KREDO
Bafousam à maux couverts
Feuilles
de macabo
Si on t'insulte " espèce de feuille de macabo ",
c'est que tu es non seulement inutilement généreux,
mais à la limite très stupide, et presque mort. L'observation
ancestrale bamiléké a consacré dans les langues
de ses villages la feuille de macabo comme l'imbécile des
plantes. Pour la simple raison qu'elle recueille l'eau nécessaire
à sa tubercule, et sert la voisine avec ! Et même quand
il n'ya pas de voisine, elle la verse ailleurs que sous elle où
sa tubercule (le macabo ou le taro) attend le ravitaillement en
eau, pour ne pas étouffer sans terre !
Nous avons choisi cette feuille de macabo pour parler des gens
qui ne pensent pas à eux-mêmes, et qui arrivent même
à embarrasser ceux pour qui ils démontrent et montrent
tant de générosité. Parfois, ces gens qui,
bêtement altruistes, ne " pensent pas eux-mêmes
", quand on parle d'eux, je les cherche et ne les vois qu'en
ces bamilékés du Cameroun. Aurai-je tort que personne
ne m'en voudra tellement parce qu'elle aura aussi réfléchi
pour trouver le rythme de développement assuré par
les bamilékés ailleurs dans la république est
plus soutenu que chez eux.
N'est-ce pas très timidement que les super marchés
sont arrivés à Bafoussam ? Quels sont ceux qui gèrent
la quasi totalité des taxis de ville ailleurs ? Manquent-ils
d'ingéniosité pour introduire ce genre de business
dans toutes leurs villes à l'Ouest ? Ailleurs, ces chauffeurs
corrompent moins les policiers et gendarmes de la route, et dépensent
plus chez eux. Nous sommes d'accord que l'Ouest soit une vache à
lait, mais ses habitants ont aussi le droit à ce lait. Nous
refusons de voir même leurs seins maigres tombant sous l'aisselle
et générant des manques et des souffrances pour eux.
Les cars de transport public sont ici surchargés jusque dans
les malles arrières. Les Bamilékés se font
du mal à eux-mêmes comme s'ils étaient des feuilles
de macabo ! Et après, ils ont assez de mots pour se plaindre
à Dieu et au dieux soupçonnés d'avoir créé
moins d'ordre, de régularité chez eux. Pourquoi ne
pas imiter Fotso Victor qui, à la question de savoir s'il
était très riche, il avait répondu : "
Si je dis que je ne suis pas riche, Dieu sera-t-il content ? ".
Les Bamiléké doivent accepter et prouver qu'ils sont
de ceux qui ont assez de facilités, de moyens et de volonté
au Cameroun. S'ils attendent l'Etat chez eux pour mieux remplacer
ce même Etat ailleurs, il ne leur restera qu'à se blâmer.
Nous savons que les choses bougent et changent positivement. Elles
ne devraient pas se limiter à faire de Bafoussam la capitale
des " occasions " ou friperie. Ceci risque de faire croire
aux jeunes Bami que tout ce qui est neuf n'est pas à leur
portée, est interdit ! Bafoussam devrait être la capitale
des belles occasions, c'est-à-dire des opportunités
dans tous les domaines. Pour ce, cette province a besoin de nourrir
d'eau qu'elle recueille de la pluie divine sa propre tubercule qui
croît sous elle. Tous les Européens, grecs, libanais
et même nigérians qui travaillent au Cameroun rentrent
le bénéfice de leur sueur chez- eux. Chacun devrait
en faire autant de l'intérieur ou de l'extérieur du
pays. ce n'est ni égoïsme, ni chicheté. N'est-
ce pas sale que de ne pas sucer son doigt quand on nourrit l'enfant
? Et le cuisinier du chef mange-t-il autre chose que le chef ? N'est-il
pas à vue d'il d'ailleurs plus gros que son patron
qui n'entre presque jamais à la cuisine ? Feuille de macabo,
si on t'appelles ainsi, tu meurs !
|