Pouokam et Mekat
au boulevard Wanko
Mekat : Alors cher prince comment
va le chef?
Pouokam : Pas très vite, même
si nous vous savons nombreux à lui prédire des lendemains
lugubres.
Mekat : Pas moi voyons, tu ne m'y
mêleras pas dans vos querelles de terrain et je ne sais trop.
Pouokam : Si ce n'est toi, c'est
l'un des tiens. Mais je te rappelle que tous ceux qui ont des pensées
méchantes contre le roi Bafoussam et résidant sur
nos terres, cela se retournera contre eux.
Mekat : En tout cas, je ne suis
pas concerné, d'ailleurs que je n'ai pas de parcelle à
kouhekong...
Pouokam : D'accord, d'accord, mais
je puis vous assurer que cette affaire de kouhekong a permis au
chef de se rendre compte qu'il a toute sa communauté derrière
lui.
Mekat : Il y' a beaucoup d'hypocrites
qui changent d'avis dés qu'ils se retrouvent loin des regards
et des oreilles de ses congénères.
Pouokam : C'est qu'on verra avec
les prochaines élections municipales...
Mekat : Est-ce à dire que
fô Njitack Ngompé est encore prés à se
faire humilier?
Pouokam : Où vois-tu l'humiliation
au fait qu'il cherche à briguer un second mandat. N'as-tu
pas vu tout ce qu'il a réalisé à la tê
te de la mairie rurale?
Mekat : Je vois... il a construit
les ponts dans les zone rurale, il a recruté les enfants
,les vacances derniers pour les stages de vacances, il est entrain
de vouloir chasser les opposants à kouhekong, mais il n'a
rien fait pour ramener le siège de la mairie rurale de Bafoussam
à Bafoussam rurale. Il se plaît à Baleng et
si on l'expulsait aussi de ce territoire ou irait-il?
Pouokam : Je savais que tu étais
de ceux qui préfèrent des incantations et des propos
malveillantes contre le chef Bafoussam. Pourtant tout le monde est
unanime qu'il est dans ses droits...
Mekat : Seulement ce que nous condamnons
c'est la démarche xénophobe de ton chef, qui a manqué
de ruse et de diplomatie pour gérer les revendications de
ses populations.
Pouokam : Vous êtes tous de
ceux qui calomnient notre fô ici dehors, dans le seul but
de le discrédité aux yeux du sérail où
il était crédité des lendemains meilleurs,
avec une perspective de nomination à de hautes responsabilités
dans cette cité.
Mekat : En supposant que vos rêves
se réalisent... comme ceux que vous aviez de voir un des
vôtres ministre, c'était donc une raison suffisante
pour lui d'évier de se noyauter dans une aussi sale affaire
que celle-là.
Pouokam : De quelle saleté
tu fais allusion? Défendre notre patrimoine que tente de
nous soulager les allogènes, c'est pour toi une saleté?
Ceux-là même qui tentent de l'approprier vendent-ils
un centimètre chez eux?
Mekat : Mais eux au moins ont du
respect pour les autorités? N'as-tu pas appris qu'il a tenu
à ses populations un discours d'apaisement et de respect
de la décision des autorités...
Pouokam : Peut-être parce que
vous avez ouïe dire qu'une procédure de destitution
de votre chef était déjà engagée.
Mekat : Vous blaguez... Que le
vieux Koungou essaye je te jure c'est que le siège des institutions
partira de Bafoussam et les têtes de tous ces allogènes
qui nous cherchent noise vont tomber même mystiquement.
Pouokam : Bon, cesse de t'échauffer,
est-ce que tu sais que Racing va descendre ? Et jouera la saison
prochaine avec Kouoghap de Batoufam, l'équipe que dirige
le père de Njitap Géremie Sorel ?
Mekat : Qu'est ce que vous voulez
même aux Bafoussam, vous n'avez pas de terrain et vous venez
discuter notre terrain de Bamendzi. Et puis tu ne vois pas votre
Panthère qui est condamné de jouer la saison prochaine
dans la même sous-poule que Bahouoc de Bangangté...
Pouokam : Je te jure Panthère
ne va pas descendre, Vincent Nana, l'ancien président de
la Fécafoot est déjà sortie de prison, il va
trouvé une formule magique pour nous maintenir.
Mekat : J'allais oublier que vous
l'aviez annoncé comme un fils du Ndé... Je crois même
que c'est la raison pour laquelle les bé...tises l'ont envoyé
en prison.
