Lucie PEKOUA
Juriste
Soliloque sur les lois
Enfant naturel,
que faire pour être légalement reconnu ?
Notre chroniqueur
juridique se penche sur le cas pathétique d'une jeune fille
qui nous a saisi pour savoir ce qu'elle pourrait faire pour porter
le nom de son père. Eléments de réponses
Il y a 13 ans de cela Mademoiselle L V accouchait d'une fille, l'enfant
n'a pas été reconnu par son père biologique
marié à l'époque. Depuis plus de deux ans aujourd'hui,
cet enfant manifeste un grand intérêt de voir le nom
de son père figurer sur son acte de naissance, ce d'autant
plus que l'officier d'état civil de l'époque avait
noté sur l'espace réservé au nom du père,
" père inconnu ". La jeune fille connaît
son père, puisque ce dernier survient au payement de ses
frais de scolarité ; Elle nous a donc sollicité aux
fins de savoir comment elle pouvait faire pour rectifier légalement
cette mention et la remplacer par celle de son père biologique
sur son acte de naissance.
Le problème ici est celui de la reconnaissance d'enfant
naturel.
Selon un principe cher au droit de la famille la mère pour
l'enfant mineur ou l'enfant majeur peut, par une requête déposée
au Tribunal de Grande Instance ou de premier degré intenter
une action en recherche de paternité. C'est-à-dire
demander au juge d'établir que tel est le père de
l'enfant contre sa volonté.
A - Cas où l'action est intentée
par la mère de l'enfant
Pour la mère de cet enfant le délai aurait pu être
dépassé, car il est de deux ans à partir de
l'accouchement ou du jour où le père a cessé
de pourvoir à l'entretien de l'enfant. Cependant ce délai
ne peut lui être opposable puisqu'il est dit que le père
continue de s'occuper des frais de scolarité de sa fille
née hors mariage.
Il lui suffit tout simplement de prouver que ce père participe
à l'entretien et à l'éducation de l'enfant
en qualité de père. Ce qui est déjà
un acquis pour notre cas. Si cette condition n'était pas
possible, la mère de l'enfant devrait pouvoir remplir une
des conditions relatives à sa demande c'est-à-dire
: prouver qu'elle a été séduite ou enlevée
par le prétendu père pendant la période légale
de conception, ou des écrits émanant du prétendu
père établissent de manière non équivoque
un aveu de paternité, qu'elle a vécu avec le prétendu
père en concubinage notoire pendant la période légale
de conception.
Il est nécessaire tout de même de noter que ces arguments
peuvent être rejetés par le prétendu père,
qui peut prouver que pendant la période légale de
conception, la mère de l'enfant a vécu en concubinage
notoire avec d'autres amants et était d'une conduite peu
digne.
Qu'il n'est pas le père de l'enfant qu'on veut lui imposer
parce que pendant la période légale de conception
il était dans l'impossibilité physique d'être
le père.
B- Cas où l'action est intentée
par l'enfant
Dans notre cas, comme c'est l'enfant qui sollicite cette reconnaissance,
il lui suffit tout simplement d'attendre l'âge de la majorité
qui est fixée à 21 ans dans notre corpus juridique.
Etant devenu majeur il sera d'autant plus libre à le faire
et à comprendre la portée de son acte. Mais il est
nécessaire de lui rappeler que devenu majeur il ne dispose
que d'un délai d'un an pour intenter cette action en recherche
de paternité.
Puisque cet enfant émet le vux d'être reconnu
par son père biologique, et que ce dernier semble, par sa
participation à ses frais d'éducation accepter qu'il
est bel et bien le père de l'enfant, la situation serait
plus facile si le père lui même saisissait le tribunal
pour se voir rétabli dans ses droits, car la loi permet à
tout homme fut-il marié sous le régime monogamique
de reconnaître par jugement ou par déclaration devant
l'officiel d'état civil un enfant issu de ses uvres.
Il a été le plus souvent démontré
que nous arrivons à ces situations fâcheuses à
cause du chantage de la mère biologique ou de sa famille
qui pose comme préalable à la reconnaissance le mariage
entre les parents. Or faire un enfant avec une femme ne signifie
en rien qu'on veille l'épouser. Vivement que cette situation
soit rapidement réglée pour qu'on n'assiste plus à
des cas de pères connus devenus " inconnus " sur
l'acte de naissance.
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