Pouokam et Mekat
au boulevard Wanko
Pouokam : Pauvre frère, tu sais ce qui se passe
au quartier Locksa ?
Mekat : Locksa ? Locksa ? ce quartier se trouve où
?
Pouokam : Guè jè, Guè jè !
je vois, tu ne pouvais pas connaître. Locksa est un quartier
de Bafang
Mekat : Qu'est ce qui se passe là - bas ?
Pouokam : une bataille entre le RDPC et le SDF pour la
chaise du chef de quartier
Mekat : Certainement que le RDPC va remporter, puisque le
désignation des chefs de quartier est le gombo des sous-préfets.
Qui plus est, travaille à la solde du RDPC.
Pouokam : Erreur sur toute la ligne. Dans le cas d'espèce
la chaise est revenue au père d'un fervent militant du SDF...
Mekat : Je ne vois aucun mal. D'un s'il est un ancien dans
le quartier et de deux, il n'est pas établi que ce père
milite dans le même parti que son fils.
Pouokam : Tu dis tout ça parce que tu ne sais vraiment
pas les tenants et les aboutissants de cette affaire.
Mekat : Déroule toute l'histoire
Pouokam : Dans la succession du chef de quartier Locksa
resté vacant pendant une bonne période, le sous-préfet
a demandé aux postulants de déposer leur candidature.
8 candidats étaient en lice, et comme tu l'as dit, c'est
le gombo du gomna. Alors celui qui a bien fait manger le sous -
préfet est le fils du père qu'on a désigné.
Mekat : Où est le problème ? Certainement que
celui qu'on a désigné remplissait toutes les conditions
: ancienneté, probité, âge et était un
autochtone.
Pouokam : Cela crée un problème parce que
l'élu est du SDF et on accuse le sous-préfet de sacrifier
le RDPC au profit du SDF parce que le député Kwemo
l'a arrosé. En plus, on lui reproche de n'être pas
de ce coin, d'autant plus qu'il serait originaire de Batcheu.
Mekat : Tu crois que toute la combine que tu relèves
là pouvait se passer ainsi sans que le préfet ne l'en
empêche ?
Pouokam : En tout cas l'installation n'a pas eu lieu. Le
sous-préfet avait voulu la jumeler avec une campagne de distribution
du Mectizan pour lutter contre l'onchocercose. Juste après
la distribution des médicaments les populations ont quitté
les lieux, contraignant le sous-préfet à reporter
l'installation.
Mekat : Comme je sais que l'honorable Kwemo sait faire les
choses en grand, je dévine que le décor et le buffet
étaient à la hauteur de sa réputation.
Pouokam : Bien sûr, le chef et les notables Batcheu
avaient fait le déplacement, le préfet sortant qui
présidait le lancement de la campagne de distribution du
Mectizan était là. Sauf le député
Mekat : A Dschang aussi, Samedi dernier Sobgou Didi et le
préfet sortant Hamadou Vindjedou ont convoqué le congrès
de l'Aigle de Dschang, qui n'a finalement pas eu lieu parce que
les populations l'ont boycotté.
Pouokam : En tout cas le président Sobgou Didi dit
qu'il n'en a pas besoin pour gérer l'Aigle de Dschang. Il
dit à qui voudrait l'entendre qu'il met l'Aigle en première
division cette saison. Fais quoi, fais quoi !
Mekat : Je n'en doute, mais je sais ce qu'il a fait pour
hisser l'Aigle de Dschang à la tête du classement de
sa sous-poule.
Pouokam : Et puis, il se pourrait que le cercle des élites
Menoua de Douala a décidé de financer l'Aigle de Dschang
la saison prochaine pour le porter en 1ere division. A la seule
condition que Sobgou Didi passe la main.
Mekat : Autre chose comment s'est déroulé la
conférence de l'ANACC (Association Nationale Autonome des
Chauffeurs de taxis, cars et autobus du Cameroun) du 7 août
dernier sur le thème : " la corruption en milieu de
transport urbain et inter urbain " ?
Pouokam : Elle n'a pas eu lieu. A l'heure prévue
pour le début de la conférence, les organisateurs
se sont amenés avec des appareils pour se rendre compte que
la mairie de Samuel Mbou où devait se tenir la conférence
n'avait pas de lumière. Ils ont remis ça pour ce jeudi
avec l'appui du délégué des transports.
Mekat : Vraiment Mbou et son receveur municipal, Ngouleu
ont foutu cette mairie en l'air. Tu te rends compte, samedi dernier,
tout le monde pataugeait dans l'eau au hall de la mairie pour atteindre
la salle de délibération de la commune où avait
lieu la séance de travail de la passation de commandement
entre le préfet sortant et entrant.
Pouokam : Pourtant cette mairie a assez de rentrées
financières, mais l'on dit que le bordel qui s'y est installé
favorise les distractions. Et que récemment, il y a eu vent
d'un détournement des fonds, le préfet sortant a demandé
qu'on lui passe les documents pour qu'il signe l'ordonnancement
du paiement des salaires. Les gens ont pris peur.
Mekat : Il y avait de quoi, il n'est pas gestionnaire de
la mairie, même si les textes disent de lui qu'il est l'autorité
de tutelle des mairies de son territoire de commandement.
Pouokam : En tout cas, je ne m'y connais pas trop sur vos
affaires de long crayons là. Je ne dis que ce que j'ai entendu.
Mekat : Qu'est ce que tu as encore entendu ?
Pouokam : Rien de spécial, sinon que les responsables
de la police et de la gendarmerie et leurs éléments
ont décidé de fouler au pied les ordres que le gouverneur
a pris pour la bonne marche de sa province.
Mekat : Quoi ! Ce n'est pas vrai ça
Pouokam : Puisque je te dis. Lorsque le gouverneur Tidjani
est arrivé à la tête de cette province, il a
pris les mesures visant à calmer la grogne des transporteurs,
en programmant des barrières de police et de gendarmerie
sur les axes routiers, ceux - ci les ont mis en exécution
pendant les deux semaines où le patron de la province faisait
des descentes inopinées. et depuis là plus rien.
Mekat : Certainement que c'est cette programmation qu'il
veut remettre en exécution...
Pouokam : Effectivement, seulement cette fois, les hommes
en tenue n'entendent pas la respecter même pas pour une journée.
D'ailleurs, ils disent là-bas qu'il fait de l'agitation stérile,
puisqu'il sera muté dans les prochains mouvements des gouverneurs
et eux, ils resteront en poste.
Mekat : Ces mendiants publics et patentés, à
l'apparence bien portante m'ont dépassé. A bientôt
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