Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.


Le Point de la Situation

Tout ce que Ahmadou Tidjani a dit aux journalistes

Pour sa première sortie, le Club Médias Ouest avait choisi Ahmadou Tidjani, comme son premier invité. Face à la presse, le Gouverneur de la province de l'Ouest n'a pas déçu ceux qui disent de lui qu'il a un franc parler déroutant. Et c'est un euphémisme ! Sans qu'on sache trop pourquoi, les journalistes (pour ceux qui étaient présents) avaient été trop frileux et en tout cas réservés pour ne pas brusquer leur invité à cette première expérience, ils en ont eu pour leur circonspection, puisque Ahmadou Tidjani dans les propos que vous allez suivre n'a pas manqué à chaque fois d'aller au-delà des questions qui lui étaient posées. Et chacun d'en recevoir pour son grade. Les réponses ci-dessous sont classées par thèmes abordés. On sera un peu plus complet en relevant que la troisième mi-temps a été longuement arrosé par le service traiteur de l'hôtel MEUYOU qui n'a pas fait d'économies pour plaire aux journalistes et à leur invité.

I - Journée de l'excellence

a) L'esprit

L'institution de la journée de l'excellence depuis 2ans est partie d'abord d'un constat dans le fonctionnement des services publics. Constat qui part des effets néfastes de la crise économique dont l'un des corollaires est la perturbation du moral et l'état d'esprit des fonctionnaires et des agents publics avec comme nous le savons toute la chute drastique de leur pouvoir d'achat à travers la diminution des salaires dans la fonction publique et des autres avantages liés au travail dans certaines institutions. Fort de ces effets néfastes il s'est instauré dans l'administration en général la démobilisation et le découragement. A mon arrivée à la tête de la province j'avais reçu entre autre mission l'animation permanente de l'administration enfin de l'emmener à répondre aux rôles à elle assignées par les pouvoirs publics. C'est alors que j'ai commencé à me pencher sur la démotivation du personnel à mon petit niveau en attendant une action globale du gouvernement. Et pour cela j'ai décidé d'entreprendre des petites initiatives qui auront pour but de stimuler et encourager les agents publics dont j'ai la charge de gestion. C'est ainsi que j'ai pensé à cette journée de l'excellence, qui est en plus un moyen pour moi de renforcer les relations entre les agents et les responsables car comme vous le savez tous il n'est pas donné à tous les agents de rencontrer le gouverneur. Et même vous conviendrez avec moi qu'il y a des délégués provinciaux qui ne sont pas en contact avec leurs agents, dans la mesure où, chose curieuse, vous l'aviez vu les meilleurs agents ont été trouvés pour la plupart au bas niveau de l'échelle de travail dans la fonction publique.

b) Critères de sélection

S'agissant des critères de sélection, ils ont été clairement définis à travers un arrêté que j'ai pris pour instituer cette journée, en lui donnant ce cadre juridique et en créant des commissions d'évaluations auxquelles ont été assignées les objectifs. Et globalement les critères retenus pour évaluer les agents sont les critères connus de notation dans la fonction publique à savoir : la ponctualité, l'assiduité, l'accueil, les rapports entretenus au niveau des services c'est-à-dire le respect de la hiérarchie, le respect des collaborateurs et de tous les usagers, bref ce sont les critères traditionnels d'évaluation des agents dans la fonction publique qui ont été retenus.

c) Innovations observées

Les innovations observées à cette 2e édition procède de notre volonté d'élargir le champ d'action de cette journée. Puisque en la concentrant uniquement aux agents vous conviendrez avec moi de ne pas avoir les effets escomptés. Etant entendu que l'évaluation du bon fonctionnement du service publique ne s'arrête pas seulement à l'agent. C'est pourquoi nous nous sommes dits quand même qu'il était temps d'étendre ses actions sur les autres services qui utilisent ces agents. Parce que lorsqu'on dit généralement agent, les responsables ont tendance à laisser la compétition au niveau des agents. Je me suis dit qu'en instituant la propreté cela va impliquer tous les responsables, tout comme le critère de bon accueil va pousser les responsables des services à s'intéresser aussi à ce qui se passe dans leur service. C'est donc là les petites innovations que nous apportons chaque fois pour rendre cette journée plus gaie dans son ensemble.

