KREDO
Bafousam à maux couverts
L'Hydre
Bamiléké
Le ministre de l'administration territoriale
a fait de la plus grande interview du cardinal Tumi ce qu'il voulait.
A sa suite, nous voulons aussi en retenir ce que nous voulons. A
chacun sa raison, sa sensibilité, et son bout de drap pour
se couvrir sous le froid de l'interview. Lisez mes morceaux choisis
de Jeune Afrique Économique.
J.A.E : dans ce qu'on a appelé l'affaire Wouking, quel
était le véritable problème : que Mgr Wouking
ne soit pas de la région de Yaoundé ou qu'il soit
Bamiléké ?
C.T : Les deux....
J.A.E : Quand on dit qu'il existe un problème Bamiléké,
comprenez-vous ce que cela veut dire ?
C.T : Pour bien comprendre le problème, il faut saisir
la relation du Bamiléké avec les autres camerounais.
Le Bamiléké est un travailleur. Il gagne de l'argent
par son travail. le Bamiléké est au champ à
2 heures du matin et n'en revient qu'à 18 heures. Quand et
comment vit-il, je n'en sais rien. Mais le Bamiléké
est un gros travailleur. Et il est partout : dans les métiers
intellectuels, dans le commerce... Et dans toutes les villes. Peut-on
imaginer Douala ou Yaoundé sans les Bamiléké
? Non. Alors, cela suscite des jalousies. Comme, de plus, ils sont
nombreux...
J.A.E : Justement, cet effet de nombre, cela peut inquiéter.
C.T : Peut-être. Les Bamiléké ont de grandes
familles, alors que les autres communautés limitent les naissances.
J.A.E : N'y a-t- il pas aussi, confusément, le poids du
passé, ce qui s'est produit dans l'Ouest au lendemain de
l'indépendance et que certains souhaitent peut être
enterrer ?
C.T : On ne peut pas enterrer ce peuple là ? Si vous en
enterrer une partie, l'autre continue à se développer.
Voilà. Christian Tumi, premier et l'unique cardinal catholique
du Cameroun vient de joindre Peyrefite, Mongo Beti, Houphouet Boigny...
dans ce qu'il convient de classer sous le titre l'Eloge Bamiléké.
Et même Ahidjo et Biya, chacun dans ses termes avait dit :
Le Cameroun se fera avec l'Ouest... Ou ne se fera pas ! Le Bamiléké
est élevé de son vivant au niveau du mythe. Comme
l'hydre qui ne meurt pas, tant qu'elle ne rencontre dans sa vie
un Hercule. Hercule, c'est cet homme qui, pour venir à bout
de l'animal mythique, avait tranché toutes ses sept têtes
(les sept département bami ?) d'un seul coup. Donc, si les
Bamiléké se retrouvent un jour face à un Hercule
aussi mythique et mystique, qu'ils se méfient ! Le Bami est
hydre parce que " si vous enterrer une partie, l'autre continue
à se multiplier ".
Que dire d'un Bamiléké paresseux ? Qu'il ne ressemble
pas à un Bamiléké ! Ces jeunes qui passent
le temps à flâner ont-ils compris ? Un paresseux perd
son identité remarquable Bamiléké, car le dictionnaire
de Tumi a un synonyme à GROS TRAVAILLEUR : BAMILEKE.
Et toutes ces affaires qui ne portent parmi les Bamiléké
que de noms d'évêque : Dongmo dans le temps, Wouking
aujourd'hui, qui demain , Sans doute Tumi, avec Verzekov et Awa
avaient été classés ANGLO-BAMI dans une lettre
incendiaire de 1987. Quelle est la relation entre l'église
et les Bamiléké ? Pourquoi leurs évêques
sont-ils le bout de leur iceberg ? Les évêques sont-ils
le symbole socio-politique des Bamiléké ? Ces questions
s'ajoutent à celle ci : quel est ce " poids du passé
" dont on parle souvent à propos des Bamiléké
? Ce passé Bamiléké pèse-t-il ? Peut-être
qu'il y a un rapport insoupçonné entre ce passé
et le rôle des évêques ou de l'église
! On doit les soupçonner de pouvoir et de vouloir l'exorciser
afin que le Bamiléké soit aussi viril qu'un homme
circoncis prêt à servir l'amour. Qui a peur de l'amour,
de la communion dans ce pays ? Et s'il en existe un seul, que veut-il
faire avec la haine, contre qui, pour quoi ? Que c'est bon d'entendre
et de lire les unes parler des autres. Autrui me révèle
à moi. ce n'est pas moi qui le dit. C'est le philosophe.
|