Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.


Noël NGAHANE

Pause racket

Jeudi 10 août, journée provinciale sans contrôle de police

La joie était perceptible sur le visage des transporteurs de Bafoussam jeudi dernier, because aucun contrôle de police en chemin, les rançonneurs habituels recevant les épaulettes. En attendant des lendemains moins enchanteurs


" Vous deviez faire preuve de discipline par un changement radical de comportement et surtout refuser de rançonner les populations ". Tels sont les propos tenus par le responsable de la sûreté nationale à l'Ouest lors de la remise des épaulettes jeudi dernier aux 305 policiers promus. A cet effet la place de fête de Bafoussam s'est révélée étroite pour accueillir tous les récipiendaires, leurs amis, familles et curieux venus prendre part à l'événement. Du côté de l'administration la mobilisation était totale; du gouverneur de la province de l'Ouest au délégué du gouvernement en passant par le secrétaire général à la province, sans oublier le préfet sortant de la Mifi qui a tenu à faire une photo d'aurevoir avec les promus. A ce corps le chef de service provincial de la sûreté nationale a recommandé de renforcer la vigilance dans la protection des personnes et des biens, d'être à l'écoute de la population qu'il doit servir et non se servir en les rançonnant.

Pour ce 10 août 2000, les transporteurs ont quelque peu soufflé, les policiers ayant la tête à la fête, en tout cas ailleurs que sur leurs contrôles intempestifs sur nos axes routiers. Ce qui allait faire dire à l'un d'eux que le 10 août était la journée provinciale sans contrôle de police comme d'autres célèbrent la journée mondiale sans tabac. Quoi qu'il en soit les tracasseries policières en bordure de nos axes routiers semblent devenues le fléau n° 1 de la province de l'Ouest, loin devant le banditisme. Pour preuve, le gouverneur Ahmadou Tidjani allait emboucher les trompettes de la moralisation des comportements des forces de l'ordre le lendemain à la faveur de la cérémonie de passation de service entre les préfets entrant et sortant de la Mifi. Le gouverneur allait carrément demandé aux policiers et aux gendarmes de s'entendre sur un calendrier de sortie pour le contrôle routier. Ce qui devrait minimiser les charges des transporteurs en cette période de récolte de maïs.

Les transporteurs de cette denrée alimentaire, une fois en route ne devant faire l'objet des interpellations qu'à la seule condition de mettre en danger la vie de certains passagers. C'est le cas des ouvriers agricoles et des autres passagers qui sont parqués comme des sacs d'arachide au dessus des vivres. Ce message est-il passé ? Nous n'osons pas affirmer, car dimanche alors que nous nous rendions dans la zone de Kouhekong, sur la montée après la S. P.C. les routiers habituels avaient pris fonction et chaque voiture supposée se rendre au champ pour le transport de maïs devrait payer 2000 f cfa, tarif homologué par les policiers eux-mêmes et que tous les transporteurs connaissent. Plus loin à l'ancienne société de Tabac (SACTA) les gendarmes quant à eux se contentaient de leur 500 f à 1000 f habituels. Seuls les imbéciles ont cru que Ahmadou Tidjani pouvait par un jeu de phrases changer la mentalité de ces policiers et de leurs victimes les transporteurs. Entre ces deux corps le mariage est tel que même le responsable national de la sûreté nationale y laissera son képi s'il tentait d'y regarder de très près. C'est avec un incroyable enthousiasme que les chauffeurs sans papiers conformes payent le salaire de la concussion en attendant de récupérer ou de se rattraper de la douloureuse de cette forme d'impôt, par les surcharges ou les prix exorbitants lors du transport des vivres.

Ces corps disons le on signé un pacte sur le dos des populations victimes et des consommateurs en dernier ressort. Tous ces discours tenus ça et là par Ahmadou Tidjani ou par des responsables de la police depuis Yaoundé ne servent à rien sinon à amuser la galerie des bailleurs de fonds qui seraient bien stupides de prendre au mot ces professions de foi qui davantage éloigne la réalité de l'autorité de l'Etat de la confiance des populations. Les usagers eux attendent des actes et des sanctions des fonctionnaires de la police indélicats.


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