d) Innovations de l'édition prochaine

Bien, comme je l'ai annoncé dans mon allocution lors de la journée, je disais que l'année prochaine nous tendrons aussi vers le sport. Qui comme vous le savez constitue un élément galvanisateur pour les uns et les autres, parce que dans tous les cas le délégué provincial de l'agriculture, je le cite ici en exemple, ce n'est pas sûr qu'il connaît tous les personnels de l'administration pénitencière. Or je crois qu'un jour lorsque l'administration pénitencière va se frotter avec l'équipe de la délégation provinciale de l'agriculture cela va renforcer davantage les cadres de ces deux services

e) Financement

Le financement de cette journée provient essentiellement des contributions des délégués provinciaux et chefs de services provinciaux. Et ceci sur une base concertée. Je crois que dès la première rencontre nous avions envisagé les voies et moyens de financer cette journée. L'année passée je crois c'était à 150.000 f cfa par délégation et service provincial, et cette année les délégués eux-mêmes ont accepté d'augmenter cette contribution portée à 200.000 f cfa. S'agissant de la gestion ce n'est pas le secrétaire général de la province comme on a tendance à le dire qui a géré cet argent. Il y a les commissions qui étaient chargées de la gestion transparente des moyens mis à leur disposition sous le contrôle du gouverneur. Je crois donc que ces commissions doivent rapidement se réunir si ce n'est pas encore fait pour faire un bilan de l'exécution du budget et de rendre compte de certaines défaillances constatées. J'ai entendu par ci, par là que le champagne était mauvais, qu'il a été acheté au quartier ainsi de suite, mais je dis quand même que si ce sont les délégués qui le disent c'est que c'est eux-mêmes qui sont allés acheter un tel champagne, en tout cas ce n'est pas le gouverneur. Puisque dans l'organisation il y a les commissions et les sous-commissions. Parmi lesquelles celle de centralisation de l'argent dirigée par le trésorier payeur général et assistée du contrôleur des finances. Il y a une commission d'achat de boissons et de restauration, bref si ces manquements paraissent importants je ferai lorsqu'ils vont m'apporter le rapport dans quel magasin on est allé acheter le champagne. Comme je ne bois pas le champagne je ne peux pas savoir exactement le bon et le mauvais. Il semble que certaines personnes ont laissé entendre que certaines boissons ont été achetées au bord de la route à moindre frais. Ce qui serait contraire aux instructions que j'ai données pour que cette journée de l'excellence ne crée pas d'autres problèmes. S'il s'avère que c'est ainsi que les choses ont été faites nous prendrons des dispositions pour que cela ne se passe plus ainsi.

f) Les résultats

Je suis entièrement d'accord avec vous, moi aussi je m'attendais pour qu'on dise que les services du gouverneur n'étaient pas les plus propres… mais je n'étais pas classé c'est pour dire que d'abord c'est le travail d'une commission contrairement à ce qu'on a laissé croire ce n'était pas le secrétaire général de la province qui dirigeait. A ce moment j'avais émis le vœux de vous associer, vous journalistes… Bon tout n'a pas été parfait, je crois qu'on va améliorer l'année prochaine.

g) Pérennité de cette journée

Tout ce que je peux dire à partir des leçons que nous tirons que tant que je suis ici à l'Ouest nous continuerons à organiser avec cette journée et apporter toutes les améliorations nécessaires. Bon quand je ne serai pas là je ne sais pas. J'ai vu on a écrit dans un journal que la continuité n'est pas le fait de notre administration, mais je crois que les bonnes choses ont toujours une continuité… Un autre qui viendrait ici aurait certainement d'autres idées s'il trouve que ce n'est pas la journée de l'excellence qu'il faut, mais ça procédera toujours de la volonté de stimuler les agents publics même si cela ne s'appellera pas journée de l'excellence.

h) Extension au niveau provincial

Il y a déjà les préfet qui ont pris le train, il va sans dire que dans les départements ils sont en train de s'organiser pour voir ce qu'ils auront à faire à leur niveau. C'est d'ailleurs ce qui explique la présence de quelques préfets lors de la dernière édition. Vous savez que ce n'est pas du tout facile, mais mon intention est que cette initiative soit vulgarisée dans toute la province et je crois que ça sera fait.

