Le Point de la Situation
Tout ce que Ahmadou Tidjani a dit aux journalistes
Pour sa première sortie, le Club Médias
Ouest avait choisi Ahmadou Tidjani, comme son premier invité.
Face à la presse, le Gouverneur de la province de l'Ouest
n'a pas déçu ceux qui disent de lui qu'il a un franc
parler déroutant. Et c'est un euphémisme ! Sans qu'on
sache trop pourquoi, les journalistes (pour ceux qui étaient
présents) avaient été trop frileux et en tout
cas réservés pour ne pas brusquer leur invité
à cette première expérience, ils en ont eu
pour leur circonspection, puisque Ahmadou Tidjani dans les propos
que vous allez suivre n'a pas manqué à chaque fois
d'aller au-delà des questions qui lui étaient posées.
Et chacun d'en recevoir pour son grade. Les réponses ci-dessous
sont classées par thèmes abordés. On sera un
peu plus complet en relevant que la troisième mi-temps a
été longuement arrosé par le service traiteur
de l'hôtel MEUYOU qui n'a pas fait d'économies pour
plaire aux journalistes et à leur invité.
I - Journée de l'excellence
a) L'esprit
L'institution de la journée de l'excellence depuis 2ans
est partie d'abord d'un constat dans le fonctionnement des services
publics. Constat qui part des effets néfastes de la crise
économique dont l'un des corollaires est la perturbation
du moral et l'état d'esprit des fonctionnaires et des agents
publics avec comme nous le savons toute la chute drastique de leur
pouvoir d'achat à travers la diminution des salaires dans
la fonction publique et des autres avantages liés au travail
dans certaines institutions. Fort de ces effets néfastes
il s'est instauré dans l'administration en général
la démobilisation et le découragement. A mon arrivée
à la tête de la province j'avais reçu entre
autre mission l'animation permanente de l'administration enfin de
l'emmener à répondre aux rôles à elle
assignées par les pouvoirs publics. C'est alors que j'ai
commencé à me pencher sur la démotivation du
personnel à mon petit niveau en attendant une action globale
du gouvernement. Et pour cela j'ai décidé d'entreprendre
des petites initiatives qui auront pour but de stimuler et encourager
les agents publics dont j'ai la charge de gestion. C'est ainsi que
j'ai pensé à cette journée de l'excellence,
qui est en plus un moyen pour moi de renforcer les relations entre
les agents et les responsables car comme vous le savez tous il n'est
pas donné à tous les agents de rencontrer le gouverneur.
Et même vous conviendrez avec moi qu'il y a des délégués
provinciaux qui ne sont pas en contact avec leurs agents, dans la
mesure où, chose curieuse, vous l'aviez vu les meilleurs
agents ont été trouvés pour la plupart au bas
niveau de l'échelle de travail dans la fonction publique.
b) Critères de sélection
S'agissant des critères de sélection, ils ont été
clairement définis à travers un arrêté
que j'ai pris pour instituer cette journée, en lui donnant
ce cadre juridique et en créant des commissions d'évaluations
auxquelles ont été assignées les objectifs.
Et globalement les critères retenus pour évaluer les
agents sont les critères connus de notation dans la fonction
publique à savoir : la ponctualité, l'assiduité,
l'accueil, les rapports entretenus au niveau des services c'est-à-dire
le respect de la hiérarchie, le respect des collaborateurs
et de tous les usagers, bref ce sont les critères traditionnels
d'évaluation des agents dans la fonction publique qui ont
été retenus.
c) Innovations observées
Les innovations observées à cette 2e édition
procède de notre volonté d'élargir le champ
d'action de cette journée. Puisque en la concentrant uniquement
aux agents vous conviendrez avec moi de ne pas avoir les effets
escomptés. Etant entendu que l'évaluation du bon fonctionnement
du service publique ne s'arrête pas seulement à l'agent.
C'est pourquoi nous nous sommes dits quand même qu'il était
temps d'étendre ses actions sur les autres services qui utilisent
ces agents. Parce que lorsqu'on dit généralement agent,
les responsables ont tendance à laisser la compétition
au niveau des agents. Je me suis dit qu'en instituant la propreté
cela va impliquer tous les responsables, tout comme le critère
de bon accueil va pousser les responsables des services à
s'intéresser aussi à ce qui se passe dans leur service.
