Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.


M.E.P.

Les médias dans la danse

Les ravages de l'affaire Kouhekong

Notre confrère Thomas Tankou attend toujours de rentrer en possession de ses appareils confisqués par la milice du chef Bafoussam. Comme on le voit, l'affaire Kouhekong a laissé quelques cadavres dans les placards de la presse.


En attendant de connaître l'inventaire réel des dégâts causés par l'affaire Kouhekong, on serait imprudent de s'arrêter aux seules sanctions apparentes qui ont affecté le chef de terre de la place de Bafoussam. La presse aussi a payé le prix fort de cette affaire. Le coup de semonce est venu de la CRTV Bafoussam où le présentateur des émissions en langue Aka propre aux Bafoussam a purement et simplement été suspendu d'antenne après qu'il ait par des prises de position enflammées, appelé les populations à un soulèvement à Kouhekong.

Aujourd'hui, nos confrères du Messager sur place à l'Ouest sont sous le coup des menaces diverses des personnes se réclamant de la chefferie Bafoussam, lesquelles les accusent d'un soutien ostentatoire à la cause des Bandjoun et d'être haineux à l'endroit du chef Bafoussam. Les partisans du chef Bafoussam peuvent en revanche s'appuyer sur La Nouvelle expression perçue dans cette affaire comme étant à la solde de leur cause à travers une série d'articles de son envoyé spécial et spécialiste des questions de l'Ouest à la rédaction centrale de Douala (Au contraire du Messager, La Nouvelle expression n'a pas encore d'agence à l'Ouest, mais serait en train d'y penser sérieusement). Bref, l'affaire Kouhekong aura permis une fois de plus aux deux journaux leaders camerounais d'étaler leur différence…

Reste que des " petits journaux " locaux ont aussi souffert de cette affaire. C'est le cas notamment du " Héraut " dont le directeur de publication, Thomas Tankou a été séquestré et molesté par les miliciens du chef Bafoussam le 17 mai 2000, lesquels lui ont arraché d'après ses dires d'importants matériels de travail. Depuis lors, ni l'intervention des journalistes plus neutres dans l'affaire, ni celles des autorités administratives n'ont été suffisantes pour permettre au D.P. du " Héraut " de rentrer en possession desdits matériels. C'est ainsi qu'une correspondance du préfet David Njilié datée du 21 juin 2000 a été adressée au chef Bafoussam sous le n° 57/L/F.35/SP et intitulée " restitution du matériel du journalLe Héraut ". Dans cette correspondance, le préfet écrivait : " J'ai l'honneur de vous demander, si vous ne l'avez pas déjà fait, de restituer le matériel de travail du journal " Le Héraut " que vous avez saisi dans la journée du 17 mai 2000 à la chefferie de Bafoussam et qui comportait entre autre :
- 1 dictaphone avec 2 micro-cassettes
- 1 appareil photo
- 1 somme de cent quarante huit mille (148.000) francs.

Cet organe de presse privée a été autorisé suivant récépissé de dépôt de déclaration n°021/RDDOPP/F.35/BAPP du 10 mars 1999.

Vous voudrez bien me rendre compte de l'exécution de la présente lettre à laquelle j'attache du prix. ".
A cette correspondance, le chef Bafoussam a répondu en relevant que Thomas Tankou est déjà rentré en possession des biens qu'il avait lui même consignés dans un message laissé à la chefferie au moment des faits et le monarque d'expliquer " Je suis surpris qu'à ce jour M. Tankou parle d'autres effets que nous n'avions jamais vu et dont lui même n'avait pas fait mention et pour me diaboliser comme cela est de règle en ce moment, ce monsieur me nargue et me traite de tout dans son canard. (…) "

Qui croire ? Dans tous les cas, le nouveau préfet hérite de cet élément, qui n'est pas qu'une simple virgule importante dans le dossier de l'affaire Kouhekong. On attend la suite qui lui sera accordée.

Rappelons que le journaliste Thomas Tankou avait été pris à partie le 17 mai 2000 à la chefferie Bafoussam par la milice du chef Bafoussam qui le soupçonnait d'être un espion à la solde du chef Bandjoun.


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