Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.



KREDO
Bafousam à maux couverts

Trois types Bami


A force de lire Ouest-Echos, nous dégageons trois types de Bamiléké. Pour ce, la colonne de la page 2 est très éloquente. On y retrouve dans un dialogue enchaînant trois caractères, trois personnages, trois têtes qui représentent l'essentiel Bami, l'espèce bamiléké, l'homme bamilekus. Il s'agit de Pouokam, de Mekat et de Tabakwe. Leur lieu de prédilection est la rue, endroit ouvert et public par excellence, où rien ne devrait ni se cacher ni se perdre. Cette rue a un nom : le boulevard Wanko, personnage non-fictif mort au nom de L'INDEPENDANCE du Cameroun de L'AFRIQUE, DES NOIRS. Ouest-Echos fait ainsi preuve de bon usage des sources et ressources locales pour garder vive la mémoire collective bami ou bamilekong. Et si chaque grande victime du Maquis-non de la longue guerre (1955-1970 de libération nationale- était ainsi mémorisée d'une façon ou d'une autre, comme WANKO immortalisé par la rue et popularité par Ouest-Echos.


Ceux qui lisent ce journal national d'informations régionales apprécient - ils à leur juste valeur la richesse à la bami des célèbres personnages qui se rencontrent chaque semaine au fameux boulevard Wanko ? Commençons par Pouokam. Deuxième enfant de roi dans chaque chefferie bamiléké ou Ngrafi, il est prince et notable de rang et de sang, né sans adultère ni cocuage sur une peau royale de grand fauve : panthère de préférence, ou lion, ou léopard, ou tigre..., totems symbolisant grandeur et protection du village. Parce qu'il peut devenir roi, il est donc gardien en puissance des us et coutumes et des buts villageois dans son sens noble. Mot à mot, c'est-à-dire syllabe à syllabe, POUOKAM est " le champignon de la noblesse ". Comme tout champignon, petite plante prisée fraîche ou sèche dans les mets traditionnels bami, il est bon à la bouche, appétissant. Pouokam est donc à écouter, tout champignon qu'il est, ou tout simplement champion villageois.
MEKAT, quant à lui, est le " blanc ", le prototype de l'intellectuel du citadin. En fait, MEKAT, littéralement, signifie " le voyageur ", " celui qui se promène ". C'est par dérivation sémantique impropre et tendancieuse qu'on le traduit paresseusement et communément par " blanc ". N'est-ce pas par l'amour de voyages que les blancs sont partis de chez eux pour l'Afrique avec leur école ? Parce qu'il a cette aptitude de bouger, de changer de lieu, MEKAT connaît et beaucoup de gens et beaucoup de choses. Type nomade, quand il rencontre POUOKAM le sédentaire Pouokam fier, il y a comme des étincelles entre leurs idées et croyances : la querelle des anciens et des modernes, du statu quo et de l'évolution prend corps et chair pour de nos oreilles dans les oppositions locales, régionales ou nationales. POUOKAM est l'émotion dans les oppositions locales, régionales ou nationales. Pouokam est l'émotion à la Senghor, le cœur, la défense.... MEKAT est la raison discursive, la tête, l'attaque.

Arrive alors un troisième larron pour assurer le milieu du jeu. C'est TABANKWE. Son rôle premier ne semble pas empêcher ou marquer des buts. Courroie de transmission, il joue entre les deux POUOKAM et MEKAT pour servir chacun ou séparer les deux en cas d'impasse. TABANKWE, étymologiquement, est " qui arrache, rougit pour prendre..., prend par force ". Ce personnage, entre les deux tendances faites de nationalisme (villagisme élevé au niveau national) et de patriotisme, essaye de s'imposer, d'imposer ses vues rares. Effectivement, il est rare dans ses interventions, comme si POUOKAM et MEKAT sont deux pôles majeurs, un couple antinomique pouvant se tenir sans enfant qui aurait 50 % des gènes de chacun de ses membres.

Voilà les personnages bami de Ouest-Echos qui couvrent la vie privée publique nationale dans leur région. Leurs commérages sont des morceaux choisis socio-culturel-économique-politique. Notre souhait est que, sachant qu'on les écoute, les lit...et les aime, qu'ils prolifèrent de l'espace à eux donné comme une chaise pour nous instruire davantage, et nous abreuver à vie de savoirs exquis non souvent bien acquis. Ecoutons-les. Comprenons-les.


 
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