Noël NGAHANE
Pause racket
Jeudi 10 août, journée provinciale
sans contrôle de police
La joie était perceptible sur le visage
des transporteurs de Bafoussam jeudi dernier, because aucun contrôle
de police en chemin, les rançonneurs habituels recevant les
épaulettes. En attendant des lendemains moins enchanteurs
" Vous deviez faire preuve de discipline par un changement
radical de comportement et surtout refuser de rançonner les
populations ". Tels sont les propos tenus par le responsable
de la sûreté nationale à l'Ouest lors de la
remise des épaulettes jeudi dernier aux 305 policiers promus.
A cet effet la place de fête de Bafoussam s'est révélée
étroite pour accueillir tous les récipiendaires, leurs
amis, familles et curieux venus prendre part à l'événement.
Du côté de l'administration la mobilisation était
totale; du gouverneur de la province de l'Ouest au délégué
du gouvernement en passant par le secrétaire général
à la province, sans oublier le préfet sortant de la
Mifi qui a tenu à faire une photo d'aurevoir avec les promus.
A ce corps le chef de service provincial de la sûreté
nationale a recommandé de renforcer la vigilance dans la
protection des personnes et des biens, d'être à l'écoute
de la population qu'il doit servir et non se servir en les rançonnant.
Pour ce 10 août 2000, les transporteurs ont quelque peu
soufflé, les policiers ayant la tête à la fête,
en tout cas ailleurs que sur leurs contrôles intempestifs
sur nos axes routiers. Ce qui allait faire dire à l'un d'eux
que le 10 août était la journée provinciale
sans contrôle de police comme d'autres célèbrent
la journée mondiale sans tabac. Quoi qu'il en soit les tracasseries
policières en bordure de nos axes routiers semblent devenues
le fléau n° 1 de la province de l'Ouest, loin devant
le banditisme. Pour preuve, le gouverneur Ahmadou Tidjani allait
emboucher les trompettes de la moralisation des comportements des
forces de l'ordre le lendemain à la faveur de la cérémonie
de passation de service entre les préfets entrant et sortant
de la Mifi. Le gouverneur allait carrément demandé
aux policiers et aux gendarmes de s'entendre sur un calendrier de
sortie pour le contrôle routier. Ce qui devrait minimiser
les charges des transporteurs en cette période de récolte
de maïs.
Les transporteurs de cette denrée alimentaire, une fois
en route ne devant faire l'objet des interpellations qu'à
la seule condition de mettre en danger la vie de certains passagers.
C'est le cas des ouvriers agricoles et des autres passagers qui
sont parqués comme des sacs d'arachide au dessus des vivres.
Ce message est-il passé ? Nous n'osons pas affirmer, car
dimanche alors que nous nous rendions dans la zone de Kouhekong,
sur la montée après la S. P.C. les routiers habituels
avaient pris fonction et chaque voiture supposée se rendre
au champ pour le transport de maïs devrait payer 2000 f cfa,
tarif homologué par les policiers eux-mêmes et que
tous les transporteurs connaissent. Plus loin à l'ancienne
société de Tabac (SACTA) les gendarmes quant à
eux se contentaient de leur 500 f à 1000 f habituels. Seuls
les imbéciles ont cru que Ahmadou Tidjani pouvait par un
jeu de phrases changer la mentalité de ces policiers et de
leurs victimes les transporteurs. Entre ces deux corps le mariage
est tel que même le responsable national de la sûreté
nationale y laissera son képi s'il tentait d'y regarder de
très près. C'est avec un incroyable enthousiasme que
les chauffeurs sans papiers conformes payent le salaire de la concussion
en attendant de récupérer ou de se rattraper de la
douloureuse de cette forme d'impôt, par les surcharges ou
les prix exorbitants lors du transport des vivres.
Ces corps disons le on signé un pacte sur le dos des populations
victimes et des consommateurs en dernier ressort. Tous ces discours
tenus ça et là par Ahmadou Tidjani ou par des responsables
de la police depuis Yaoundé ne servent à rien sinon
à amuser la galerie des bailleurs de fonds qui seraient bien
stupides de prendre au mot ces professions de foi qui davantage
éloigne la réalité de l'autorité de
l'Etat de la confiance des populations. Les usagers eux attendent
des actes et des sanctions des fonctionnaires de la police indélicats.
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