Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.



KREDO
Bafousam à maux couverts

L'Hydre Bamiléké


Le ministre de l'administration territoriale a fait de la plus grande interview du cardinal Tumi ce qu'il voulait. A sa suite, nous voulons aussi en retenir ce que nous voulons. A chacun sa raison, sa sensibilité, et son bout de drap pour se couvrir sous le froid de l'interview. Lisez mes morceaux choisis de Jeune Afrique Économique.


J.A.E : dans ce qu'on a appelé l'affaire Wouking, quel était le véritable problème : que Mgr Wouking ne soit pas de la région de Yaoundé ou qu'il soit Bamiléké ?

C.T : Les deux....

J.A.E : Quand on dit qu'il existe un problème Bamiléké, comprenez-vous ce que cela veut dire ?

C.T : Pour bien comprendre le problème, il faut saisir la relation du Bamiléké avec les autres camerounais. Le Bamiléké est un travailleur. Il gagne de l'argent par son travail. le Bamiléké est au champ à 2 heures du matin et n'en revient qu'à 18 heures. Quand et comment vit-il, je n'en sais rien. Mais le Bamiléké est un gros travailleur. Et il est partout : dans les métiers intellectuels, dans le commerce... Et dans toutes les villes. Peut-on imaginer Douala ou Yaoundé sans les Bamiléké ? Non. Alors, cela suscite des jalousies. Comme, de plus, ils sont nombreux...

J.A.E : Justement, cet effet de nombre, cela peut inquiéter.

C.T : Peut-être. Les Bamiléké ont de grandes familles, alors que les autres communautés limitent les naissances.

J.A.E : N'y a-t- il pas aussi, confusément, le poids du passé, ce qui s'est produit dans l'Ouest au lendemain de l'indépendance et que certains souhaitent peut être enterrer ?

C.T : On ne peut pas enterrer ce peuple là ? Si vous en enterrer une partie, l'autre continue à se développer.

Voilà. Christian Tumi, premier et l'unique cardinal catholique du Cameroun vient de joindre Peyrefite, Mongo Beti, Houphouet Boigny... dans ce qu'il convient de classer sous le titre l'Eloge Bamiléké. Et même Ahidjo et Biya, chacun dans ses termes avait dit : Le Cameroun se fera avec l'Ouest... Ou ne se fera pas ! Le Bamiléké est élevé de son vivant au niveau du mythe. Comme l'hydre qui ne meurt pas, tant qu'elle ne rencontre dans sa vie un Hercule. Hercule, c'est cet homme qui, pour venir à bout de l'animal mythique, avait tranché toutes ses sept têtes (les sept département bami ?) d'un seul coup. Donc, si les Bamiléké se retrouvent un jour face à un Hercule aussi mythique et mystique, qu'ils se méfient ! Le Bami est hydre parce que " si vous enterrer une partie, l'autre continue à se multiplier ".

Que dire d'un Bamiléké paresseux ? Qu'il ne ressemble pas à un Bamiléké ! Ces jeunes qui passent le temps à flâner ont-ils compris ? Un paresseux perd son identité remarquable Bamiléké, car le dictionnaire de Tumi a un synonyme à GROS TRAVAILLEUR : BAMILEKE.

Et toutes ces affaires qui ne portent parmi les Bamiléké que de noms d'évêque : Dongmo dans le temps, Wouking aujourd'hui, qui demain , Sans doute Tumi, avec Verzekov et Awa avaient été classés ANGLO-BAMI dans une lettre incendiaire de 1987. Quelle est la relation entre l'église et les Bamiléké ? Pourquoi leurs évêques sont-ils le bout de leur iceberg ? Les évêques sont-ils le symbole socio-politique des Bamiléké ? Ces questions s'ajoutent à celle ci : quel est ce " poids du passé " dont on parle souvent à propos des Bamiléké ? Ce passé Bamiléké pèse-t-il ? Peut-être qu'il y a un rapport insoupçonné entre ce passé et le rôle des évêques ou de l'église ! On doit les soupçonner de pouvoir et de vouloir l'exorciser afin que le Bamiléké soit aussi viril qu'un homme circoncis prêt à servir l'amour. Qui a peur de l'amour, de la communion dans ce pays ? Et s'il en existe un seul, que veut-il faire avec la haine, contre qui, pour quoi ? Que c'est bon d'entendre et de lire les unes parler des autres. Autrui me révèle à moi. ce n'est pas moi qui le dit. C'est le philosophe.

 


 
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