Kisito NGALAMOU
Coup de filet
Un redoutable gang démantelé
par la gendarmerie
A quelques semaines
des prochaines consultations électorales, les état
majors des deux importantes formations politiques du pays implantées
dans l'arrondissement de Mbouda jettent des espions dans la masse.
La brigade territoriale de Bafoussam a réussi un véritable
coup de filet en anéantissant un réseau de gangsters.
Ces malfrats ont été publiquement présentes
aux autorités de la province. C'était mercredi dernier.
l y avait foule, ce mercredi 13 mars dans la cour de la brigade
Ter de Bafoussam. A la faveur de la reconstitution des faits suite
à l'arrestation d'un groupe de malfrats. Une bande forte
de neuf gangsters dont la moyenne d'âge est de 23 ans que
pilote le chef de gang Un certain Kenfack Jean Alain alias Don Perrier
né le 12 avril 1978 à Baleveng, évadé
plusieurs fois des prisons et plus récemment à la
prison de Bafoussam il y a selon ses propos cinq mois environ. Il
traîne à ses trousses des jeunes garçons dont
le physique démentirait assez vite sur leur inculpation comme
des grands bandits. On peut citer les Sieurs Tegou Victory alias
Teté né vers 1981 à Mbouda, Atsako Dieudonné
né vers 1981 considéré comme l'indic du groupe,
Talla Isidore né vers 1974 à Bamendjou, Kehebe né
vers 1978 à Mbô, Martsou né vers 1974 à
Mbouda, Kuete Etienne né vers 1974 à Nkongsamba, Nokam
Blaise né vers 1961 à Bandjoun et Mouna Julius né
vers 1974 à Bamenda. Ceux-ci se sont illustrés dans
la province ces derniers temps comme des bandits de grand chemin.
A leur actif, des coups de vols, d'agressions, de viols et de meurtres
dans les magasins et maisons de nos villes. On dénombre près
de quatre coups à Mbouda dont la dernière en date
est l'incursion faite chez le commandant de brigade de Mbouda (
Lire en bas) avoue le chef de gang. " Lorsque nous sommes entrés
chez le monsieur, nous avons bousculé dangereusement la femme
qui nous a donné vingt cinq mille. Et puis mes amis m'ont
appelé pour me dire que c'était chez le commandant.
"
En effet, la troupe à Don Perrier a sévi pendant
longtemps dans la province notamment dans le département
de la Mifi et dans les Bamboutos. On se souvient de la terreur qu'ils
avaient orchestrée dans la nuit du 26 au 27 février
chez les habitants de Bamenboro où ils avaient pillé
des maisons et éventré des coffres-forts ; l'incursion
qu'ils avaient faite chez un photographe de la place ; le meurtre
sanglant dont a été victime un enseignant de Mbouda
pour ne citer que ces cas là. A Bafoussam, leurs raids ont
terrifié les populations. A leur actif, des coups de vols
par effraction de toits tels aux Galeries de l'Ouest et dans certaines
bureautiques de la ville où ils avaient emporté des
ordinateurs et autres matériels didactiques et plus récemment
à " Excellence " où leur coup avait échoué
grâce à l'intervention prompte des policiers sur qui
ils avaient ouvert le feu avant de s'échapper ; on met aussi
à leur compte l'opération dangereuse à la carrière
de Baleng où ils avaient enlevé le sexe d'un ancien
militaire ; le braquage du fermier Tayou de Bayangam, l'assassinat
de M. Kouam Dieudonné, comptable dans une polyclinique de
la place, la polyclinique " Tagne ", abattu à bout
portant dans le domicile d'une dame fripière du coté
de " Gabon Bar ", les vols des matériels et autres
objets de grande valeur dans le site de la foire chez les exposants
notamment Mme Mbou qui s'est confiée, désemparée
à nous, le racket nocturne chez les taximen qui les confondaient,
malheureusement, comme des hommes en tenue, contrôleurs de
route, on signale aussi des coups de viols des petites filles
La
liste est loin d'être exhaustive tant on sait ce qu'avait
déjà subi jusque-là les populations.
Dans leurs valises, des matériels adéquats et dangereux
qui ne sied qu'à des gens de mauvaise facture. Pour réussir
leur randonnée dans la province, ces bandits se sont acquis
la complicité du fils de ce boulanger, propriétaire
d'une Renault 12 immatriculée OU6482A avec laquelle la facilité
de leur mobilité dans les artères de la province était
assurée. Non sans oublier les armes à feu à
savoir quatre PA, des tenailles, des explosifs, des fusils à
double canon et une grosse pierre dont la masse avoisinerait les
cinquante kilos, laquelle leur permettait de défoncer, sans
gêne les portes hostiles à leurs activités.
