Justin Blaise AKONO
Débat :
Le Congo recherche la paix à Yaoundé
Une formation des formateurs à la citoyenneté
démocratique et à la résolution non-violente
des conflits s'est achevée la semaine dernière au
" Révérend KENNE Norbert Memorial Peace Center
" à Yaoundé. Session spéciale à
l'intention du clergé congolais, membre du Conseil cuménique
des Eglise Chrétiennes du Congo.
Pendant trois semaine, 15 pasteurs des églises membres du
conseil cuménique de la République du Congo
se sont retrouvés au siège du Service cuménique
pour la paix, afin de tabler sur la manière de panser les
blessures encore ouvertes de la récente guerre civile dans
leur pays. Eglise Evangélique Luthérienne, Eglise
Protestante, Eglise Catholique et bien d'autres chapelles chrétiennes
étaient représentées autour d'une formation
portant sur quatre objectifs principaux qui sont d'actualité
dans plusieurs pays du monde. Il s'agit de favoriser chez les participants
la prise de conscience de la nécessité d'affronter
positivement les conflits, fournir aux participants des instruments,
renforcer leurs aptitudes pour la médiation, la réconciliation
et l'analyse de ces conflits ; promouvoir une grande utilisation
de la non-violence pour la résolution et la transformation
des conflits dans la vie quotidienne et enfin, renforcer les capacités
" andragogique " et organisationnelles du participant
pour l'organisation des sessions de formation à la base.
Trois modules ont été abordés.
Le premier module, faire face au conflit, a servi d'introduction.
Il s'agit d'une analyse des concepts fondamentaux que sont l'agressivité,
le conflit, la paix et la réconciliation. Pour les formateurs
camerounais du service cuménique de la paix, "
il s'agit d'expliquer la philosophie et les techniques de la non-violence
ainsi que ses contours et implications dans la résolution
d'un conflit. Et d'explorer la notion de citoyenneté démocratique
". Le deuxième module portant sur la théorie
des conflits et ses analyses, s'intéresse à l'escalade
des conflits et l'interaction entre la religion et les autres sciences
sociales. Le troisième module, animé par l'administrateur
du service cuménique pour la paix, Maurice KANSEU,
portait sur la problématique des relations du pouvoir, les
techniques et les attitudes d'écoute, la maîtrise des
émotions, la problématique de la communication interpersonnelle,
la maîtrise dynamique du groupe, le stress et la guérison
post-straumatique. La session de formation achevée la semaine
dernière en présence du Secrétaire général
de la FEMEC, du conseil de gestion du service cuménique
pour la paix, du représentant de l'église catholique
et de l'église protestante et bien d'autres personnalités
telles que le Docteur Adamou Ndam Njoya de la conférence
mondiale des religions pour la paix a permis, une fois de plus,
d'évaluer le degré de l'homme à toujours rechercher
la paix dans son milieu.
CONTEXTE
Certains pays de l'Afrique centrale, dont la République
du Congo, vivent depuis plus d'une décennie dans un cycle
infernal de violence et de guerres civiles. Les victimes, toujours
plus nombreuses du côté de la population civile, ne
laissent indifférente aucune personne éprise de paix
et de justice. Les événements qui ont secoué
ce pays ont à coup sûr milité à l'organisation
au Cameroun de cette session spéciale-Congo qui a coûté
près de 31 millions de nos francs. Le service cuménique
pour la paix a, selon l'Abbé Corneille Aucorevère
Nakoussindissa de Brazzaville, " renforcé les capacités
des membres du clergé de la République du Congo dans
les domaines de la citoyenneté démocratique et de
la résolution non-violente des conflits. Arrivés sur
place, nous nous attellerons à retransmettre les connaissances
acquises. Et surtout, amener chacun à utiliser efficacement
ces connaissances dans les actions de reconstruction d'une société
de justice, de paix et de réconciliation ". La République
du Congo est un exemple typique de pays qui sort timidement d'une
longue période de guerre qui a fragilisé l'Etat de
droit. Et cet extrait du discours d'Adamou Ndam Njoya constitue
peut-être un signal fort pour les congolais et pour bien d'autres
pays africains : " Aujourd'hui, c'est l'Afrique qui est en
flamme. Aujourd'hui, c'est le Congo qui est en flamme. Demain, ce
sera quel pays ? "
|