C'est donc là les petites innovations que nous apportons
chaque fois pour rendre cette journée plus gaie dans son
ensemble.
d) Innovations de l'édition prochaine
Bien, comme je l'ai annoncé dans mon allocution lors de
la journée, je disais que l'année prochaine nous tendrons
aussi vers le sport. Qui comme vous le savez constitue un élément
galvanisateur pour les uns et les autres, parce que dans tous les
cas le délégué provincial de l'agriculture,
je le cite ici en exemple, ce n'est pas sûr qu'il connaît
tous les personnels de l'administration pénitencière.
Or je crois qu'un jour lorsque l'administration pénitencière
va se frotter avec l'équipe de la délégation
provinciale de l'agriculture cela va renforcer davantage les cadres
de ces deux services
e) Financement
Le financement de cette journée provient essentiellement
des contributions des délégués provinciaux
et chefs de services provinciaux. Et ceci sur une base concertée.
Je crois que dès la première rencontre nous avions
envisagé les voies et moyens de financer cette journée.
L'année passée je crois c'était à 150.000
f cfa par délégation et service provincial, et cette
année les délégués eux-mêmes ont
accepté d'augmenter cette contribution portée à
200.000 f cfa. S'agissant de la gestion ce n'est pas le secrétaire
général de la province comme on a tendance à
le dire qui a géré cet argent. Il y a les commissions
qui étaient chargées de la gestion transparente des
moyens mis à leur disposition sous le contrôle du gouverneur.
Je crois donc que ces commissions doivent rapidement se réunir
si ce n'est pas encore fait pour faire un bilan de l'exécution
du budget et de rendre compte de certaines défaillances constatées.
J'ai entendu par ci, par là que le champagne était
mauvais, qu'il a été acheté au quartier ainsi
de suite, mais je dis quand même que si ce sont les délégués
qui le disent c'est que c'est eux-mêmes qui sont allés
acheter un tel champagne, en tout cas ce n'est pas le gouverneur.
Puisque dans l'organisation il y a les commissions et les sous-commissions.
Parmi lesquelles celle de centralisation de l'argent dirigée
par le trésorier payeur général et assistée
du contrôleur des finances. Il y a une commission d'achat
de boissons et de restauration, bref si ces manquements paraissent
importants je ferai lorsqu'ils vont m'apporter le rapport dans quel
magasin on est allé acheter le champagne. Comme je ne bois
pas le champagne je ne peux pas savoir exactement le bon et le mauvais.
Il semble que certaines personnes ont laissé entendre que
certaines boissons ont été achetées au bord
de la route à moindre frais. Ce qui serait contraire aux
instructions que j'ai données pour que cette journée
de l'excellence ne crée pas d'autres problèmes. S'il
s'avère que c'est ainsi que les choses ont été
faites nous prendrons des dispositions pour que cela ne se passe
plus ainsi.
f) Les résultats
Je suis entièrement d'accord avec vous, moi aussi je m'attendais
pour qu'on dise que les services du gouverneur n'étaient
pas les plus propres
mais je n'étais pas classé
c'est pour dire que d'abord c'est le travail d'une commission contrairement
à ce qu'on a laissé croire ce n'était pas le
secrétaire général de la province qui dirigeait.
A ce moment j'avais émis le vux de vous associer, vous
journalistes
Bon tout n'a pas été parfait, je
crois qu'on va améliorer l'année prochaine.
g) Pérennité de cette journée
Tout ce que je peux dire à partir des leçons que
nous tirons que tant que je suis ici à l'Ouest nous continuerons
à organiser avec cette journée et apporter toutes
les améliorations nécessaires. Bon quand je ne serai
pas là je ne sais pas. J'ai vu on a écrit dans un
journal que la continuité n'est pas le fait de notre administration,
mais je crois que les bonnes choses ont toujours une continuité
Un autre qui viendrait ici aurait certainement d'autres idées
s'il trouve que ce n'est pas la journée de l'excellence qu'il
faut, mais ça procédera toujours de la volonté
de stimuler les agents publics même si cela ne s'appellera
pas journée de l'excellence.
h) Extension au niveau provincial
Il y a déjà les préfet qui ont pris le train,
il va sans dire que dans les départements ils sont en train
de s'organiser pour voir ce qu'ils auront à faire à
leur niveau. C'est d'ailleurs ce qui explique la présence
de quelques préfets lors de la dernière édition.