II - Litige Foncier de Kouhekong

1) Situation actuelle

Au jour d'aujourd'hui je puis dire que le litige foncier de Kouhekong a connu un dénouement heureux dans la mesure où le chef supérieur de Bafoussam après mûres réflexions est revenu donc à de meilleurs sentiments et nous a promis sa collaboration pour qu'une solution définitive et pacifique soit trouvée à ce conflit. Parce qu'en réalité c'était la position du groupement Bafoussam qui compliquait le règlement du litige . Dans la mesure où ils avaient chassé les premiers occupants et envahi les parcelles avec l'aide des soldats du chef qui terrorisent les gens. Depuis une semaine, les populations Bafoussam sont revenues à de meilleurs sentiments et ont laissé l'administration faire son travail. Jusque là la commission du suivi de ce dossier que préside le préfet de la Mifi a effectué les descentes sur le terrain pour exécuter les instructions que j'ai données. Qui portaient essentiellement sur : - leur identification, il y a à cet effet je crois 42 personnes qui ont le titre foncier qui ont été rétablies dans leur droit, la seconde phase consistait à recenser les personnes qui ont réinstallé les premiers occupants. Sur la foi du travail du préfet le travail a été bien fait… Mais pour pérenniser la paix nous avons mis un dispositif de sécurité pour dissuader les radicaux et quelques irréductibles qui passent la nuit à déterrer les bornes ou terroriser les exploitants venant des environs cultiver dans cette zone. Avec la nouvelle position du chef Bafoussam, la paix est revenue il reste donc à la finaliser en vu de présenter les solutions définitives. Je tiens à remercier le chef Bafoussam pour ce changement de position.

2) Aspect corruption dans le traitement des dossiers

Vous savez que ce conflit a fait couler beaucoup d'encres et de salive. On a même accusé à tort les autorités d'avoir pris de l'argent pour favoriser les uns et les autres. Bon de toutes les façons à mon niveau je mets quiconque au défi d'avoir donné de l'argent au gouverneur pour prendre une décision en sa faveur. Ces bruits ont couru, durant tout le traitement du dossier. J'ai mis en garde le préfet et le sous-préfet de Bafoussam que s'il arrivait que ces rumeurs se confirmaient… en tout cas ils jouaient leur casquette.

En tout cas si les gens ont donné l'argent, c'est que cet argent est perdu. Dans la mesure où la position que nous avions n'a pas changé. Evidemment du côté de Bandjoun on dit que nous soutenons les Bafoussam, du côté des Bafoussam on dit que c'est parce que les Bandjoun ont l'argent. Par exemple le chef Bandjoun qui s'en est pris ouvertement au gouverneur à un moment donné et cela jusqu'au niveau de Yaoundé.

3) Laxisme de l'administration

Vous savez les problèmes ici à l'Ouest si on ne fait pas attention on risque vraiment de déraper. On va parler de laxisme que l'administration était partisane, je dis que ma position n'a pas changé depuis que ce conflit a commencé. Peut-être le chef Bafoussam se croyait être au-dessus de l'administration d'où cette solution d'user de la force pour chasser tout le monde. Mais nous n'avons pas voulu répondre par la force. Et aujourd'hui entre l'administration que je représente et le chef Bafoussam je ne sais pas qui a la tête baissée. Et je suis convaincu que si j'avais utilisé la force beaucoup serait encore entrain de décrier cette voie. Ici comme la fourberie est de règle aucun des propriétaires des parcelles immatriculées, même pas le chef Badjoun n'a voulu porter plainte. Ce sont ces gens qui ont tergiversé. Et dans ces conditions ils indexent l'administration de lenteur et laxisme. Vous le savez bien tout le monde avait les oreilles tendues sur ce litige au point où si le dessein du chef Bafoussam était accompli ça devrait soulever d'autres problèmes à Douala, Yaoundé par jurisprudence. Voilà à quel niveau si vous ne le saviez pas ce petit conflit allait dégénérer.

