Martial HOGBE MATIP
SDF
Fru Ndi entre Me Tsapy et l'Ouest
Péripéties de la guerre qui l'oppose
depuis quelques temps à l'équipe provinciale de l'Ouest
conduite par Sonkin, Me Tsapy est aujourd'hui au bout du rouleau.
Il en appelle à l'arbitrage de Fru Ndi pour éviter
le jet de l'éponge.
Me Tsapy Joseph Lavoisier va-t-il démissionner du SDF si
Fru Ndi ne désavoue pas le comité exécutif
provincial de l'Ouest ? C'est en tout cas cette menace du président
du conseil municipal de Bafoussam rapportée par le coordinateur
départemental de la Mifi qui fait l'actualité politique
ces derniers jours à l'Ouest. L'interrogation subsidiaire
est évidemment celle de savoir si le chairman Fru Ndi jouera
tout son comité exécutif de l'Ouest contre un seul
homme fut-il l'un de ses redoutables janissaires.
Au départ de ce dernier déroulement de l'affaire,
se trouve la réunion du comité exécutif provincial
du SDF de l'Ouest (CEPO) en sa date du 14 mai 2000. A cette date
en effet, le CEPO avait retenu le train de mesures suivantes :
- Le principe de la traduction au conseil de discipline de Defo
Oumbé Sangong, le président de la circonscription
électorale (CE) de Bafoussam urbain
- La dénonciation de l'incompatibilité des fonctions
d'avant-garde (milicien du SDF, encore appelé vanguards
NDLR) et de président de CE assumées par Defo Sangong
tout en lui méconnaissant le titre auto attribué
de commandant d'avant-gardes
- Ordonne au comité exécutif de la CE de Bafoussam
urbain de suspendre de leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre
les avant-gardes Ambé Cécilia, Vebem Victorine,
Tassouop et Bih Margaret
- Décide d'envoyer auprès de la C.E. de Bafoussam
urbain une mission chargée d'éclairage et de mise
au point suite aux manuvres et campagnes de désinformation
menées dans ladite
- Décide d'envoyer dans Bafoussam urbain une commission
chargée de la redynamisation des cellules inactives ou
moribondes. Le président provincial se chargera de la formation
desdites commissions
- Recommande la réorganisation de la CE de Bafoussam urbain
à l'issue de la redynamisation des cellules susvisées
Pour qui connaît les alliances politiques à l'Ouest
et les enjeux de la guerre entre Me Tsapy le président du
conseil municipal de Bafoussam et le comité exécutif
provincial présidé par Etienne Sonkin, ces mesures
ne sont pas loin de signer l'anéantissement politique de
Me Tsapy.
Ukases
Il convient en effet de rappeler que Defo Oumbé Sangong
est le seul soutien sûr de Me Tsapy à l'Ouest. L'équipe
de Etienne Sonkin a partout ailleurs miné le terrain de sorte
que la chute de Défo Sangong président du SDF dans
la ville où Me Tsapy est président du conseil municipal
ne pourrait signifier autrement que la fin du moindre soutien à
son endroit. Voilà pourquoi alors, dès la publication
de ces décisions, aux dires du coordinateur de la Mifi, Me
Tsapy aurait menacé rien moins que de quitter le parti du
SDF si Fru Ndi en personne ne faisait des pressions sur Etienne
Sonkin pour annuler toutes ces mesures. On attend encore de savoir
ce que Fru Ndi décidera. Choisira-t-il entre Me Tsapy, l'un
de ses janissaires les plus dangereux à l'Ouest, lequel l'a
plusieurs fois aidé à couper plus d'une tête
dans le SDF (dont celle du Dr. Siga Asanga) et de réduire
plus d'une contestation à son endroit ou toute l'équipe
provinciale conduite certes par Etienne Sonkin le maire de Dschang,
mais fortement soutenu par Pierre Mouaffo le secrétaire national
adjoint du SDF, chef Tchatchouang le vice président de l'Assemblée
nationale, les députés Maurice Tandonkeng, Keyanfé
Jean Robert, les maires de Mbouda, Penka-Michel pour ne citer que
quelques uns de ce lobby ?
