Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.



KREDO
Bafousam à maux couverts

Feuilles de macabo


Si on t'insulte " espèce de feuille de macabo ", c'est que tu es non seulement inutilement généreux, mais à la limite très stupide, et presque mort. L'observation ancestrale bamiléké a consacré dans les langues de ses villages la feuille de macabo comme l'imbécile des plantes. Pour la simple raison qu'elle recueille l'eau nécessaire à sa tubercule, et sert la voisine avec ! Et même quand il n'ya pas de voisine, elle la verse ailleurs que sous elle où sa tubercule (le macabo ou le taro) attend le ravitaillement en eau, pour ne pas étouffer sans terre !

Nous avons choisi cette feuille de macabo pour parler des gens qui ne pensent pas à eux-mêmes, et qui arrivent même à embarrasser ceux pour qui ils démontrent et montrent tant de générosité. Parfois, ces gens qui, bêtement altruistes, ne " pensent pas eux-mêmes ", quand on parle d'eux, je les cherche et ne les vois qu'en ces bamilékés du Cameroun. Aurai-je tort que personne ne m'en voudra tellement parce qu'elle aura aussi réfléchi pour trouver le rythme de développement assuré par les bamilékés ailleurs dans la république est plus soutenu que chez eux.

N'est-ce pas très timidement que les super marchés sont arrivés à Bafoussam ? Quels sont ceux qui gèrent la quasi totalité des taxis de ville ailleurs ? Manquent-ils d'ingéniosité pour introduire ce genre de business dans toutes leurs villes à l'Ouest ? Ailleurs, ces chauffeurs corrompent moins les policiers et gendarmes de la route, et dépensent plus chez eux. Nous sommes d'accord que l'Ouest soit une vache à lait, mais ses habitants ont aussi le droit à ce lait. Nous refusons de voir même leurs seins maigres tombant sous l'aisselle et générant des manques et des souffrances pour eux. Les cars de transport public sont ici surchargés jusque dans les malles arrières. Les Bamilékés se font du mal à eux-mêmes comme s'ils étaient des feuilles de macabo ! Et après, ils ont assez de mots pour se plaindre à Dieu et au dieux soupçonnés d'avoir créé moins d'ordre, de régularité chez eux. Pourquoi ne pas imiter Fotso Victor qui, à la question de savoir s'il était très riche, il avait répondu : " Si je dis que je ne suis pas riche, Dieu sera-t-il content ? ". Les Bamiléké doivent accepter et prouver qu'ils sont de ceux qui ont assez de facilités, de moyens et de volonté au Cameroun. S'ils attendent l'Etat chez eux pour mieux remplacer ce même Etat ailleurs, il ne leur restera qu'à se blâmer.

Nous savons que les choses bougent et changent positivement. Elles ne devraient pas se limiter à faire de Bafoussam la capitale des " occasions " ou friperie. Ceci risque de faire croire aux jeunes Bami que tout ce qui est neuf n'est pas à leur portée, est interdit ! Bafoussam devrait être la capitale des belles occasions, c'est-à-dire des opportunités dans tous les domaines. Pour ce, cette province a besoin de nourrir d'eau qu'elle recueille de la pluie divine sa propre tubercule qui croît sous elle. Tous les Européens, grecs, libanais et même nigérians qui travaillent au Cameroun rentrent le bénéfice de leur sueur chez- eux. Chacun devrait en faire autant de l'intérieur ou de l'extérieur du pays. ce n'est ni égoïsme, ni chicheté. N'est- ce pas sale que de ne pas sucer son doigt quand on nourrit l'enfant ? Et le cuisinier du chef mange-t-il autre chose que le chef ? N'est-il pas à vue d'œil d'ailleurs plus gros que son patron qui n'entre presque jamais à la cuisine ? Feuille de macabo, si on t'appelles ainsi, tu meurs !


 
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