4) L'absence de signature du chef Bafoussam au bas du communiqué final

Je n'avais pas besoin d'une signature du chef Bafoussam sur ce communiqué. S'il y a encore des radicaux qui ne croient pas à ce qui a été dit dans ce communiqué, je fais cette mise en garde : C'est en ce moment là alors que je vais utiliser la force. Le communiqué n'est signé de moi que parce que j'ai cru à la sincérité du chef Bafoussam.

5) Origine de la recrudescence des litiges fonciers à l'Ouest

Je crois que les conflits frontaliers et litiges fonciers ne datent pas d'aujourd'hui dans la province de l'Ouest. Sur la foi des informations glanées, il y a des litiges fonciers ou frontaliers qui datent de 60 ans, mais c'est le rebondissement actuel de certains d'entre eux qu'on ne comprend pas. D'une manière générale les raisons sont nombreux, je retiendrai l'une qui est l'expansion démographique dans la province qui ne va pas avec les possibilités de superficie à occuper par la population. Il y a aussi la crise économique qui suscite la tendance au retour au travail de la terre. Ce qui fait que les gens aujourd'hui veulent par tous les moyens prendre par force ou revendiquer un certain nombre de parcelles, les Bamboutos sont les premiers, ce département est en litige frontalier avec tous ses voisins. Moi ce qui m'étonne dans ces conflits c'est l'incapacité des chefs traditionnels sur qui nous comptons à gérer ces conflits. Quand on voit l'importance qu'on accorde aux chefs traditionnels, et l'harmonie qu'on semble percevoir lors des cérémonies. Mais dès que séparés on entend que Bandenkop est en guerre contre Bangou. Je dis que l'administration compte sue les chefs traditionnels et le gouvernement aussi. Comme le conflit Kouhekong à quoi ça ressemble que le chef de l'Etat apprenne que c'est le chef Bandjoun vice -président du RDPC et le chef Bafoussam qui est le seul et unique maire RDPC, qui sont entrés en conflit et qui n'arrivent pas à trouver une solution pacifique. Finalement il va compter sur qui dans la province ? C'est l'occasion pour moi de tirer l'attention des uns et des autres sur la résurgence des conflits qui constituent une menace grave à la paix sociale et qui peuvent vraiment réduire les capacités de développement de la province.

III - Sécurité

1) Etat des lieux

Je crois que je ne suis pas bien placé pour apprécier le travail que nous sommes en train d'effectuer pour lutter contre le grand banditisme, qui avait connu une recrudescence à nul autre pareil il y a deux ans, mais sur la base du travail que nous avions effectué on peut dire que cette criminalité sans être entièrement éradiquée est réduite à sa juste proportion dans la mesure où aujourd'hui, vous pouvez mieux le confirmer, on peut circuler la nuit sans grand problème. Contrairement aux mois qui ont suivi mon installation où chaque nuit on notait des braquages et des agressions multipliées dans l'ensemble de la province. Il y a un travail qui a été abattu dans le département de la Mifi notamment par le préfet et les sous- préfets et leurs collaborateurs pour restaurer la sécurité dans la ville de Bafoussam. La côte d'alerte qui était atteinte est aujourd'hui derrière nous. En somme le problème de sécurité est un problème permanent dont devrait faire l'objet d'une préoccupation permanente. Vous suivez la situation qui prévaut dans le pays et notamment dans les métropoles de Yaoundé et Douala. De part notre position nous ne manquons de recueillir les fuyants de Douala qui voulant échapper au commandement opérationnel de la capitale économique ont voulu trouver refuge chez nous, mais la solidité des mesures que nous avions prises plusieurs d'entre- eux ont été repris et renvoyés à Douala pour jugement. Toutefois nous n'avons pas limité nos mesures de sécurité uniquement dans la ville de Bafoussam, nous avons également en dehors des rafles que nous avions effectués dans la province, permis de rassurer les populations et d'étouffer quelques velléités, c'est dire que l'effet psychologique est déterminant. A en croire les bulletins de renseignement quotidien je peux dire que le grand banditisme est en nette régression, pour autant nous demeurons vigilants quand on connaît que les bandits aujourd'hui font preuve d'une très grande mobilité qui dépasse un peu les moyens de nos forces régulières. Dans la mesure où dès qu'ils braquent un véhicule, ils se retrouvent à Mbanga alors que le pauvre commissaire de Mbouda ou le commandant de brigade de Bamougoum n'a même pas de véhicule pour le poursuivre. Malgré tout un grand travail est abattu, et actuellement la prison est pleine.

