Nathanaël NJOG
Mairie LAFE - BALENG
Le SDF obtient la tête de deux de ses maires.
Le maire de la commune rurale de Lafé-Baleng
et son 1er adjoint viennent de remettre leur tablier. Tombés
sous le coup de la déchéance de leur parti politique.
Il aura fallu deux ans pour cela, le dilatoire de l'administration
faisant foi
Jeudi 12 octobre dernier, la mairie de Lafé Baleng, créée
il y a près de 5 ans, et encore sous la houlette de son tout
premier conseil municipal de l'histoire enregistrait le troisième
maire de son histoire. En la personne de Kengne Issac, ce dernier
remplace à ce poste M. Tagne Ngueko Emmanuel frappé
d'une déchéance de son parti, le SDF. Le même
sort était réservé à son premier adjoint,
Ogah Augustin obligé de céder sa place à Nza
Fotsa Maurice. C'était au cours d'une session extraordinaire
du conseil municipal de cette commune que présidait le préfet
de la Mifi, Njoya Yangué Alexandre.
En effet élu en mars 1997 à la députation,
le maire Ouechoua Marcias est obligé de céder son
poste puisque tombant sous le principe proscrit au SDF de cumul.
Conformément aux statuts de ce parti, un candidat est investi
à la base. Or, lors de la session extraordinaire du 11 juin
1998 tout bascule avec une deuxième candidature surprise.
Celle de Tagne Ngueko, qui obtiendra à la stupéfaction
de la hiérarchie dudit parti la majorité des voix
du conseil municipal. Passant outre les consignes de vote. Dès
cet instant, la hiérarchie du SDF s'engage de réparer
cet imper dans son sein. Le maire Tagne Ngueko est sommé
de démissionner, mais ne s'exécute pas. La hiérarchie
du parti engage alors une procédure de déchéance
du maire rebelle conformément aux lois régissants
les communes. L'autorité administrative compétente
bloque la procédure. Il faut attendre le mois de juin 2000
pour voir l'administration lâcher du lest. Le 21 juin dernier,
le conseil municipal se réunit en session extraordinaire
et vote la déchéance du maire et de son adjoint. Il
leur est reproché de ne pas respecter les statuts et règlements
régissant le fonctionnement du parti.
Il faut attendre les derniers mouvements dans les services extérieurs
de l'administration territoriale pour que la procédure de
destitution du maire se remette en place. Le 21 août, le gouverneur
de l'Ouest Ahmadou Tidjani, adresse un message porté au nouveau
préfet de la Mifi Njoya Yangua Alexandre pour exécuter
la déchéance du maire et son 1er adjoint avant le
25 du même mois. Seulement, le temps de rassembler tous les
éléments ne permet pas de respecter les injonctions
du n°1 de la province. C'est le 4 septembre dernier que le chef
service provincial des communes adresse l'extrait de délibération
de constat de la déchéance. Et ce n'est que le 20
septembre que le provincial du SDF répond à la correspondance
préfectorale sollicitant la procédure, le 2e adjoint
au maire est saisi pour convoquer le conseil municipal en session
extraordinaire.
Le 12 octobre dernier, le conseil municipal dans un quorum largement
atteint avec 22 conseillers présents passe aux scrutins uninominaux
qui va porter MM. Kengne Issac et Nza Fotsa Maurice respectivement
au poste de maire et de 1er adjoint au maire. Ces deux scrutins
seront émaillés par une motion du SDF sollicitant
que la déchéance des deux maires de leur poste porte
aussi de leur déchéance du conseil municipal. Ce à
quoi s'opposera le préfet de la Mifi : " Je travaille
avec les textes, non avec les sentiments. Sur la base des documents
en ma possession les maires sortants sont déchus de leur
responsabilité non du conseil municipal ". En outre
en l'absence du procès verbal de passation de service pour
besoin de matérialisation de la décharge des responsables
sortant et de la prise en charge des responsables entrants, cette
cérémonie a été reportée à
plus tard. Certainement, elle sera liée à la cérémonie
d'installation officielle que le préfet a promis de présider
lui-même.
Reste une question de fond posée par le doyen d'âge
du conseil municipal, Mintang Pierre qui se trouve être aussi
le beau père du maire déchu : " Que peut faire
celui qui arrive en 4 mois et que les autres n'ont pas fait en 4
ans et 8 mois ? " Le maire entrant M. Kengne Isaac dans son
speach de fin donnera un esquisse de réponse : " Je
m'engage à travailler corps et âme pour rehausser la
commune rurale de Lafé-Baleng au point de faire concurrence
aux communes environnantes ". Le président provincial
Sonkin Etienne souscrivant à cette ambition légitime
a promis d'apporter de l'air nécessaire au nouveau maire
pour qu'il relève le défi en dépit du temps
imparti. En revanche, pour Kago Lélé responsable des
communes au bureau exécutif du SDF, la question du temps
ne se pose pas : " même à une semaine de la fin
du mandat, nous tenions au SDF à cette exécution de
la déchéance pour faire respecter les textes du parti
et les lois de la République ". Parce que renchérit-il,
le SDF continuera à dénoncer dans son sein tous ceux
de ses élus qui auront un comportement marginal au parti
pour un souci de transparence. Ce qui n'est pas le cas du parti
au pouvoir. La passe d'arme est déjà ouverte entre
les deux parties pour les élections municipales prochaines.
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