Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.


Privatisation de la CDC

Un comité d'autochtones bakweri aux Etats unis se fait entendre.

Nous publions ci-dessous le texte parvenu sur notre e-mail le 16 juin 2000 par une association basée aux Etats-Unis et qui revendique un droit de regard sur la privatisation de la CDC, le géant de l'agro industrie camerounaise en tout cas deuxième employeur au pays après l'Etat.

>
>M. le Directeur Général
>Fonds monétaire international
>700 19th Street, N.W.
>Washington, DC 20431 USA
>
>Monsieur le Directeur Général.
>
>Objet : PRIVATISATION DE LA CAMEROON
>DEVELOPMENT CORPORATION
> (CDC) CAUTIONNEE PAR LE FMI, SANS
>CONSULTATION AVEC LES
>PROPRIETAIRES AUTOCHTONES DES TERRES
>
> Nous, membres du Bureau exécutif du
>Comité des revendications foncières des
>Bakweris aux Etats-Unis (BLCC-USA), en
>collaboration avec les indigènes du Fako
>habitant dans tous les continents du monde,
>rassemblés par la technologie révolutionnaire
>d'Internet, avons pris connaissance du fait
>que, au mois de juin 2000, le Conseil
>d'administration du FMI s'est mis à
>réexaminer le programme de la facilité
>d'ajustement structurel renforcé (FASR)/
>facilité pour la réduction de la pauvreté et
>la croissance (FRPC) pour la République du
>Cameroun, et que le Directeur Général. M.
>Horst Koehler, se rendra au Cameroun au mois
>de juillet 2000. La campagne de privatisation
>du pays se poursuit dans le cadre de ce
>programme. Parmi les entreprises de l'Etat
>gérées par le gouvernement camerounais et
>destinées à être privatisées sous les
>auspices du programme FASR/FRPC, se trouve la
>Cameroon Development Corporation (CDC), une
>société agro-industrielle située
>principalement dans le Département du Fako,
>demeure du peuple indigène Bakweri.
>
> Le peuple Bakweri, par
>l'intermédiaire du Comité des revendications
>foncières des Bakweris aux Etats-Unis
>d'Amérique (BLCC-USA), réitère par la
>présente son inconditionnelle opposition à
>tout programme de privatisation qui ne tient
>pas compte des droits légitimes des peuples
>autochtones dont les terres ancestrales sont
>exploitées sans aucune indemnisation depuis
>plus d'un siècle par la future société
>privée, la Cameroon Development Corporation
>(CDC) et par ses prédécesseurs coloniaux.
>
> Nous aimerions indiquer que plus de
>988 kilomètres carrés de terres actuellement
>occupées par la CDC, soit pratiquement toutes
>les terres les plus fertiles du Département
>du Fako, furent violemment et brutalement
>arrachés à nos ancêtres sans indemnisation,
>par le colon allemand vers la fin du 19e
>siècle, dans le but d'établir des plantations
>agricoles de grande envergure. En 1947, ces
>plantations furent louées à la CDC par
>l'administration coloniale britannique,
>laquelle les avait saisies aux mains des
>Allemands à la fin de la première guerre
>mondiale et était supposée les tenir en
>tutelle au nom des indigènes Bakweri jusqu'à
>ce que ces derniers furent capables de les
>gérer eux-même. En 1960, l'administration
>coloniale britannique céda le pouvoir au
>Gouvernement du Cameroun Méridional, lequel a
>fut succédé par le Gouvernement de la
>République du Cameroun.
>
> Selon les termes de la location de
>ces terres à la CDC, cette dernière est tenue
>de verser un loyer en faveur des indigènes
>dépossédés. Les autochtones Bakweri n'ont
>jamais Les autochtones Bakweri n'ont jamais
>perçu aucune indemnisation et au fur et à
>mesure que s'approche la privatisation qui
>donnerait leurs terres à des sociétés
>étrangères, les Bakweris refusent résolument
>de reconnaître toute privatisation de la CDC
>qui ne tient pas compte de leurs droits de
>propriété justes, légitimes et de longue
>durée sur leur terre. (Veuillez consulter
>les Accords de Tutelle des Nations Unies de
>1946 et 1947, ainsi que l'Accord de location
>foncière de 1960 et autres documents au site
>web du BLCC-USA:
>
>
>http://www.bakwerilands.org
><http://www.bakwerilands.org>
>
> Les Bakweris, les propriétaires de
>ces terres, ne sont pas contre la
