Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.

Pouokam et Mekat 
au boulevard Wanko

Mekat : Te voilà enfin ! Et apparemment, tu es pressé ?
Pouokam : Oui, oui, ne me prends pas le temps. Je pars à Baleng pour mettre le nouveau maire sur la chaise.
Mekat : Je ne savais pas que les histoires du SDF intéressent ton chef. A moins que ce ne soit pour le vin et la nourriture, comme d'habitude.
Pouokam : Insulte nous toujours. Depuis que tu bavardes ton long français- là ici dehors, tu es déjà devenu quoi ? Continue à raconter partout qu'on est seulement à la chefferie pour manger.
Mekat : Excuse moi, mon cher prince je me demande seulement en quoi le remplacement de Kengne Gabriel par Tagne Ngueko Emmanuel à la tête de la mairie de Baleng t'intéresse, puisque je ne te connais ni militant du SDF...
Pouokam : ...Militant que quoi ? l'autre jour, me voilà au café Magellan. Il me donne un verre de Gandia avant même que ça entre dans ma bouche, voilà un Baleng qui vient me dire que c'est le frère de Mekeu qu'on va mettre sur la chaise de maire. Donc c'est pour ça que je pars à Baleng. Mais s'il y a le vin je bois.
Mekat : Je commence à comprendre. Mais avant d'y aller, tu peux dire où est passé ton chef ces derniers jours pour que tant de monde le cherchent ?
Pouokam : Est-ce que le chef, c'est le coq qui chante avant de se coucher ou de se lever ?
Mekat : Non. Mais tu ne réponds pas à ma question, quelqu'un m'a même dit qu'on a vu sa voiture passer avec uniquement le chauffeur à bord.
Pouokam : Si tu vois quelqu'un qui a la chose du chef, dis lui de venir me donner. on le cherche pourquoi ? N'est-ce pas même Fotso Victor... (apercevant Tabakwi) Hé, c'est qui ça ? Tu sors d'où ?
Mekat : En voilà un qui sait disparaître !
Tabakwi : Embrassez-moi, mes frères !
Pouokam : Vraiment ! Raconte !
Tabakwi : Il y a beaucoup à raconter. J'ai pris des vacances, et j'ai un peu voyagé. Ca fait souvent bien de voyager.
Pouokam : Gardes les choses que tu as ramenées pour les femmes et les enfants. Raconte seulement pour nous, après je vais même laisser le vin des Baleng.
Tabakwi : J'ai été frappé à Bandjoun par deux gros panneaux sur la nationale Douala Bafoussam sur lesquels est écrit " Avenue Paul Biya " Je me suis demandé pourquoi les Bandjoun avaient décidé de baptiser ce tronçon de route.
Pouokam : C'est ça les nouvelles de tes voyages ?
Mekat : Le boulevard ou l'avenue Paul Biya de Bandjoun est quelque chose de très sérieux. cette route mal faite, à propos de laquelle on répand beaucoup de contre vérité, et qui probablement ne change pas grand chose à Bandjoun, puisqu'on ne trouve toujours plus de taxi à Bafoussam pour y aller après 18 heures.
Pouokam : Laissez cette histoire de route pour parler les vraies choses. D'ailleurs même, on appelle ça pôt Mbià parce qu'on ne sait pas où on avait enterré le nombril du chef Kamga Manewa ?
Tabakwi : J'avoue aussi que je n'ai pas pu manger du porc à Tobè parce que les vendeurs n'y étaient plus. Sans doute, on ne veut pas qu'ils salissent l'avenue de son illustre patronyme.
Pouokam : C'est même bien. J'avais déjà dit au chef de chasser les enfants-là parce qu'ils volaient les porcs de gens pour venir brûler et vendre. Vraiment, il faut qu'ils quittent !
Mekat : Vous m'étonnez toujours, ton chef et toi ! Je ne serais attendu à ce que le maire Fotso Victor construise un bon marché de porc à la braise à cet endroit. il pourrait même y percevoir des impôts pour renflouer les caisses de sa mairie, comme Kekem ou Makénéné.
Tabakwi : Il semble que la commune du milliardaire n'a que foutre du menu fretin. Puisque chaque fois que les Lions gagnent, il fait des dons de millions, même si j'ai lu quelque part que les employés de la commune avaient des arriérés de salaires
Pouokam : Vous allez faire je perds partout
Mekat : Tu ne perds rien, mon cher prince. Parce qu'à la fin nous irons inaugurer le nouveau restaurant qui ouvre ses portes, à l'entrée de la chefferie.
Tabakwi : Cesse de taquiner notre grand ami. Il n'est quand même pas responsable de la pluie qui tombe même si le torrent sort de la chefferie ! Puisqu'il veut que je lui raconte les faits de mon voyage, je voudrais lui parler de Tokombéré.
Pouokam : Heuy ! Tonkom quoi ?
Tabakwi : Takombéré, à une soixantaine de kilomètre de Maroua. Tu n'es pas seul à croire que le monde se limite à la cour royale. A Tokombéré, les filles analphabètes se marient à 13 ans et accouchent beaucoup ; on ne mange que du couscous de mil et de la viande. Quand il pleut, tout est inondé alors que la longue saison sèche est toujours très rude. Il n'y a pas de travail pour les hommes.
Pouokam : Et puis quoi ? Est- ce que les gens de là-bas sont morts pour ça ?
Tabakwi : Il se trouve que c'est le village du président de l'assemblée nationale Cavaye Yeguié Djibril. J'ai failli mourir de soif là-bas, parce que mes amis ne buvaient que la bière. C'est d'ailleurs la seule chose qui semble rallier tous les suffrages dans ce village.
Pouokam : C'est seulement eux qui boivent ? N'est-ce pas Tà Souop a bu l'autre jour jusqu'à on a volé l'argent de remède de sa femme. mais je crois qu'il a bu avec.
Mekat : La morale de ton histoire, c'est que les camerounais ne connaissent pas leur pays, ensuite qu'il y a une pauvreté réelle qu'il ne suffit de discourir pour changer, fût- on président de l'assemblée nationale.
Pouokam : Le nouveau maire SDF n'est pas pauvre. Laissez-moi aller le boire et le manger. Salue ta femme, jeune homme !


 


 
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