visite " au bororo qui gardent les boeufs de kadji ". Le tabassent et ramassent tout. Il se raconte en effet dans le coin que ce dernier a vendu la veille plusieurs taureaux, a des prix faramineux. De plus, il habite la colline, loin de l'agglomération. Ayant regagné leur position sur la route, le bororo réussit par un sentier à rejoindre le quartier où il tombe sur " kankan ", un boucher du coin qui dans la journée avait acquis deux taureaux à ... 530 000 FCFA. Et a perdu le sommeil au point d'abandonner toute sa famille pour " aller dormir dans le canniveau, à côté de son capital ". Ce sont les deux qui vont prévenir les deux cars qui arrivent du danger avant que ceux-ci ne les conduisent à la brigade de gendarmerie de Bana. Deux gendarmes se déportent sur les lieux et on alerte le quartier qui fait sortir tous ses hommes valides. Commence la chasse aux bandits. Les gendarmes tirent, ils sautent au champ. Un peureux jette son arme et se rend. Il est immédiatement récupéré par la population qui le tabasse à sang.

La population organise la battue derrière les autres qui ne maîtrisent pas le terrain et se réfugient dans la montagne. L'information circule et les curieux accourent. Vers 9h, les bandits croient la bourrasque passée et commencent à sortir de la brousse, en prenant soin de contourner le quartier qui est séparé du reste du village par un vaste espace inhabité. Mal leur en prend puisque les chutes, glissades et roulades faites en brousse lors de l'escapade se ressentent sur eux. Certains ont perdu leurs chaussures, les habits sont sales. ils présentent les signes de bagarre. En tout cas leur mine à cette heure matinale est plutôt suspecte. Ajoutée au fait qu'ils sont inconnus dans ce quartier où tout le monde se connait.

Deux d'entre eux se feront ainsi cueillir par un " casseur de pierres " qui s'était déjà rendu à son poste de travail, à un km de là, malgré l'effervescence du quartier. Un autre réussira à prendre un taxi pour regagner sa base à Bafang mais sera récupéré par des gendarmes en faction à la sortie sud de Bana.

Conduits à la brigade ils ont été interrogés. Où l'on apprend qu'ils étaient du nombre de 7 et qu'ils étaient à la troisième opération du genre. De même, les informations par eux livrées ont permis de demantéler un vaste réseau de complicité dans la ville de Bafang, voisine. D'autres éléments du gang ont été appréhenendés et méditent actuellement leur sort dans les cellules de gendamerie. En attendant le tribunal militaire, le commandant de la légion de gendarmerie de l'Ouest qui était en visite de travail dans le Haut-Nkam mercredi (14/06/00) leur a fait l'honneur d'une petite visite. Ils connaissent déjà certainement le sort qui les attend.

Au quartier cependant, on regrette de n'avoir pas autant de fusils que les voisins de Batcha. On ne leur aurait pas laissé la posibilité de sortir de la brousse, justement les gendarmes ont dû jouer de dissuasion pour empêcher les gaillards du quartier de les lyncher.

 


CONTACTS
 
ANNONCES
 


Ouest Echos home page