Vous savez que ce n'est pas du tout facile, mais mon intention est
que cette initiative soit vulgarisée dans toute la province
et je crois que ça sera fait.
II - Litige Foncier de Kouhekong
1) Situation actuelle
Au jour d'aujourd'hui je puis dire que le litige foncier de Kouhekong
a connu un dénouement heureux dans la mesure où le
chef supérieur de Bafoussam après mûres réflexions
est revenu donc à de meilleurs sentiments et nous a promis
sa collaboration pour qu'une solution définitive et pacifique
soit trouvée à ce conflit. Parce qu'en réalité
c'était la position du groupement Bafoussam qui compliquait
le règlement du litige . Dans la mesure où ils avaient
chassé les premiers occupants et envahi les parcelles avec
l'aide des soldats du chef qui terrorisent les gens. Depuis une
semaine, les populations Bafoussam sont revenues à de meilleurs
sentiments et ont laissé l'administration faire son travail.
Jusque là la commission du suivi de ce dossier que préside
le préfet de la Mifi a effectué les descentes sur
le terrain pour exécuter les instructions que j'ai données.
Qui portaient essentiellement sur : - leur identification, il y
a à cet effet je crois 42 personnes qui ont le titre foncier
qui ont été rétablies dans leur droit, la seconde
phase consistait à recenser les personnes qui ont réinstallé
les premiers occupants. Sur la foi du travail du préfet le
travail a été bien fait
Mais pour pérenniser
la paix nous avons mis un dispositif de sécurité pour
dissuader les radicaux et quelques irréductibles qui passent
la nuit à déterrer les bornes ou terroriser les exploitants
venant des environs cultiver dans cette zone. Avec la nouvelle position
du chef Bafoussam, la paix est revenue il reste donc à la
finaliser en vu de présenter les solutions définitives.
Je tiens à remercier le chef Bafoussam pour ce changement
de position.
2) Aspect corruption dans le traitement des
dossiers
Vous savez que ce conflit a fait couler beaucoup d'encres et de
salive. On a même accusé à tort les autorités
d'avoir pris de l'argent pour favoriser les uns et les autres. Bon
de toutes les façons à mon niveau je mets quiconque
au défi d'avoir donné de l'argent au gouverneur pour
prendre une décision en sa faveur. Ces bruits ont couru,
durant tout le traitement du dossier. J'ai mis en garde le préfet
et le sous-préfet de Bafoussam que s'il arrivait que ces
rumeurs se confirmaient
en tout cas ils jouaient leur casquette.
En tout cas si les gens ont donné l'argent, c'est que cet
argent est perdu. Dans la mesure où la position que nous
avions n'a pas changé. Evidemment du côté de
Bandjoun on dit que nous soutenons les Bafoussam, du côté
des Bafoussam on dit que c'est parce que les Bandjoun ont l'argent.
Par exemple le chef Bandjoun qui s'en est pris ouvertement au gouverneur
à un moment donné et cela jusqu'au niveau de Yaoundé.
3) Laxisme de l'administration
Vous savez les problèmes ici à l'Ouest si on ne
fait pas attention on risque vraiment de déraper. On va parler
de laxisme que l'administration était partisane, je dis que
ma position n'a pas changé depuis que ce conflit a commencé.
Peut-être le chef Bafoussam se croyait être au-dessus
de l'administration d'où cette solution d'user de la force
pour chasser tout le monde. Mais nous n'avons pas voulu répondre
par la force. Et aujourd'hui entre l'administration que je représente
et le chef Bafoussam je ne sais pas qui a la tête baissée.
Et je suis convaincu que si j'avais utilisé la force beaucoup
serait encore entrain de décrier cette voie. Ici comme la
fourberie est de règle aucun des propriétaires des
parcelles immatriculées, même pas le chef Badjoun n'a
voulu porter plainte. Ce sont ces gens qui ont tergiversé.
Et dans ces conditions ils indexent l'administration de lenteur
et laxisme. Vous le savez bien tout le monde avait les oreilles
tendues sur ce litige au point où si le dessein du chef Bafoussam
était accompli ça devrait soulever d'autres problèmes
à Douala, Yaoundé par jurisprudence. Voilà
à quel niveau si vous ne le saviez pas ce petit conflit allait
dégénérer.
