Alain NANFACK
Dschang
Le préfet aboie sur des syndicalistes
La deuxième phase de la grève des
enseignants décidée par le syndicat national de l'enseignement
secondire (SNAES) et le syndicat national de l'enseignement primaire,
maternel et normal (SNEPMA-FESER) a connu une note particulière
à Dschang les 9 et 10 octobre dernier. Monsieur le préfet
Gilles Mout Ebang ayant cru devoir apporter une étincelle
de plus à une poudrière déjà surchauffée.
Une dizaine d'enseignants ont été arrêtés
à Dschang sur ordre du préfet de la Menoua au cours
d'une réunion par lui convoquée. Leur crime est d'avoir
refusé de lever le mot d'ordre de grève en cours depuis
le 25 septembre dernier dans le primaire et le secondaire. Il s'agit
de MM Simo Pierre, Kafo Fokou Roger, Zemfack Maurice, Jiope Polycarpe,
Mendjiadeu Ambroise, Fogang Richard, Tindo Rostand et Penoguem Jean
Pierre. Comme une traînée de poudre, la nouvelle s'est
répandue dans la ville et dès le lendemain à
7 heures, près de 200 enseignants étaient mobilisés
devant la délégation du Minéduc pour exiger
la libération inconditionnelle de leurs camarades transférés
la veille directement du bureau de Monsieur le préfet à
la prison de Dschang. Celle-ci est intervenue aux environs de 17
heures ce même jour à la satisfaction des enseignants
qui ont profité de l'occasion pour remobiliser leurs troupes.
Vindicte populaire
Quelques jours avant ces arrestations, des tracts d'une nébuleuse
association dénommée " association des parents
pour la défense des droits d'élèves des écoles
et lycées de la Menoua " (inconnue à la préfecture)
ont circulé dans la ville et promettaient l'enfer aux "
grévistes " s'ils n'arrêtaient pas immédiatement
leur " grève illicite ". Selon les initiateurs
de ce brûlot, si les enseignants qui sont selon eux aux petits
soins dans la Menoua persistaient, il faudrait les déloger
" même avec force des maisons pour qu'ils aillent à
Yaoundé ".
L'honorable Tadonkeng Maurice, député SDF de la Menoua
et Sonkin Etienne, maire de la commune urbaine de Dschang (tous
deux enseignants) se sont dits particulièrement choqués
par cet acte qu'ils ont qualifié de " barbarie ".
Selon le maire, certains individus nourrissant des ambitions politiques
seraient en train de se positionner pour les élections à
venir et chercheraient donc à casser tous les foyers de contestation
politique ou sociale avant cette échéance. Les observateurs
avertis du microscome politique de la Menoua n'ont pas hésité
à pointer du doigt le préfet et le délégué
départemental de l'éducation.
Par ailleurs, on signale que les syndicalistes ont engagé
une riposte pour laver ce qu'ils qualifient d'affront contre leur
profession. Un huissier de justice a d'ailleurs été
commis pour constater l'abus d'autorité du sieur Mout Ebang
et une procédure serait en train d'être enclenchée
auprès des tribunaux compétents. En attendant d'en
savoir davantage, on peut signaler que dès le mardi matin,
Jean Kamdem, le secrétaire général du SNAES
avait entrepris des démarches multiformes à Yaoundé
pour obtenir la libération de ses camarades. Les ambassadeurs
de France France Etats-Unis ainsi que le Minéduc, le Premier
ministre et les représentations de la Banque mondiale ont
été de même saisis.
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