Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.

Pouokam et Mekat 
au boulevard Wanko

 

Mekat : Kondré man, comment se portent les reines du chef ?

Pouokam : Bonjour jeune homme, le chef se porte bien, c’est suffisant.

Mekat : J’ai rencontré Tabakui par hasard l’autre jour au café de Magellan et il semblait me dire que la situation ne s’est pas beaucoup amélioré du côté de Bameka…

Pouokam : Que t’a-t-il dit d’autres ?

Mekat : Rien de plus que ce que je te dis là, il disputait la viande de porc avec Tà Ndeffo et n’a pas eu le temps d’être plus clair.

Pouokam : Tu n’avais qu’à attendre qu’il achève les ripailles pour te dire ce qu’il en est.

Mekat : Est ce qu’il peut pleuvoir quand les étoiles brillent dans le ciel ? S’il ne me le dit pas, toi au moins tu ne me laisseras pas sur ma soif.

Pouokam : A propos, justement, tu vois le bar en bas du monument non ? Je crois que si nous continuons la conversation là-bas, ma langue se déliera un peu plus.

Mekat : Si c’est du " bar des vétérans " que tu parles, pas de problèmes, allons y je connais la tenancière, elle me fera un crédit. Mais dis moi, c’est encore quoi cette affaire qu’on dit qu’un notable Bameka avait donné une panthère à son chef sans ses griffes et c’est cela qui l’aurait tué ?

Pouokam : Nous mêmes on cherche encore ce qui a tué Sa Majesté Pokam Mbuko Frédéric. Le soleil ne se couche pas à la chefferie après seulement quatre saisons. Quand une telle situation arrive c’est qu’un initié a léché ses mains des deux côtés avec les principes sacrés. C’est un cas grave qui se règle seulement avec le rite de l’ananas. Evidemment, tu ne peux pas comprendre de quoi il est question…

Mekat : Tu l’as dit, je croyais que tu m’expliquerais plus clairement cette histoire de panthère sans griffes.

Pouokam : Les secrets ne sont plus ce qu’ils étaient. Ecoute-moi bien. Dans notre mythologie à quoi renvoie la panthère ?

Mekat : Si j’ai bien retenu une de tes explications anciennes la panthère renvoie à la terreur.

Pouokam : exactement comme le lion, sauf que dans le cadre du lion, on estime que cette terreur se mue en puissance éclairée, c’est-à-dire susceptible du bien ou du mal d’être juste ou injuste selon. Tu comprends ? C’est pourquoi, on dit très souvent des chefs Bamiléké qu’ils sont des " Nom té ma ", c’est-à-dire des lions. Mais ils sont très souvent aussi des panthères sans qu’il soit nécessaire de te l’expliquer ici. Bon à quoi renvoie alors les griffes d’une panthère ?

Mekat : C’est le symbole de sa force…

Pouokam :… ou de sa terreur. Il n’est donc pas souhaitable de se dire panthère quand vous n’avez pas de griffes. Et le notable qui aurait donc fait du chef une panthère sans griffes l’a donc condamné à mourir de faim parce que à l’heure de la chasse, il lui était impossible de prendre quelque gibier que ce soit. Tu comprends ?

Mekat : Pas tout à fait !

Pouokam : Exactement comme Me Tsapy qui ne comprends pas que l’ancien préfet Eugène Moutit est ceinture noire de judo et qu’il peut toujours revenir à Bafoussam lui casser une ou deux dents.

Mekat : Et pourquoi, je ne connais pas cet ancien préfet comme un partisan des manières particulièrement fortes.

Pouokam : Continue à le penser, si j’ai bien écouté aux portes, des journalistes de Ouest Echos disent qu’il a appelé deux fois de suite à leur bureau pour contester les propos du président du conseil municipal de Bafoussam, propos contenus dans une interview qu’ils lui avaient accordée et dans laquelle, le patron du SDF à Bafoussam disait que le préfet Moutit leur avait mené la vie dure.

Mekat : ce qu’il conteste ?