4) L'absence de signature du chef Bafoussam
au bas du communiqué final
Je n'avais pas besoin d'une signature du chef Bafoussam sur ce
communiqué. S'il y a encore des radicaux qui ne croient pas
à ce qui a été dit dans ce communiqué,
je fais cette mise en garde : C'est en ce moment là alors
que je vais utiliser la force. Le communiqué n'est signé
de moi que parce que j'ai cru à la sincérité
du chef Bafoussam.
5) Origine de la recrudescence des litiges fonciers
à l'Ouest
Je crois que les conflits frontaliers et litiges fonciers ne datent
pas d'aujourd'hui dans la province de l'Ouest. Sur la foi des informations
glanées, il y a des litiges fonciers ou frontaliers qui datent
de 60 ans, mais c'est le rebondissement actuel de certains d'entre
eux qu'on ne comprend pas. D'une manière générale
les raisons sont nombreux, je retiendrai l'une qui est l'expansion
démographique dans la province qui ne va pas avec les possibilités
de superficie à occuper par la population. Il y a aussi la
crise économique qui suscite la tendance au retour au travail
de la terre. Ce qui fait que les gens aujourd'hui veulent par tous
les moyens prendre par force ou revendiquer un certain nombre de
parcelles, les Bamboutos sont les premiers, ce département
est en litige frontalier avec tous ses voisins. Moi ce qui m'étonne
dans ces conflits c'est l'incapacité des chefs traditionnels
sur qui nous comptons à gérer ces conflits. Quand
on voit l'importance qu'on accorde aux chefs traditionnels, et l'harmonie
qu'on semble percevoir lors des cérémonies. Mais dès
que séparés on entend que Bandenkop est en guerre
contre Bangou. Je dis que l'administration compte sue les chefs
traditionnels et le gouvernement aussi. Comme le conflit Kouhekong
à quoi ça ressemble que le chef de l'Etat apprenne
que c'est le chef Bandjoun vice -président du RDPC et le
chef Bafoussam qui est le seul et unique maire RDPC, qui sont entrés
en conflit et qui n'arrivent pas à trouver une solution pacifique.
Finalement il va compter sur qui dans la province ? C'est l'occasion
pour moi de tirer l'attention des uns et des autres sur la résurgence
des conflits qui constituent une menace grave à la paix sociale
et qui peuvent vraiment réduire les capacités de développement
de la province.
III - Sécurité
1) Etat des lieux
Je crois que je ne suis pas bien placé pour apprécier
le travail que nous sommes en train d'effectuer pour lutter contre
le grand banditisme, qui avait connu une recrudescence à
nul autre pareil il y a deux ans, mais sur la base du travail que
nous avions effectué on peut dire que cette criminalité
sans être entièrement éradiquée est réduite
à sa juste proportion dans la mesure où aujourd'hui,
vous pouvez mieux le confirmer, on peut circuler la nuit sans grand
problème. Contrairement aux mois qui ont suivi mon installation
où chaque nuit on notait des braquages et des agressions
multipliées dans l'ensemble de la province. Il y a un travail
qui a été abattu dans le département de la
Mifi notamment par le préfet et les sous- préfets
et leurs collaborateurs pour restaurer la sécurité
dans la ville de Bafoussam. La côte d'alerte qui était
atteinte est aujourd'hui derrière nous. En somme le problème
de sécurité est un problème permanent dont
devrait faire l'objet d'une préoccupation permanente. Vous
suivez la situation qui prévaut dans le pays et notamment
dans les métropoles de Yaoundé et Douala. De part
notre position nous ne manquons de recueillir les fuyants de Douala
qui voulant échapper au commandement opérationnel
de la capitale économique ont voulu trouver refuge chez nous,
mais la solidité des mesures que nous avions prises plusieurs
d'entre- eux ont été repris et renvoyés à
Douala pour jugement. Toutefois nous n'avons pas limité nos
mesures de sécurité uniquement dans la ville de Bafoussam,
nous avons également en dehors des rafles que nous avions
effectués dans la province, permis de rassurer les populations
et d'étouffer quelques velléités, c'est dire
que l'effet psychologique est déterminant. A en croire les
bulletins de renseignement quotidien je peux dire que le grand banditisme
est en nette régression, pour autant nous demeurons vigilants
quand on connaît que les bandits aujourd'hui font preuve d'une
très grande mobilité qui dépasse un peu les
moyens de nos forces régulières. Dans la mesure où
dès qu'ils braquent un véhicule, ils se retrouvent
à Mbanga alors que le pauvre commissaire de Mbouda ou le
commandant de brigade de Bamougoum n'a même pas de véhicule
pour le poursuivre. Malgré tout un grand travail est abattu,
et actuellement la prison est pleine.
