Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
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Martial HOGBE MATIP

SDF

Fru Ndi entre Me Tsapy et l'Ouest

Péripéties de la guerre qui l'oppose depuis quelques temps à l'équipe provinciale de l'Ouest conduite par Sonkin, Me Tsapy est aujourd'hui au bout du rouleau. Il en appelle à l'arbitrage de Fru Ndi pour éviter le jet de l'éponge.

 

Me Tsapy Joseph Lavoisier va-t-il démissionner du SDF si Fru Ndi ne désavoue pas le comité exécutif provincial de l'Ouest ? C'est en tout cas cette menace du président du conseil municipal de Bafoussam rapportée par le coordinateur départemental de la Mifi qui fait l'actualité politique ces derniers jours à l'Ouest. L'interrogation subsidiaire est évidemment celle de savoir si le chairman Fru Ndi jouera tout son comité exécutif de l'Ouest contre un seul homme fut-il l'un de ses redoutables janissaires.

Au départ de ce dernier déroulement de l'affaire, se trouve la réunion du comité exécutif provincial du SDF de l'Ouest (CEPO) en sa date du 14 mai 2000. A cette date en effet, le CEPO avait retenu le train de mesures suivantes :

  • Le principe de la traduction au conseil de discipline de Defo Oumbé Sangong, le président de la circonscription électorale (CE) de Bafoussam urbain
  • La dénonciation de l'incompatibilité des fonctions d'avant-garde (milicien du SDF, encore appelé vanguards NDLR) et de président de CE assumées par Defo Sangong tout en lui méconnaissant le titre auto attribué de commandant d'avant-gardes
  • Ordonne au comité exécutif de la CE de Bafoussam urbain de suspendre de leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre les avant-gardes Ambé Cécilia, Vebem Victorine, Tassouop et Bih Margaret
  • Décide d'envoyer auprès de la C.E. de Bafoussam urbain une mission chargée d'éclairage et de mise au point suite aux manœuvres et campagnes de désinformation menées dans ladite
  • Décide d'envoyer dans Bafoussam urbain une commission chargée de la redynamisation des cellules inactives ou moribondes. Le président provincial se chargera de la formation desdites commissions
  • Recommande la réorganisation de la CE de Bafoussam urbain à l'issue de la redynamisation des cellules susvisées

Pour qui connaît les alliances politiques à l'Ouest et les enjeux de la guerre entre Me Tsapy le président du conseil municipal de Bafoussam et le comité exécutif provincial présidé par Etienne Sonkin, ces mesures ne sont pas loin de signer l'anéantissement politique de Me Tsapy.

Ukases

Il convient en effet de rappeler que Defo Oumbé Sangong est le seul soutien sûr de Me Tsapy à l'Ouest. L'équipe de Etienne Sonkin a partout ailleurs miné le terrain de sorte que la chute de Défo Sangong président du SDF dans la ville où Me Tsapy est président du conseil municipal ne pourrait signifier autrement que la fin du moindre soutien à son endroit. Voilà pourquoi alors, dès la publication de ces décisions, aux dires du coordinateur de la Mifi, Me Tsapy aurait menacé rien moins que de quitter le parti du SDF si Fru Ndi en personne ne faisait des pressions sur Etienne Sonkin pour annuler toutes ces mesures. On attend encore de savoir ce que Fru Ndi décidera. Choisira-t-il entre Me Tsapy, l'un de ses janissaires les plus dangereux à l'Ouest, lequel l'a plusieurs fois aidé à couper plus d'une tête dans le SDF (dont celle du Dr. Siga Asanga) et de réduire plus d'une contestation à son endroit ou toute l'équipe provinciale conduite certes par Etienne Sonkin le maire de Dschang, mais fortement soutenu par Pierre Mouaffo le secrétaire national adjoint du SDF, chef Tchatchouang le vice président de l'Assemblée nationale, les députés Maurice Tandonkeng, Keyanfé Jean Robert, les maires de Mbouda, Penka-Michel pour ne citer que quelques uns de ce lobby ?

Pour autant, les observateurs ne manquent pas de relever que pour régler son compte à Defo Sangong l'équipe provinciale du SDF a saisi la perche d'un certain nombre de manquements de son bureau. On se souvient dernièrement que pour briser une décision du comité provincial du SDF qui interdisait la salle du siège du SDF pour les réunions de la CE de Bafoussam jusqu'à ce que celle-ci ne s'acquitte de ses cotisations, un curieux cambriolage avait eu lieu au sein du SDF où la porte avait été saccagée et la serrure placée par Sonkin emportée. Rien, ni aucun document n'avait été emporté. Le message des auteurs qui signaient ainsi leur forfait était clair. On ne doit pas comprendre autrement la suspension des miliciens proches de Defo Sangong, lesquels sont évidemment soupçonnés d'être les auteurs de ce forfait qui avait pour but d'humilier Sonkin. On sera un peu plus complet en relevant que Defo Sangong qui se doit d'être la vitrine politique du SDF dans la troisième ville du pays et la première en tout cas de son bastion francophone, se plaît beaucoup plus dans ses fonctions de milicien qui lui ôte la respectabilité nécessaire en ces moments de primat du dialogue. On retiendra que la discussion n'est pas libre chez ce cadre du parti qui reçoit des journalistes chez lui en l'an 2000 avec machette aux hanches et lance à portée de la main. (Vous avez bien lu !) Une image entre autres que le comité exécutif veut certainement polir en lui demandant de choisir entre ses fonctions politiques et purement " guerrières ".

Mieux, l'équipe provinciale s'est appuyée sur la baisse du militantisme en faveur du SDF à Bafoussam sous Defo Sangong pour demander la " redynamisation " de ses structures, sans le parrainage du président de la C.E. qu'il est. Les résolutions sont muettes sur les chiffres, mais de sources dignes de foi, seulement 17 cellules du SDF sont aujourd'hui fonctionnelles dans la ville de Bafoussam contre 54 au moment où Defo Sangong prenait les commandes. Certes, la chose politique intéresse un peu moins les populations camerounaises avec la résistance de Paul Biya plus vissé à la magistrature suprême que jamais, mais on retiendra aussi que à Bafoussam, Defo a découragé plus d'une vocation en se livrant à des chasses aux sorcières dans son équipe.

Arbitrage

On aura fait le tour en rappelant qu'avant que nous ne puissions entrer en possession des résolutions ci-dessus du comité exécutif provincial du 14 mai dernier, le président Defo Sangong lui-même avait fait croire à Ouest Echos qu'il avait été démis de ses fonctions. La lecture des résolutions ne le dit pas. En tout cas pas encore. La réalité signifiant tout simplement qu'il s'est enfermé jusqu'ici dans une logique de méconnaissance de l'autorité de Sonkin, ne manquant jamais une occasion de le défier. Il s'est par exemple refusé de répondre aux enquêtes diligentées dans le cadre de la mise à sac du siège provincial du SDF, affaire dans laquelle il est fortement soupçonné. Sur recommandation de son mentor Me Tsapy comme il se dit, Defo Sangong a plutôt rejoint Fru Ndi qui était en tournée dans le septentrion pour lui témoigner de son indéfectible attachement à sa personne. Pour certains maintenant la question se pose entre le soutien aux structures locales du parti garantes de son efficacité sur le terrain et l'indiscipline d'un cadre qui invoque cependant la fidélité au chef suprême comme unique preuve de son militantisme.

Les observateurs sont maintenant suspendus à l'arbitrage de Fru Ndi et du NEC, eux qui ne manqueront pas d'être saisis par l'une ou l'autre des parties.

 

 


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