Pouokam : Vous n'avez qu'à
faire de lui l'invité de marque de la 6e édition du
festival culturel Medumba.
Mekat : Les gens du Ndé
là me dépassent. Pendant que les richissimes élites
des autres départements développent leur localité
ici on organise des festivals sans substance, les Tonga font le
leur, après les Bangou, ensuite les Bazou, puis les Bassamba
et demain les Badounga et enfin les Bangangté.
Pouokam : Donc il y a une différence
entre les Bangangté et les Bassamba ?
Mékat : Bien sûr,
tout comme il y a une différence entre les Bafoussam et les
Bamougoum ou les Baleng.
Pouokam : Tu sais que Gérémie
Njitap a donné à boire dernièrement au quartier
Akwa de Bafoussam ? Et comme les gens n'attendaient que ça,
quelqu'un est venu porter mon litre de carton de Baron que mon beau
m'a offert parce qu'il croyait que c'est le vin de Njitap.
Mékat : Vraiment si c'était
moi il me redonnait un litre de vin...
Pouokam : C'est facile à dire
mais il faut les comprendre c'est lors des fêtes que les orphelins
se rassasient.
Mekat : Et où les débrouillards
se nourriront-ils lorsque les préfets sous le prétexte
d'une campagne d'insalubrité et d'assainissement détruisent
les maïs de nos mamans et les comptoirs des sauveteurs en bordure
des trottoirs ?
Pouokam : Je croyais que tu diras
que c'est encore le chef Bafoussam, heureusement que tu dis toi-même
que ce sont les préfets. Et puis il y a aussi Fotso Victor
qui a envoyé le caterpillar détruire les récoltes
des pauvres femmes vers le péage du pont du Noun, dans les
plantations qu'il avait abandonnées tout simplement en riposte
au problème de Kouhekong là vous n'avez rien dit.
Mekat : Justement, dans un café
de Bandjoun, j'ai suivi la conversation des hauts responsables de
ce département qui le déployait pour le décrier
avec ce que cela peut avoir comme conséquence sur son électorat.
Pouokam : Mais comme vous avez tous
peur de sa puissance personne n'ose le décrier à haute
et intelligible voix. C'est ainsi que les huissiers de la ville
saisis par le chef pour constater sa ressente violation de son domaine
à Bamendzi II que le MINUH avait attribué en concession
provisoire. Je me demande si le provisoire est institutionnalisé
définitif dans ce pays.
Mekat : Et qu'est-ce que tu croyais.
Si vous avez accepté de voir Bafoussam s'urbaniser comme
les grandes métropoles de Douala et Yaoundé il faut
accepter les conséquences. Tu crois que les Douala et les
Ewondo ont encore des terrains dans ces métropoles ? Nos
frères ont tout acheté et parfois usé de supercherie
pour s'accaparer du provisoire.
Pouokam : D'où l'anedocte
du terrain que nos frères mesuraient avec la fronde et de
leur expansion des espaces aériens.
Mekat : Nous parlons de Yaoundé
et Douala et c'est alors que je me rappelle que les écrans
noirs du cinéma francophone viennent de s'achever, mais je
me demande toujours pourquoi Bafoussam n'est pas associé
à cette fête des cinéphiles avec notre cinéma
l'empire.
Pouokam : Tu as aussi appris que
le budget va augmenter ? C'est sûr que Paul Biya va enfin
distribuer les fruits de la croissance. il avait annoncé
la crise on a vu la crise, mais depuis qu'il parle de croissance...
Mekat : On ne voit pas les fruits
de cette croissance. Mais je te rappelle que l'augmentation du budget
signifie qu'il faudra multiplier les sources de revenus c'est-à-dire
étendre l'assiette fiscale et passer à la répression
fiscale.
Pouokam : C'est à dire que
Magni va payer l'impôt pour son comptoir de piment placé
devant la porte...
Mekat : Pourquoi pas, si les enfants
qui déambulent avec les bibelots pour préparer la
rentrée ou ceux qui poussent pour les mêmes buts payent
à plus forte raison.
Pouokam : Je comprends pourquoi l'exil
fiscal s'accélère chez les opérateurs économiques
de Bafoussam et de l'Ouest en général.
Mekat : Donc ce que j'entends là
est vrai ... ?
Pouokam : Reste là...
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