Noël NGAHANE
Réunions familiales
Le week-end rouge tient ses promesses
Selon des estimations faites auprès
des agences de transport de la place, plus de 100.000 personnes
ont visité la province de l'Ouest le week-end dernier. Réunions
familiales obligent.
" J'ai l'impression que Bafoussam a plus d'un million d'habitants
aujourd'hui ! " s'exclamait notre aîné et
confrère Célestin Lingo plutôt impression par
l'agitation qui animait Bafoussam vendredi dernier. Une agitation
en quelque sorte traditionnelle en cette période de l'année.
Et plus précisément en ce long week-end de la fête
de l'Assomption que les nombreux patriarches de notre terroir mettent
à profit pour convoquer les réunions familiales. Les
Bamiléké y tiennent en effet. " Ne comptez pas
sur moi pour éteindre ma famille. " se justifiait une
connaissance plutôt désargentée à qui
nous demandions s'il était vraiment obligé d'effectuer
ces voyages qui le ruinent. Les sociologues ont en tout cas matière
à réflexion pour témoigner de l'implication
des éléments culturels sur la forte activité
économique et touristique de l'Ouest en cette période
de l'année.
Certains de ceux qui sont venus, l'ont été de très
loin, à l'instar du président de la section du SDF
de France qui a eu la gentillesse de visiter notre rédaction.
En fait, nos lecteurs se souviennent que depuis deux ans en tout
cas, la rédaction de Ouest Echos a baptisé ce week-end
du 15 août, " le week-end rouge " en raison de la
forte activité des transports qu'elle génère
et de la pression qui s'en suit sur les Prix des places dans les
cars. Depuis deux ans, nous avons en effet coutume d'alerter nos
lecteurs appelés à se rendre à l'Ouest de l'intérêt
qu'ils ont de partir un peu plus tôt pour éviter justement
les embouteillages des week-end. Cette année, nous avons
dérogé à l'avertissement après avoir
estimé que l'entrée des nouveaux opérateurs
dans le secteur, et en particulier l'agence " Bon pied la route
" qui s'était offert le luxe de sortir une trentaine
de nouveaux bus juste avant les vacances scolaires, contribuerait
à décanter la situation. Las ! A l'arrivée,
on a l'impression que plus il y a des possibilités de voyager
et plus on voyage.
Des pointages fait tant auprès des grosses agences de transport
telles que Binam voyages, Confort Voyage, Kami Express, Bon pied
la route, Castor Voyages, Grand Mifi Voyages ou Safari Voyages,
indiquent que l'Ouest a accueilli plus de 100.000 visiteurs ce seul
week-end de l'Assomption. Une estimation qui en fait un chiffre
minimum., tant il faut compter les familles qui se sont déplacées
à bord de leurs voitures.
La pression n'a pas baissé un seul moment dans les agences
de transport en partance pour l'Ouest. Dès les premières
de la journée de vendredi, il fallait débourser 3500
francs dans les agences de Confort Voyage et Binam au quartier Tongolo
de Yaoundé. A partir de 10 heures, la pression grimpait de
plusieurs points obligeant les passagers à payer 5.000 francs
pour des places traditionnellement acquises à 2500 francs
voire 2000 francs. A Bonaberi, la banlieue de Douala où les
cars chargent pour l'Ouest, les prix avaient de même été
bloqués à 5.000 francs dès les premières
heures de la matinée, obligeant les responsables de Binam
Voyages qui viennent de se lancer sur ce parcours à revoir
leur méthode de travail. " Nous avons commencé
cette ligne avec une rotation de 10 bus, mais ce week-end il nous
en faut le triple pour satisfaire notre clientèle ! "
confie un chargeur en livrée verte aux couleurs de sa compagnie.
En face Kami Express ploie sous la pression des passagers "
Souvent, nous prenons des passagers aux petites compagnies, mais
aujourd'hui nous sommes prêts à leur en donner, si
bien sûr elles ont encore des cars libres " lance malicieux
le chef d'agence. " Ah si tous les jours pouvaient être
comme cela " soupire le responsable de l'agence de " Bon
pied la route ". Bref, les transporteurs font des affaires
lors du week-end rouge. Sur le dos des consommateurs, en attendant
les périodes de vaches maigres quand les vacances seront
terminées, pour se mettre au régime sec.
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