2) Tracasserie de la nouvelle carte nationale d'identité

L'établissement des nouvelles cartes nationales d'identité constitue une préoccupation des pouvoirs publics dans la mesure où voilà l'échéance de l'an 2001 pourtant le travail s'effectue avec beaucoup de lenteur et je crois que tous ces problèmes ont été une préoccupation majeure lors de notre dernière rencontre avec notre ministre de tutelle, qui a été porté à l'attention du premier ministre. Qui va certainement prendre des dispositions. Parce que nous avions dit que le problème de révision des listes électorales qui exigent les cartes d'identité ne pourront jamais se réaliser correctement parce que les postes d'identification ne descendront pas jusqu'au niveau des villages… des districts. On ne voit que l'aspect des agents de l'Etat, mais le problème est plus grave dans les zones rurales, où les mamans n'ont pas du temps à aller passer des jours et des jours devant les postes d'identification en cette période de culture où tout le monde est au champ. C'est dire que si on tient à la réussite de l'échéance électorale de 2001, le gouvernement devra renforcer les postes d'identification en instituant des postes dans toute la province, au delà de ce qui peut être fait actuellement au niveau des sous - préfectures et commissariats de police. Puisqu'on est sur ce sujet, je voudrais profiter de l'occasion pour rappeler que généralement devant un poste d'identification avec toutes les pièces requises vous n'avez pas à donner 7000 ou 8000 f cfa. Donc il faut que les gens apprennent à se soumettre à ce genre de pratique. Parce que le maximum qu'un usager devra débourser et qui est officiel est de 3800 f cfa …[(NDLR 2800 f cfa précisera le chef service provincial de la sécurité. - Donc moi-même le policier m'a roulé ? Interroge alors le gouverneur (Rires dans la salle…)] Je suis en train de tirer le décret instituant l'établissement des cartes nationales d'identité pour au besoin l'afficher dans les sous-préfectures et postes d'identification enfin que les populations soient suffisamment édifiées et qu'on ne continue pas à arnaquer les gens. Parce que toutes les correspondances que je reçois sur ce problème là parle de 10.000 f cfa.

3) L'inscription sur les listes électorales

J'ai eu à le dire haut et fort lors de l'installation du préfet du Koung-khi que en ce qui concerne l'inscription sur les listes électorales jusqu'à ce que l'échéance de 2001 passe les anciennes cartes en cours de validité restent valables. Mais nous encourageons les populations à tout mettre en œuvre pour rapidement acquérir les nouvelles cartes en dépit des difficultés que nous avions évoquées. Il y a beaucoup de problèmes qui entourent ces opérations de révision des listes électorales, il y a certains problèmes imputables à l'administration dans la mesure où comme vous le savez bien la révision des listes électorales n'est pas une petite affaire. Une affaire qui nécessite la mobilisation matérielle et financière, parfois ces moyens manquent dans les différentes commissions. Là aussi nous ne cessons de rendre compte à la hiérarchie. Il y a aussi d'autres problèmes tels que le manque d'engouement constaté pour les personnes en âge de voter. L'autre jour je m'amusais à dire aux délégués provinciaux qu'il faut qu'ils s'inscrivent car il y a beaucoup de nouveaux délégués installés qui oublient d'aller s'inscrire sur les listes électorales. Qu'à cela ne tienne sur la base des rapports que je viens d'envoyer à la hiérarchie l'opération se poursuit bien, même s'il y a toujours des revendications. Il convient de rappeler qu'il ne s'agit pas de refonte, car la révision consiste à ajouter les jeunes qui ont atteint l'âge de voter et soustraire les décédés ou ceux qui ont quitté la localité. Sauf peut-être dans le Ndé où pratiquement dans l'arrondissement de Bangangté où le sous-préfet a engagé une opération de refonte, parce que vous connaissez l'ancienne liste avait suscité des contestations. Et justement à leur niveau nous accusons encore des déficits de plus de 5000 électeurs, mais d'ici la date de convocation du corps électoral ce déficit sera résorbé.