2) Tracasserie de la nouvelle carte nationale
d'identité
L'établissement des nouvelles cartes nationales d'identité
constitue une préoccupation des pouvoirs publics dans la
mesure où voilà l'échéance de l'an 2001
pourtant le travail s'effectue avec beaucoup de lenteur et je crois
que tous ces problèmes ont été une préoccupation
majeure lors de notre dernière rencontre avec notre ministre
de tutelle, qui a été porté à l'attention
du premier ministre. Qui va certainement prendre des dispositions.
Parce que nous avions dit que le problème de révision
des listes électorales qui exigent les cartes d'identité
ne pourront jamais se réaliser correctement parce que les
postes d'identification ne descendront pas jusqu'au niveau des villages
des districts. On ne voit que l'aspect des agents de l'Etat, mais
le problème est plus grave dans les zones rurales, où
les mamans n'ont pas du temps à aller passer des jours et
des jours devant les postes d'identification en cette période
de culture où tout le monde est au champ. C'est dire que
si on tient à la réussite de l'échéance
électorale de 2001, le gouvernement devra renforcer les postes
d'identification en instituant des postes dans toute la province,
au delà de ce qui peut être fait actuellement au niveau
des sous - préfectures et commissariats de police. Puisqu'on
est sur ce sujet, je voudrais profiter de l'occasion pour rappeler
que généralement devant un poste d'identification
avec toutes les pièces requises vous n'avez pas à
donner 7000 ou 8000 f cfa. Donc il faut que les gens apprennent
à se soumettre à ce genre de pratique. Parce que le
maximum qu'un usager devra débourser et qui est officiel
est de 3800 f cfa
[(NDLR 2800 f cfa précisera le chef
service provincial de la sécurité. - Donc moi-même
le policier m'a roulé ? Interroge alors le gouverneur (Rires
dans la salle
)] Je suis en train de tirer le décret
instituant l'établissement des cartes nationales d'identité
pour au besoin l'afficher dans les sous-préfectures et postes
d'identification enfin que les populations soient suffisamment édifiées
et qu'on ne continue pas à arnaquer les gens. Parce que toutes
les correspondances que je reçois sur ce problème
là parle de 10.000 f cfa.
3) L'inscription sur les listes électorales
J'ai eu à le dire haut et fort lors de l'installation du
préfet du Koung-khi que en ce qui concerne l'inscription
sur les listes électorales jusqu'à ce que l'échéance
de 2001 passe les anciennes cartes en cours de validité restent
valables. Mais nous encourageons les populations à tout mettre
en uvre pour rapidement acquérir les nouvelles cartes
en dépit des difficultés que nous avions évoquées.
Il y a beaucoup de problèmes qui entourent ces opérations
de révision des listes électorales, il y a certains
problèmes imputables à l'administration dans la mesure
où comme vous le savez bien la révision des listes
électorales n'est pas une petite affaire. Une affaire qui
nécessite la mobilisation matérielle et financière,
parfois ces moyens manquent dans les différentes commissions.
Là aussi nous ne cessons de rendre compte à la hiérarchie.
Il y a aussi d'autres problèmes tels que le manque d'engouement
constaté pour les personnes en âge de voter. L'autre
jour je m'amusais à dire aux délégués
provinciaux qu'il faut qu'ils s'inscrivent car il y a beaucoup de
nouveaux délégués installés qui oublient
d'aller s'inscrire sur les listes électorales. Qu'à
cela ne tienne sur la base des rapports que je viens d'envoyer à
la hiérarchie l'opération se poursuit bien, même
s'il y a toujours des revendications. Il convient de rappeler qu'il
ne s'agit pas de refonte, car la révision consiste à
ajouter les jeunes qui ont atteint l'âge de voter et soustraire
les décédés ou ceux qui ont quitté la
localité. Sauf peut-être dans le Ndé où
pratiquement dans l'arrondissement de Bangangté où
le sous-préfet a engagé une opération de refonte,
parce que vous connaissez l'ancienne liste avait suscité
des contestations. Et justement à leur niveau nous accusons
encore des déficits de plus de 5000 électeurs, mais
d'ici la date de convocation du corps électoral ce déficit
sera résorbé.
