Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.


Opinion
La question Bamiléké ne doit pas se tromper de réponse

Depuis Dschang, Monsieur Fomi Albert Claude, fonctionnaire retraité et lecteur fidèle de Ouest Echos apporte sa part de contribution au débat soulevé par l'interview du cardinal Tumi au bimensuel africain " Jeune Afrique Economique " et surtout aux réactions qu'elle a suscitées.

Monsieur le directeur,

J'ai lu avec grand intérêt dans l'Edition N° 157 du 18 au 24 octobre 2000 de votre journal, l'article intitulé : " Le cardinal Tumi met les pieds dans les plats ", s'agissant du passage de son interview à Jeune Afrique Economique sur l'ardeur et le dynamisme au travail des Bamiléké, qualités qui leur ont toujours valu plus de jalousie et de rancœur que d'admiration et d'encouragement.

En guise de ma contribution pour une globale connaissance des causes des malheurs que subissent les Bamiléké et des souffrances qu'ils endurent au cours de leur existence, et pour être objectif dans nos analyses et conclusions, je vous prie de publier mes observations ci-après, extraites d'un livre que j'écris intitulé " Les Bamiléké et la politique au Cameroun ".

(...) Comme l'a écrit le révérend père Engelbert Mveng en soulignant le caractère propre de l'homme Bamiléké, son esprit d'entreprise et son sens de l'économie ne comptent guère de concurrents sous les tropiques.

(...) Cependant, si au plan économique les Bamiléké sont des géants, au plan politique, ils sont restés des nains pour n'avoir jamais réussi à s'imposer dans ce domaine, en se contentant d'appuis aux autres tant du pouvoir que de l'opposition suivant les circonstances. Si par ailleurs leur identité et leur réussite sont universellement reconnues dans les affaires, leur manque de cohésion, d'entente et de vision claire au plan politique est déplorable.

(...) En effet, comme nous le savons, après le grand virage de l'indépendance, le Cameroun traverse aujourd'hui un nouveau tournant décisif se don histoire : c'est celui de la démocratie. Comme à la veille de l'indépendance les Bamiléké avaient suivi massivement l'UPC dans la rébellion suicidaire, ils se sont une fois de plus embarqués sans discernement dans des partis politiques et s'y maintiennent de manière obscurantiste, pendant que ceux qui veillent et observent l'évolution, adoptent à temps des attitudes conséquentes. Certains diront que c'est parce que le Bamiléké sait faire confiance et respecte ses amitiés, ses accords et ses engagements. Or, en politique plus que dans tout autre domaine, la confiance n'est jamais totalement, ni définitivement donnée ou acquise, Puisqu'elle, la politique, est essentiellement l'art de la ruse. car la politique est comme le vent qui change constamment de sens ou de direction. C'est pourquoi elle exige beaucoup de vigilance, ainsi qu'une grande faculté d'adaptation. Tout cela semble manquer chez bon nombre de Bamiléké, ce qui les met souvent à la traîne des autres lorsqu'ils se réveillent par surprise chaque fois trop tard, pour courir derrière des trains déjà en allure, comme ce fut le cas sous le règne d'Ahmadou Ahidjo. C'est ainsi qu'après avoir combattu le régime d'Ahidjo, les Bamiléké reconnurent rapidement leur incapacité à poursuivre longtemps la lutte, et durent consentir de lourds sacrifices pour rétablir la confiance entre eux et le pouvoir. A cet égard, non seulement ils contribuèrent matériellement, financièrement, et par des investissements humains au rayonnement du parti du chef de l'Etat, l'U.C. puis l'U.N.C., mais également ils furent les premiers et presque les seuls à édifier par leurs moyens propres des somptueuses permanences du parti unique, avec une magnifique et moderne maison du congrès à Bafoussam, capitale provinciale de l'Ouest pour la tenue du congrès de l'U.N.C. de 1980, après avoir financé celui de l'U.C de 1965.

(...) La leçon à tirer de toutes ces considérations est qu'il appartient à chaque Bamiléké individuellement ou collectivement, d'avoir une vision politique claire sur la situation et l'évolution nationale et internationale, afin de se déterminer et d'agir fort opportunément, sans jamais perdre de vue le proverbe de chez nous qui dit qu'on n'enlève pas la viande de la gueule d'un fauve avec le couteau, mais en y substituant doucement la moelle de bananier. Il en est de même de la parole du philosophe Chinois qui avait dit : " Peu importe qu'un chat soit blanc ou noir, pourvu qu'il attrape les souris.(...) "


Fomi Albert-Claude
Fonctionnaire Retraité
Dschang


CONTACTS
 
ANNONCES
 


Ouest Echos home page