>privatisation en tant que tel. Cependant,
>ils voudraient que les termes de la location
>de leurs terres à des exploiteurs étrangers
>soient clairement établis, que ces termes
>leur soient acceptables et qu'il y ait une
>claire indication de leur droit fondamental à
>ces terres.
>
> Il faut également noter que, puisque
>cette région est la demeure de plusieurs
>espèces en danger d'extinction, y compris le
>gorille, l'antilope et l'éléphant, les
>potentiels acheteurs ou locataires des terres
>actuellement occupées par la CDC devront
>prendre connaissance de leurs obligations
>dans le cadre de normes écologiques reconnues
>par la communauté internationale. Les termes
>de la privatisation devront être clairement
>indiqués et devront reconnaître la propriété
>foncière comme une variable distincte qui, en
>collaboration avec le capital et la main
>d'œuvre, rend l'agriculture de plantation
>possible
>
>La position prise par le BLCC est en
>conformité avec la Déclaration universelle
>des droits de l'homme, ainsi qu'avec
>l'article 21 de la Charte africaine des
>droits humains et des peuples de 1981,
>laquelle stipule, entre autres:
>
>1. Tous les peuples auront le droit de
>disposer librement de leurs richesses et
>ressources naturelles. Ce droit sera exercé
>dans l'intérêt exclusif du peuple. En aucun
>cas le peuple n'en sera privé.
>2. En cas de spoliation, le peuple
>dépossédé aura le droit à la récupération
>légale de sa propriété ainsi qu'à une
>indemnisation adéquate.
>
>Tel que le démontre l'actuelle impasse au
>Zimbabwe et au Kenya, la terre arrachée aux
>autochtones africains par les colons
>européens depuis un siècle constitue
>aujourd'hui la source de beaucoup de
>bouleversements et d'instabilité. Tous les
>Camerounais de bonne foi sont témoins au fait
>que le peuple Bakweri a opté pour une
>solution pacifique au problème foncier de la
>CDC. Cependant, si la privatisation de la
>CDC se poursuit sans la participation des
>Bakweris dont les terres abritent la plupart
>des activités agro-industrielles de la
>société, nous nous réservons le droit de
>rechercher le recours juridique contre le
>Gouvernement de la République du Cameroun, le
>FMI, la Banque mondiale ainsi que tous les
>locataires détenant des titres fonciers à ces
>terres par quelque moyen que ce soit, dans
>tout pays du monde où se trouverait un tel
>organisme.
>
> Dans la poursuite de l'objectif cité
>ci-dessus, le BLCC-USA se propose de
>s'associer avec les médias internationaux,
>les groupes écologiques, les groupes des
>droits humains et autres organisations non
>gouvernementales de par le monde. Cela dans
>le cadre de sa lutte contre l'exploitation
>des terres ancestrales sans indemniser les
>propriétaires dépossédés.
>
> Il est porté à l'attention de toutes
>les parties impliquées dans la privatisation
>de la CDC qu'il existe actuellement un niveau
>de tension socio-politique très élevé dans
>les provinces anglophones du Cameroun, la
>région où sont situées les terres en
>question. Privatiser la CDC sans le
>consentement ni la participation des
>propriétaires autochtones des terres
>constitue un grand danger surtout à l'égard
>de potentiels investisseurs, comme l'a
>abondamment illustré la leçon du Zimbabwe et
>du Kenya. Le monde doit apprendre à prévenir
>les conflits car le coût de les éteindre est
>souvent disproportionné en termes de vies
>humaines et de ressources.
>
> Le BLCC-USA espère sincèrement que
>son appel sera entendu dans l'intérêt de
>l'équité, la paix, et l'unité nationale des
>générations futures de Camerounais.
>
>Veuillez agréer, monsieur le directeur,
>l'expression de nos sentiments les plus
>distingués.
>
>Au nom du BLCC-USA et des Bakweris de par le
>monde.
>
>Signataires:
>
>Lyombe Eko, Ph.D.
>Directeur Exécutif du BLCC-USA
>
>
>Njoh Endeley, Ph.D.
>Secrétaire-Général du BLCC-USA
>
>Dibussi Tande
>Directeur de Communication du BLCC-USA
>
>Emil Mondoa, M.D.
>Conseiller Principal du BLCC-USA
>
>Jack Endeley
>Le Président de l'association Fako America


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