IV - Délimitation du périmètre urbain de Bafoussam
Effectivement, nous aussi nous avions proposé à
la hiérarchie de passer à une communauté urbaine.
Ainsi seulement toutes les mairies seront mieux impliquées,
parce que vous savez qu'il y a les conflits au niveau des ressources
des recettes des différentes communes, dans la perception
des taxes communales, la signature de certains documents tels que
les permis de bâtir et autres. Alors la commission mise en
place pour gérer ce conflit s'est aussi penchée sur
le problème de le répartition des marchés qui
est l'une de leurs principales ressources. Mais il y a aussi le
problème du périmètre urbain qui grignote des
espaces aux autres arrondissements et mairies rurales. Les membres
assermentés de la commission ont pris tout cela en compte
et actuellement en attendant l'homologation des discutions prises
par la commission.
V - Problème général du transport
à l'Ouest
1) La recrudescence des barrières de
contrôle routier
Pour le moment je dirai que le planning des barrages instauré
autour de Bafoussam, puisque c'est autour de Bafoussam que les problèmes
se posent, ne sont pas respectés, effectivement comme vous
l'avez dit parce qu'il y a des policiers et des gendarmes qui n'entendent
pas respecter ce planning. Mais je dis que les responsables sont
là à la réunion d'état- major mixte
nous revenons toujours sur ce problème. Moi même il
m'arrive parfois que je sois obligé en cours de route de
dégager les contrôles que j'estime clandestins comme
on peut le dire. Dans la province, je sais pas pourquoi les gendarmes
et les policiers ont effectivement abandonné le travail qui
leur incombe au premier chef pour se consacrer au racket dans les
contrôles routiers, ça je le déplore avec vous,
mais je dis que je ne baisse pas les bras, quelque soit les inimitiés
que cela pourrait m'apporter. Parfois quand c'est encouragé
par les chefs à tous les niveaux, vous conviendrez avec moi
que le travail de l'autorité administrative devient difficile.
C'est un combat que je vais continuer à mener, je sors de
temps en temps et chaque fois que je les trouve , je n'hésite
pas à les faire dégager. Vous me demandez pourquoi
on n'a pas sanctionné, maintenant on va passer à la
phase sanction. Même s'il faut que je passe toute ma journée
à contrôler les policiers et gendarmes qui ne se conforment
pas sur ce plan je vais le faire. Et comme le commandant de légion
et le provincial de la sûreté seront avec moi, je pense
que cela les déterminera un jour à leur niveau pour
discipliner d'avantage leurs éléments. Je vais vous
appeler quand je serai sur la route.
2) Surcharge
Le problème de surcharge est aussi préoccupant à
Bafoussam, mais sa solution est compliquée dans la mesure
où c'est tout le monde qui veut faire le transport ici à
l'Ouest et en particulier ceux là - même qui sont chargés
de réprimer ce genre de choses. Moi, il m'arrive de m'éclater
lorsque je reçois le bulletin mensuel de contrôle routier
et je l'ai répété plusieurs fois lors des réunions,
vous voyez par exemple au chapitre surcharge on vous dit deux cas
dans toute la province de l'Ouest. De qui se moque-t-on ? Pour des
renseignements qui vont jusqu'à la présidence de la
République, or l'usage de la province de l'Ouest ici c'est
que deux cas de surcharge
je ne sais pas quel est cet itinéraire
qui va seulement avoir deux cas
par jour
? Il n'y en
a pas. Je viens de réactiver la commission sur les conseillers
aux affaires juridiques et financières qui est membre de
cette commission, j'ai aussi demandé au délégué
provincial des transports lui-même d'être dans la commission
pour voir un peu ce qui se passe. Parce que quand je vais parfois
à Foumban je trouve même une barrière de plus.