FIN DE PARCOURS !
En ce matin du 13 mars donc, l'étau a été
resserrée autour d'eux. Après leur incursion chez
un gendarme, le quatrième braquage de la matinée,
ce dernier va alerter aussitôt la gendarmerie. La troupe au
commandant Bamkouï avec derrière lui des hommes de terrain
tels le Lieutenat Ekane et le gendarme major Ongolo et des autres
éléments, telle une opération de tempête,
va farfouiller tous les coins et mettront la main sur eux dans une
de leurs zones de prédilection. Pendant que le commandant
Tetka Emile Ernest de Mbouda et ses hommes pistaient les traces
des autres membres de la bande à Mbouda, venus poursuivre
leur randonnée terroriste dans les quartiers Ntap et Motcho
I. Une fin de parcours qui peut (un temps soit peu) permettre aux
populations venues nombreuses à la brigade Terre, ce mercredi
dévisager leurs bourreaux, de pousser un ouf de soulagement.
D'aucuns n'ont pas manqué d'ailleurs de courage pour demander
qu'on mette ces brigands à mort, " qu'on finisse avec
eux directement " pouvait lancer un curieux. Parce que, en
les mettant en prison, on leur donne encore la possibilité
de s'enfuir et de poursuivre leur métier sous la complicité
quelques fois des gardes prisonniers. Ces derniers qui sont devenus
des véritables " dormeurs " dans les prisons. C'est
déplorablement que le capitaine Bamkouï a adressé
indirectement ce vu au Gouverneur Ahmadou Tidjani, de rappeler
aux gardiens de prison, la rigueur et la détermination qui
doivent gouverner leur métier. Car pense-t-il, nos prisons
ne sont que de véritables passoires, qui laissent échapper
à bon gré les detenus.
AVEU
LE CHEF DE GANG "DON
PERRIER "PARLE !
A propos des braquages tels l'assassinat de l'agent comptable
de la polyclinique Tagne : " C'est notre indicateur, le
chauffeur de la Renault 12 long châssis de couleur noire qui
nous avait demandé d'aller braquer chez une femme qui vendait
la friperie. Il nous a indiqué la maison du coté de
" Gabon Bar " en nous disant qu'elle avait de l'argent.
Selon ses renseignements, elle vivait avec un homme qui était
absent se trouvant à Douala. Or quand nous sommes venus,
nous avons été surpris de constater la, présence
de ce monsieur qui a voulu nous opposer une résistance et
c'est pourquoi nous l'avons abattu.
Y' a -t-il d'autres assassinats perpétrés par
votre gang en dehors de celui-là ainsi que des viols ? :
" Moi, personnellement, je n'aime pas tuer. C'est quand
nous nous sentons menacés que nous agissons. Je suis aussi
contre les viols car je dis toujours à mes gars que verser
du sang ou violer nous apporte la malchance. Dernièrement,
j'ai même failli abattre un de mes gars pour cela. J'étais
dehors et quand je suis entré, je l'ai vu sur une femme en
train de la violer. J'ai sorti l'arme pour tirer sur lui et il m'a
pardonné (sic) et je l'ai laissé.
Et les armes que vous utilisez ? Quand nous braquons chez
les hommes en tenue comme dernièrement ou chez un douanier,
nous récupérons leurs armes.
Comment as-tu fait pour t'évader de la prison il n'y
a pas longtemps ? : Oui c'est vrai que j'étais ici en
prison. J'ai plusieurs fois organisé avec certains détenus
une évasion massive, mais à chaque fois, cela échouait
car il y avait trahison. C'est pourquoi, je me suis débrouillé
tout seul et me suis retrouvé dehors en escaladant par la
toiture de la prison des mineurs. Une fois libre, je me suis installé
à Mbouda où je faisais mes gâteaux le jour.
Quand notre indicateur Atsako Dieudonné repérait quelqu'un,
il venait nous chercher à Mbouda. Si je n'avais pas du temps
moi-même, je donnais la matériel aux gars pour aller
opérer.
Maintenant que peux-tu dire à l'endroit de toutes les
victimes ? : On dit souvent, 99 jours pour le voleur et 1 jour
pour le patron. Je suis pris. Bon ça va. Je ne peux rien
dire d'autres
"
Propos recoupés sous les caméras de la CRTV
|