M.E.P.
Les médias dans la danse
Les ravages de l'affaire Kouhekong
Notre confrère Thomas Tankou attend toujours
de rentrer en possession de ses appareils confisqués par
la milice du chef Bafoussam. Comme on le voit, l'affaire Kouhekong
a laissé quelques cadavres dans les placards de la presse.
En attendant de connaître l'inventaire réel des dégâts
causés par l'affaire Kouhekong, on serait imprudent de s'arrêter
aux seules sanctions apparentes qui ont affecté le chef de
terre de la place de Bafoussam. La presse aussi a payé le
prix fort de cette affaire. Le coup de semonce est venu de la CRTV
Bafoussam où le présentateur des émissions
en langue Aka propre aux Bafoussam a purement et simplement été
suspendu d'antenne après qu'il ait par des prises de position
enflammées, appelé les populations à un soulèvement
à Kouhekong.
Aujourd'hui, nos confrères du Messager sur place à
l'Ouest sont sous le coup des menaces diverses des personnes se
réclamant de la chefferie Bafoussam, lesquelles les accusent
d'un soutien ostentatoire à la cause des Bandjoun et d'être
haineux à l'endroit du chef Bafoussam. Les partisans du chef
Bafoussam peuvent en revanche s'appuyer sur La Nouvelle expression
perçue dans cette affaire comme étant à la
solde de leur cause à travers une série d'articles
de son envoyé spécial et spécialiste des questions
de l'Ouest à la rédaction centrale de Douala (Au contraire
du Messager, La Nouvelle expression n'a pas encore d'agence à
l'Ouest, mais serait en train d'y penser sérieusement). Bref,
l'affaire Kouhekong aura permis une fois de plus aux deux journaux
leaders camerounais d'étaler leur différence
Reste que des " petits journaux " locaux ont aussi souffert
de cette affaire. C'est le cas notamment du " Héraut
" dont le directeur de publication, Thomas Tankou a été
séquestré et molesté par les miliciens du chef
Bafoussam le 17 mai 2000, lesquels lui ont arraché d'après
ses dires d'importants matériels de travail. Depuis lors,
ni l'intervention des journalistes plus neutres dans l'affaire,
ni celles des autorités administratives n'ont été
suffisantes pour permettre au D.P. du " Héraut "
de rentrer en possession desdits matériels. C'est ainsi qu'une
correspondance du préfet David Njilié datée
du 21 juin 2000 a été adressée au chef Bafoussam
sous le n° 57/L/F.35/SP et intitulée " restitution
du matériel du journalLe Héraut ". Dans cette
correspondance, le préfet écrivait : " J'ai l'honneur
de vous demander, si vous ne l'avez pas déjà fait,
de restituer le matériel de travail du journal " Le
Héraut " que vous avez saisi dans la journée
du 17 mai 2000 à la chefferie de Bafoussam et qui comportait
entre autre :
- 1 dictaphone avec 2 micro-cassettes
- 1 appareil photo
- 1 somme de cent quarante huit mille (148.000) francs.
Cet organe de presse privée a été autorisé
suivant récépissé de dépôt de
déclaration n°021/RDDOPP/F.35/BAPP du 10 mars 1999.
Vous voudrez bien me rendre compte de l'exécution de la
présente lettre à laquelle j'attache du prix. ".
A cette correspondance, le chef Bafoussam a répondu en relevant
que Thomas Tankou est déjà rentré en possession
des biens qu'il avait lui même consignés dans un message
laissé à la chefferie au moment des faits et le monarque
d'expliquer " Je suis surpris qu'à ce jour M. Tankou
parle d'autres effets que nous n'avions jamais vu et dont lui même
n'avait pas fait mention et pour me diaboliser comme cela est de
règle en ce moment, ce monsieur me nargue et me traite de
tout dans son canard. (
) "
Qui croire ? Dans tous les cas, le nouveau préfet hérite
de cet élément, qui n'est pas qu'une simple virgule
importante dans le dossier de l'affaire Kouhekong. On attend la
suite qui lui sera accordée.
Rappelons que le journaliste Thomas Tankou avait été
pris à partie le 17 mai 2000 à la chefferie Bafoussam
par la milice du chef Bafoussam qui le soupçonnait d'être
un espion à la solde du chef Bandjoun.
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