IV - Délimitation du périmètre urbain de Bafoussam

Effectivement, nous aussi nous avions proposé à la hiérarchie de passer à une communauté urbaine. Ainsi seulement toutes les mairies seront mieux impliquées, parce que vous savez qu'il y a les conflits au niveau des ressources des recettes des différentes communes, dans la perception des taxes communales, la signature de certains documents tels que les permis de bâtir et autres. Alors la commission mise en place pour gérer ce conflit s'est aussi penchée sur le problème de le répartition des marchés qui est l'une de leurs principales ressources. Mais il y a aussi le problème du périmètre urbain qui grignote des espaces aux autres arrondissements et mairies rurales. Les membres assermentés de la commission ont pris tout cela en compte et actuellement en attendant l'homologation des discutions prises par la commission.

V - Problème général du transport à l'Ouest

1) La recrudescence des barrières de contrôle routier

Pour le moment je dirai que le planning des barrages instauré autour de Bafoussam, puisque c'est autour de Bafoussam que les problèmes se posent, ne sont pas respectés, effectivement comme vous l'avez dit parce qu'il y a des policiers et des gendarmes qui n'entendent pas respecter ce planning. Mais je dis que les responsables sont là à la réunion d'état- major mixte nous revenons toujours sur ce problème. Moi même il m'arrive parfois que je sois obligé en cours de route de dégager les contrôles que j'estime clandestins comme on peut le dire. Dans la province, je sais pas pourquoi les gendarmes et les policiers ont effectivement abandonné le travail qui leur incombe au premier chef pour se consacrer au racket dans les contrôles routiers, ça je le déplore avec vous, mais je dis que je ne baisse pas les bras, quelque soit les inimitiés que cela pourrait m'apporter. Parfois quand c'est encouragé par les chefs à tous les niveaux, vous conviendrez avec moi que le travail de l'autorité administrative devient difficile. C'est un combat que je vais continuer à mener, je sors de temps en temps et chaque fois que je les trouve , je n'hésite pas à les faire dégager. Vous me demandez pourquoi on n'a pas sanctionné, maintenant on va passer à la phase sanction. Même s'il faut que je passe toute ma journée à contrôler les policiers et gendarmes qui ne se conforment pas sur ce plan je vais le faire. Et comme le commandant de légion et le provincial de la sûreté seront avec moi, je pense que cela les déterminera un jour à leur niveau pour discipliner d'avantage leurs éléments. Je vais vous appeler quand je serai sur la route.