On me répond sécurité routière, je me
suis amusé à demander au responsable de sécurité
routière qu'est-ce que tu fais ? Quels sont les objectifs
qui sont assignés à ce poste ? Il n'est pas capable
de répondre. Et les véhicules qui venaient surchargés
il prenait seulement leur permis ou leur carte nationale d'identité
tout en laissant les chauffeurs passés. Il consomme l'infraction
pour demander après que les gens aillent retirer leurs pièces
au bureau. Voyez quand je parle de retrait des pièces au
bureau c'est déjà suspect. Ce problème est
si dangereux que même les voyageurs ont leur part de responsabilité
parce que moi voyageur je ne vois pas ce qui me pousserai à
emprunter un car surchargé surtout sur des destinations comme
Bafoussam- Foumbot ou Foumban, où il y a un car qui décolle
à chaque minute. Et souvent ce sont les hommes en tenue qui
se mettent en surcharge comme si leur présence était
un élément sécurisant pour la conduite. C'est
une situation vraiment déplorable, l'administration ne va
pas baisser les bras, mais il revient aussi aux usagers de la route
de refuser de se faire traiter de cette façon par les transporteurs,
parce que c'est aussi vendre sa vie. Vous voyez le problème
de surcharge avec l'accident d'il y a deux semaines sur la route
de Bandja. Quand on donne donc le bilan de 17 morts et 6 survivants
dans un car Hiace de 16 places, c'est dire qu'il y a quelque chose
qui ne va pas. La situation se complique davantage dans la mesure
où les forces de l'ordre sont complices du transport clandestin
ce qui fait que la lutte devient inefficace. Puisque le policier
ou le gendarme reconnaît la voiture de son collègue
qu'il ne peut arrêter.
3) Gare routière
Les gares routières dans la ville de Bafoussam connaissent
la même situation que les autres problèmes relatifs
au transport. C'est comme on dit chez nous, c'est comme le porc,
vous le chassez à un endroit vous croyez qu'il est parti,
dès lors que vous vous tournez le dos il revient. C'est une
des missions que j'avais confiée au préfet de la Mifi,
il y a eu un relâchement les gares sont revenues aux endroits
où on les avait interdit. Mais je crois qu'il y a deux ou
trois jours le préfet est revenu avec le sous-préfet
dégager encore tous ceux qui transforment les grands carrefours
en des gares routières. D'une manière générale
pour la province de l'Ouest et même pour tout le Cameroun
il y a un problème de discipline individuelle et collective.
Tant que nous ne nous disciplinons pas nous allons toujours arrivés
à des catastrophes comme celui qui est arrivé l'autre
jour à Bandja.
VI - Sport
1) Apport de la municipalité
C'est vrai lors de l'ouverture du championnat de 2e division j'ai
invité les municipalités à s'impliquer financièrement
dans la gestion des clubs de leur cité, mais ce n'est plus
à moi d'aller jouer les gendarmes derrière eux. Le
délégué du gouvernement est là on espère
qu'il va réagir. Mais moi si j'étais maire d'une commune
qui a un club je m'investis seulement à la montée
en première division, Je ne sais pas qui vous refusera encore
son suffrage. En plus ils ont la mission de favoriser le développement
culturel et sportif de leur cité. Malheureusement, ils se
contentent à investir dans plusieurs choses en excluant le
sport. Curieusement tous ces gens étaient des grands sportifs
à leur jeune âge, mais dès qu'ils deviennent
maire ou proviseur de lycée, ils deviennent anti- sportif,
marginalisant le sport dans toutes leurs actions. Donc il y a des
lignes budgétaires pour cela dans les communes, il faut seulement
que les magistrats municipaux réservent une partie au développement
du sport dans la localité.
2) Achèvement de la construction du stade
omnisports
Le projet est là, il a été relancé,
les recherches des financements se poursuivent. Tant qu'ils n'ont
pas abouti il ne faut pas se laisser aller aux spéculations.
Au niveau de la province il y a des bonnes volontés qui se
sont manifestées et il y a aussi des réticences. Et
puis il faut refaire les estimations parce que ce qui a été
fait par le passé est aujourd'hui dépassé.
Mais c'est dans l'intérêt du gouvernement de doter
Bafoussam d'un stade omnisports.
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