Pouokam : Bien entendu. Dans sa version des faits, il explique qu’il avait refusé aux militants du SDF de faire leur réunion à la mairie pour garantir la neutralité des lieux. Il dit que dès le lendemain de leur victoire aux municipales de 1996, les conseillers du SDF avaient tout simplement planté leur drapeau à la mairie. D’autres parts, Samuel Mbou t’a déjà parlé de la méthode Tsapy ?

Mekat : J’ai souvent entendu Samuel Mbou se plaindre de ce que lors des réunions publiques quand Me Tsapy prend la parole, il insulte le régime avec son art oratoire consommé, mais après quand il remet son discours, on ne retrouve pas une seule trace des injures qu’il a professées. De sorte que lorsque le président du conseil municipal parle désormais, on ne se fit plus au discours qu’il remet à la fin de son propos mais plutôt à la transcription de ce qu’il a dit et que les journalistes de la CRTV enregistrent pour les besoins de la cause. Si c’est cela la méthode Tsapy, je l’ai effectivement déjà entendue.

Pouokam : C’est exactement ce que le préfet Moutit dit. Il explique aussi qu’il avait décidé de ne plus assister aux réunions ordinaires convoquées par le président du conseil municipal parce que à chaque fois, on insultait le chef de l’Etat dans ces manœuvres pièges et comme les renseignements sont ce qu’ils sont ici dehors, certains de ses collaborateurs étaient les premiers à aller dire que c’est lui qui a organisé.

Mekat : Bah, Me Tsapy n’a rien à craindre de ce retraité qui doit plutôt s’aménager ses vieux jours loin, très loin dans son village perdu dans la brousse du Haut-Nyong à l’Est. Le temps qu’il arrive ici, le voyage l’aura suffisamment et il ne sera plus à mesure de frapper qui que ce soit.

Pouokam : C’est là où tu fais erreur, jeune homme, le préfet Moutit n’a pas pris sa retraite à l’Est, mais plutôt dans le Mbam. Aux dernières nouvelles, il s’est installé à Bafia et pour ne rien perdre des nouvelles de l’Ouest justement, il s’est abonné à Ouest Echos chez le vendeur de journaux du coin qui les lui livre à chaque parution.

Mekat : Tu crois que Ahmadou Tidjani va aussi s’abonner à Ouest Echos quand il partira d’ici ? J’ai l’impression qu’il s’est bien attaché à la province et que la région va lui manquer un tout petit peu…

Pouokam : On n’y est pas encore, même si pour être en phase avec toi, je te rappelle que Tabakui m’a dit que le gouverneur Bell était ici ces derniers temps. Il venait semble-t-il pour des problèmes dans sa belle famille. Et à propos de Ouest Echos, justement, j’ai vu un de ses journalistes avec des " pieds rouges " l’autre jour à la chefferie. Ils ont beaucoup discuté avec le chef.

Mekat : Ces pieds rouges comme tu dis sont des journalistes suisses du quotidien " Le temps " qui paraît à Genève. Après avoir lu les nouvelles de Ouest Echos sur Internet, ils ont voulu découvrir cette région. C’était normal que les journalistes de journal du terroir les conduisent pour une visite guidée.

Pouokam : En dehors de mon chef, ils ont encore vu qui ?

Mekat : Les gars de Ouest Echos les ont amené au musée de la chefferie Bandjoun, là-bas le chef n’était pas là. Ils sont aussi partis à la découverte des grottes secrètes de Baham, là-bas ils sont tombés sur un meeting de Kontchou, le " ministre d’Etat des Baham " qui voyant des journalistes s’est affolé et a envoyé le commissaire spécial de Baham et le commandant de brigade pour les interpeller.

Pouokam : Le RDPC à Baham a peur de quoi ?

Mekat : Je ne sais pas, mais quand ces journalistes vont aller écrire dans leur journal à Genève que le Cameroun accueille mal ses touristes, on va crier à la mauvaise foi. Bye…

 


 
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