Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.


Sharon MENKA


Tintamarre à Bana

Le RDPC se ridiculise en cherchant à tricher

Scénario pour convaincre : faire croire que toute la population de Bana milite dans le RDPC. En usant de tricherie et de manipulations. on expérimente ici de bien curieuses moeurs politiques.

 

Il y avait des apparences de fête à la chefferie Bana le 30 septembre dernier. Non en raison de la laborieuse victoire des lions espoirs à Sydney mais à cause du RDPC. Dans une de nos livraisons l'année dernière (Ouest-Echos n°114 du 8 au 15 novembre 1999), nous relevions les manigances avec lesquelles les responsables locaux de ce parti avaient recruté à tout vent des " militants " et les dissensions que cela avait entraîné singulièrement à Bana où le réputé Kadji Defosso Joseph s'était cru un devoir de s'immiscer dans le bal. Depuis ce renouvellement-éclatement- création, on sait que le RDPC se porte très mal à Bana puisqu'il connaît au moins trois tendances et que le président de l'ancienne sous-section qui couvrait tout l'arrondissement a été entre-temps subtilement écarté des commandes, lui que certains n'avaient pas hésité à considérer comme un allogène à Bana parce qu'il serait du village voisin de Badoumkassa. L'installation de ces nouvelles structures avait été différée et certains avaient cru avec le temps qu'on était parvenu à une certaine normalisation. A l'observation, il semble que ces acrobaties avaient plutôt semé le doute dans les esprits au niveau des instances supérieurs, qui ont décidé de venir constater à Bana que l'arrondissement était vraiment un bastion du RDPC. La cérémonie de samedi avait donc pour but de confirmer cette popularité.

Kadji DEFOSSO au four et au moulin
Pour la circonstance, on n'a pas lésiné sur les moyens, des plus orthodoxes aux plus louches, pour faire foule. Une portion de la richesse et de l'aura de Kadji a permis de mobiliser les " Bana " de Yaoundé, Douala, Bafoussam, Bafang ; les femmes Bana de Nkongsamba reconnaissables par leur pagne plutôt suspect en ces lieux sont sortis nombreuses ; un ami de Dschang lui a prêté pour cette journée des militants et autres employés de la CAPLAME auxquels se sont ajoutés ceux de l'UCB ainsi que des jeunes élèves en week-end.

Sur place au village, le chef avait ventilé l'information selon laquelle il recevait toutes les populations à la chefferie le samedi. C'est donc légitimement que de nombreux citoyens se retrouvée là, sans savoir ce qu'ils venaient faire.

Ce n'est que progressivement qu'ils comprendront qu'ils venaient à un meeting dont l'objet était... la validation des listes des membres du parti à Bana. Où l'on a vu que la honte ne tue pas, même le Bamiléké chez qui on trouve qu'elle est un instrument d'éducation. Non seulement les organisateurs ont demandé aux " militants " de s'aligner par sous-section (on n'ignore le nombre) pour être comptés mais encore on a régulièrement vu plusieurs doigts se lever à la lecture d'un seul nom, sans que cela n'émeuve personne. Parce que c'était les noms des personnes fictives. Mais le curieux est attiré par des petits pancartes qui essaiment dans la cour. ce sont les lieux de recrutement, par sous section. Quel que soit votre âge, votre profession, le casier judiciaire, connu ou inconnu, vous donnez le nom, on l'enregistre, vous établit une carte et vous allez répondre à l'appel, en attendant de trouver le chemin de la caisse. On apprendra plus tard que les noms et prénoms enregistrés ainsi que les numéros de cartes d'identités seront portés sur les listes électorales et ces " mercenaires " viendront voter lors des prochaines échéances électorales.

Devant ce qui ressemblait à un rite dangereux, les dieux se sont même fâchés. Car une forte pluie est tombée et a disloqué la foule. Preuve du génie d'un peuple, les mamans ont alors coupé toutes les feuilles de macabo d'un champ pour se couvrir. Sous la pluie battante elles ne manquaient pas d'ironie : " c'est ce que le père Kadji nous a appelées pour nous distribuer ". Dans la soirée, on a aperçu trois cars devant le portail du père Kadji. Les " vandales de Mbouda " faisaient du bruit parce qu'ils n'avaient pas reçu l'argent promis avant leur embarquement. On apprendra qu'après d'âpres discutions, le père de King Beer a promis de leur envoyer le pactole, en attendant que le chef de la délégation lui envoie par fax la liste des membres. On savait les Bana orgueilleux et fiers d'eux-mêmes mais on ne sait pas où (et pourquoi) Kadji et Cie veulent mener ce peuple au sein duquel il n'y a pas que des moutons.



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