Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
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Alain NANFACK

Dschang
Le préfet aboie sur des syndicalistes

La deuxième phase de la grève des enseignants décidée par le syndicat national de l'enseignement secondire (SNAES) et le syndicat national de l'enseignement primaire, maternel et normal (SNEPMA-FESER) a connu une note particulière à Dschang les 9 et 10 octobre dernier. Monsieur le préfet Gilles Mout Ebang ayant cru devoir apporter une étincelle de plus à une poudrière déjà surchauffée.

 

Une dizaine d'enseignants ont été arrêtés à Dschang sur ordre du préfet de la Menoua au cours d'une réunion par lui convoquée. Leur crime est d'avoir refusé de lever le mot d'ordre de grève en cours depuis le 25 septembre dernier dans le primaire et le secondaire. Il s'agit de MM Simo Pierre, Kafo Fokou Roger, Zemfack Maurice, Jiope Polycarpe, Mendjiadeu Ambroise, Fogang Richard, Tindo Rostand et Penoguem Jean Pierre. Comme une traînée de poudre, la nouvelle s'est répandue dans la ville et dès le lendemain à 7 heures, près de 200 enseignants étaient mobilisés devant la délégation du Minéduc pour exiger la libération inconditionnelle de leurs camarades transférés la veille directement du bureau de Monsieur le préfet à la prison de Dschang. Celle-ci est intervenue aux environs de 17 heures ce même jour à la satisfaction des enseignants qui ont profité de l'occasion pour remobiliser leurs troupes.

Vindicte populaire
Quelques jours avant ces arrestations, des tracts d'une nébuleuse association dénommée " association des parents pour la défense des droits d'élèves des écoles et lycées de la Menoua " (inconnue à la préfecture) ont circulé dans la ville et promettaient l'enfer aux " grévistes " s'ils n'arrêtaient pas immédiatement leur " grève illicite ". Selon les initiateurs de ce brûlot, si les enseignants qui sont selon eux aux petits soins dans la Menoua persistaient, il faudrait les déloger " même avec force des maisons pour qu'ils aillent à Yaoundé ".
L'honorable Tadonkeng Maurice, député SDF de la Menoua et Sonkin Etienne, maire de la commune urbaine de Dschang (tous deux enseignants) se sont dits particulièrement choqués par cet acte qu'ils ont qualifié de " barbarie ". Selon le maire, certains individus nourrissant des ambitions politiques seraient en train de se positionner pour les élections à venir et chercheraient donc à casser tous les foyers de contestation politique ou sociale avant cette échéance. Les observateurs avertis du microscome politique de la Menoua n'ont pas hésité à pointer du doigt le préfet et le délégué départemental de l'éducation.

Par ailleurs, on signale que les syndicalistes ont engagé une riposte pour laver ce qu'ils qualifient d'affront contre leur profession. Un huissier de justice a d'ailleurs été commis pour constater l'abus d'autorité du sieur Mout Ebang et une procédure serait en train d'être enclenchée auprès des tribunaux compétents. En attendant d'en savoir davantage, on peut signaler que dès le mardi matin, Jean Kamdem, le secrétaire général du SNAES avait entrepris des démarches multiformes à Yaoundé pour obtenir la libération de ses camarades. Les ambassadeurs de France France Etats-Unis ainsi que le Minéduc, le Premier ministre et les représentations de la Banque mondiale ont été de même saisis.

 


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