2) Surcharge

Le problème de surcharge est aussi préoccupant à Bafoussam, mais sa solution est compliquée dans la mesure où c'est tout le monde qui veut faire le transport ici à l'Ouest et en particulier ceux là - même qui sont chargés de réprimer ce genre de choses. Moi, il m'arrive de m'éclater lorsque je reçois le bulletin mensuel de contrôle routier et je l'ai répété plusieurs fois lors des réunions, vous voyez par exemple au chapitre surcharge on vous dit deux cas dans toute la province de l'Ouest. De qui se moque-t-on ? Pour des renseignements qui vont jusqu'à la présidence de la République, or l'usage de la province de l'Ouest ici c'est que deux cas de surcharge … je ne sais pas quel est cet itinéraire qui va seulement avoir deux cas… par jour… ? Il n'y en a pas. Je viens de réactiver la commission sur les conseillers aux affaires juridiques et financières qui est membre de cette commission, j'ai aussi demandé au délégué provincial des transports lui-même d'être dans la commission pour voir un peu ce qui se passe. Parce que quand je vais parfois à Foumban je trouve même une barrière de plus. On me répond sécurité routière, je me suis amusé à demander au responsable de sécurité routière qu'est-ce que tu fais ? Quels sont les objectifs qui sont assignés à ce poste ? Il n'est pas capable de répondre. Et les véhicules qui venaient surchargés il prenait seulement leur permis ou leur carte nationale d'identité tout en laissant les chauffeurs passés. Il consomme l'infraction pour demander après que les gens aillent retirer leurs pièces au bureau. Voyez quand je parle de retrait des pièces au bureau c'est déjà suspect. Ce problème est si dangereux que même les voyageurs ont leur part de responsabilité parce que moi voyageur je ne vois pas ce qui me pousserai à emprunter un car surchargé surtout sur des destinations comme Bafoussam- Foumbot ou Foumban, où il y a un car qui décolle à chaque minute. Et souvent ce sont les hommes en tenue qui se mettent en surcharge comme si leur présence était un élément sécurisant pour la conduite. C'est une situation vraiment déplorable, l'administration ne va pas baisser les bras, mais il revient aussi aux usagers de la route de refuser de se faire traiter de cette façon par les transporteurs, parce que c'est aussi vendre sa vie. Vous voyez le problème de surcharge avec l'accident d'il y a deux semaines sur la route de Bandja. Quand on donne donc le bilan de 17 morts et 6 survivants dans un car Hiace de 16 places, c'est dire qu'il y a quelque chose qui ne va pas. La situation se complique davantage dans la mesure où les forces de l'ordre sont complices du transport clandestin ce qui fait que la lutte devient inefficace. Puisque le policier ou le gendarme reconnaît la voiture de son collègue qu'il ne peut arrêter.

3) Gare routière

Les gares routières dans la ville de Bafoussam connaissent la même situation que les autres problèmes relatifs au transport. C'est comme on dit chez nous, c'est comme le porc, vous le chassez à un endroit vous croyez qu'il est parti, dès lors que vous vous tournez le dos il revient. C'est une des missions que j'avais confiée au préfet de la Mifi, il y a eu un relâchement les gares sont revenues aux endroits où on les avait interdit. Mais je crois qu'il y a deux ou trois jours le préfet est revenu avec le sous-préfet dégager encore tous ceux qui transforment les grands carrefours en des gares routières. D'une manière générale pour la province de l'Ouest et même pour tout le Cameroun il y a un problème de discipline individuelle et collective. Tant que nous ne nous disciplinons pas nous allons toujours arrivés à des catastrophes comme celui qui est arrivé l'autre jour à Bandja.

VI - Sport

1) Apport de la municipalité

C'est vrai lors de l'ouverture du championnat de 2e division j'ai invité les municipalités à s'impliquer financièrement dans la gestion des clubs de leur cité, mais ce n'est plus à moi d'aller jouer les gendarmes derrière eux. Le délégué du gouvernement est là on espère qu'il va réagir. Mais moi si j'étais maire d'une commune qui a un club je m'investis seulement à la montée en première division, Je ne sais pas qui vous refusera encore son suffrage. En plus ils ont la mission de favoriser le développement culturel et sportif de leur cité. Malheureusement, ils se contentent à investir dans plusieurs choses en excluant le sport. Curieusement tous ces gens étaient des grands sportifs à leur jeune âge, mais dès qu'ils deviennent maire ou proviseur de lycée, ils deviennent anti- sportif, marginalisant le sport dans toutes leurs actions. Donc il y a des lignes budgétaires pour cela dans les communes, il faut seulement que les magistrats municipaux réservent une partie au développement du sport dans la localité.

2) Achèvement de la construction du stade omnisports

Le projet est là, il a été relancé, les recherches des financements se poursuivent. Tant qu'ils n'ont pas abouti il ne faut pas se laisser aller aux spéculations. Au niveau de la province il y a des bonnes volontés qui se sont manifestées et il y a aussi des réticences. Et puis il faut refaire les estimations parce que ce qui a été fait par le passé est aujourd'hui dépassé. Mais c'est dans l'intérêt du gouvernement de doter Bafoussam d'un stade omnisports.


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