Pour autant, les observateurs ne manquent pas de relever que pour
régler son compte à Defo Sangong l'équipe provinciale
du SDF a saisi la perche d'un certain nombre de manquements de son
bureau. On se souvient dernièrement que pour briser une décision
du comité provincial du SDF qui interdisait la salle du siège
du SDF pour les réunions de la CE de Bafoussam jusqu'à
ce que celle-ci ne s'acquitte de ses cotisations, un curieux cambriolage
avait eu lieu au sein du SDF où la porte avait été
saccagée et la serrure placée par Sonkin emportée.
Rien, ni aucun document n'avait été emporté.
Le message des auteurs qui signaient ainsi leur forfait était
clair. On ne doit pas comprendre autrement la suspension des miliciens
proches de Defo Sangong, lesquels sont évidemment soupçonnés
d'être les auteurs de ce forfait qui avait pour but d'humilier
Sonkin. On sera un peu plus complet en relevant que Defo Sangong
qui se doit d'être la vitrine politique du SDF dans la troisième
ville du pays et la première en tout cas de son bastion francophone,
se plaît beaucoup plus dans ses fonctions de milicien qui
lui ôte la respectabilité nécessaire en ces
moments de primat du dialogue. On retiendra que la discussion n'est
pas libre chez ce cadre du parti qui reçoit des journalistes
chez lui en l'an 2000 avec machette aux hanches et lance à
portée de la main. (Vous avez bien lu !) Une image entre
autres que le comité exécutif veut certainement polir
en lui demandant de choisir entre ses fonctions politiques et purement
" guerrières ".
Mieux, l'équipe provinciale s'est appuyée sur la
baisse du militantisme en faveur du SDF à Bafoussam sous
Defo Sangong pour demander la " redynamisation " de ses
structures, sans le parrainage du président de la C.E. qu'il
est. Les résolutions sont muettes sur les chiffres, mais
de sources dignes de foi, seulement 17 cellules du SDF sont aujourd'hui
fonctionnelles dans la ville de Bafoussam contre 54 au moment où
Defo Sangong prenait les commandes. Certes, la chose politique intéresse
un peu moins les populations camerounaises avec la résistance
de Paul Biya plus vissé à la magistrature suprême
que jamais, mais on retiendra aussi que à Bafoussam, Defo
a découragé plus d'une vocation en se livrant à
des chasses aux sorcières dans son équipe.
Arbitrage
On aura fait le tour en rappelant qu'avant que nous ne puissions
entrer en possession des résolutions ci-dessus du comité
exécutif provincial du 14 mai dernier, le président
Defo Sangong lui-même avait fait croire à Ouest Echos
qu'il avait été démis de ses fonctions. La
lecture des résolutions ne le dit pas. En tout cas pas encore.
La réalité signifiant tout simplement qu'il s'est
enfermé jusqu'ici dans une logique de méconnaissance
de l'autorité de Sonkin, ne manquant jamais une occasion
de le défier. Il s'est par exemple refusé de répondre
aux enquêtes diligentées dans le cadre de la mise à
sac du siège provincial du SDF, affaire dans laquelle il
est fortement soupçonné. Sur recommandation de son
mentor Me Tsapy comme il se dit, Defo Sangong a plutôt rejoint
Fru Ndi qui était en tournée dans le septentrion pour
lui témoigner de son indéfectible attachement à
sa personne. Pour certains maintenant la question se pose entre
le soutien aux structures locales du parti garantes de son efficacité
sur le terrain et l'indiscipline d'un cadre qui invoque cependant
la fidélité au chef suprême comme unique preuve
de son militantisme.
Les observateurs sont maintenant suspendus à l'arbitrage
de Fru Ndi et du NEC, eux qui ne manqueront pas d'être saisis
par l'une ou l'autre des parties.
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