Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.


François T. CHEKOU

Bangangté

Le receveur des finances libre et les caisses vides

Après avoir été détenu pendant quelques semaines en prison suite au braquage dont il avait été l'objet, le receveur des finances de Bangangté a recouvré depuis sa liberté, ses agresseurs ayant été abattus quelque part dans la province. Cependant, l'argent lui, reste toujours introuvable. D'où la situation de tension extrême dans cette trésorerie…

Pour le commun des Camerounais, les fonctionnaires qui ont le privilège d'être des gestionnaires des crédits seraient les plus heureux parmi les serviteurs de l'Etat. Ce, grâce aux nombreux avantages de toute nature que leur confère ce statut envié tel qu'annoncé par l'article 2 de leur acte de nomination. Avantages en espèces sonnantes générés par ces frais en liquidité de leurs nombreux (et pas toujours justifiés) déplacements ou en nature comme les biens et services que leur ménagraient les divers fournisseurs de l'Etat avec qui ils traitent via leurs cartons des crédits.
Si cette image est absolument vraie ailleurs, dans le chef-lieu du département du Ndé, elle est quelque peu édulcorée du fait d'un manque criard de liquidités dans les caisses de l'Etat. Un coup d'œil dans ces caisses en dit long en effet. Pas le moindre sou mais plutôt comme d'un déficit qui de 66 millions en début d'exercice, est aujourd'hui de plus de 80 millions. Manque à payer de factures non honorées, factures des fournitures de matériel de bureau ou des bons pour investissements d'entrepreneurs ayant pour certains, déjà et pourtant livré leur chantier. Bons aussi non payés des fouilles de déplacement s'étalant sur plusieurs exercices.
Un de ces fournisseurs désemparés M. Wamba Robert, nous a expliqué qu'il s'était endetté depuis le début de l'exercice passé pour plus de dix millions de francs auprès des tontines et des banques, pour livrer du matériel dans les divers services publics de l'Etat de Bangangté. Il est aujourd'hui incapable de rembourser ses dettes, son argent étant pour de bon bloqué à la recette des Finances sans aucun espoir d'être éventuellement payé. Pourtant il doit verser chaque mois des centaines de mille d'intérêts. Il se dit découragé de voir son capital ainsi bloqué et n'a plus ainsi les moyens de continuer à livrer du matériel dans les services publics.
De l'autre côté, les fonctionnaires qui ont aussi dans cette recette des titres de paiement sont dans le même découragement. Deux ans parfois après avoir effectué une mission, ils attendent toujours un hypothèque paiement de ladite mission. Avant, ils faisaient le pied de grue devant les bureaux du receveur mais du fait que cela s'est avéré inutile, ils ont renoncé à cette méthode et se sont résignés à ne plus compter sur cet argent que comme une quelconque manne qui leur tomberait un jour, au hasard avec l'aide de Dieu.
ZERO ENTREE CONTRE MILLE SORTIES
Cette situation proche de la cessation de paiement qui crée une tension extrême à la trésorerie de Bangangté découle selon le Receveur, M. Weiyipe Victor, de la nature de cette recette de Bangangté, une recette simplement dépensière qui ne produit absolument pas de recettes étant l'une des plus pauvres de la province : 4 millions à peu près seulement d'entrées mensuelles contre 50 millions en moyenne qu'il faut pour satisfaire toutes les demandes de paiement. Le salaire seulement des vacataires au nombre de 120 s'élève à plus de 7 millions absorbe à lui seul, toutes ces entrées sans pouvoir suffire. Il faut alors toutes sortes de gymnastique pour pouvoir affronter les autres dépenses et leurs bénéficiaires.
Cette faiblesse des recettes est causée par la situation économique du département qui n'a pas, pour la soutenir, aucune activité commerciale ou industrielle. Seul le péage de Bamena est l'unique source des recettes significative. Lequel péage ne paie pas grand chose étant classé comme le dernier en entrées de la province.
LES BRAQUEURS SALENT L'ADDITION
On en était là, quand pour faire empirer encore cette triste situation déjà si précaire, deux bandits armés firent irruption le 5 décembre 2001 dernier au bureau du receveur lui arrachant la somme de 28 millions de francs qu'il venait de ramener de la Trésorerie générale de Bafoussam destinée au paiement des salaires des agents de l'Etat et des retraités assignés à ce poste comptable. Après ce coup, le receveur Weyipe Victor a été arrêté et gardé d'abord à la Police judiciaire de Bafoussam puis à la prison de Bazou. Heureusement qu'après plusieurs semaines de détention, il a été depuis libéré, juste au moment où, du coté de Bandjoun, la gendarmerie mettait fin dans le sang à une autre tentative de braquage de la trésorerie de cette ville. Les deux gangsters tués auraient été identifiés comme étant les mêmes qui avaient opéré à Bangangté. Mais si les bandits ont été abattus et le receveur libéré, l'argent lui, reste toujours introuvable dans les caisses. D'où les désagréments à la place du plaisir, qu'il y aura toujours à être gestionnaire de crédits à Bangangté.


 
CONTACTS
 
ANNONCES
 



Ouest Echos