Pouokam et Mekat
au boulevard Wanko
Mekat : Salut vieux. Très heureux qu'on se retrouve
!
Pouokam : Moi également. Promesse est dette. Raconte
ce que tu m'a réservé la dernière fois sur
les femmes.
Mekat : Pas sur les femmes, mais sur une femme, cette Mme
Dibong, présidente nationale de la branche féminine
del'UNDP lors de la Journée internationale de la femme célébrée
le 8 mars dernier que je l'ai suivie à la radio développer
de façon très pertinente, le thème de la parité
hommes-femmes
Pouokam : C'est quoi cette parité hommes-femmes ?
N'oublie jamais que je ne suis pas resté longtemps que toi
sur les bancs
Mekat : La parité hommes-femmes, c'est cette exigence
qu'ont ces dernières de voir s'instaurer à toutes
les instances de la vie publique l'égalité dans les
postes. Autant dans les instances des partis politiques, à
l'Assemblée nationale comme dans les communes elles voudraient
que la loi de moitié-moitié s'instaure, surtout soutiennent-elles
que les femmes constituent plus de la moitié de la population
camerounaise.
Pouokam : Et qu'a dit Mme Dibong par rapport à cela
qui t'intéresse tant ?
Mekat : Pour elle il n'est pas encore temps pour les femmes
de réclamer cette parité car il leur faudrait d'abord
se battre pour retrouver les hommes dans le même niveau de
compétence et d'action et le reste suivra. Elle prend par
exemple le domaine de la politique et démontre qu'un chef
de parti ne remplira jamais sa liste de femmes incompétentes
et peu dynamiques juste pour le plaisir de cette parité,
car il courrait le risque de voir sur sa liste être facilement
battue.
Pouokam : Autrement dit elle est contre l'égalité
entre les hommes et les femmes ?
Mekat : Non. Tu ne comprends absolument rien. elle dit
que l'égalité doit se baser non pas sur le sexe, c'est-à-dire
choisir une candidate parce qu'elle est femme, mais sur la valeur
politique ou contre de la femme. Elle pense que le jour où
les femmes voudraient se battre contre les hommes sur ce terrain
de la compétence elles pourraient atteindre et même
renverser en leur faveur cette parité. Malheureusement au
lieu de travailler dans ce sens, les femmes se contentent tout simplement
de crier à l'injustice et à la discrimination. Rares
sont celles qui essayent de sortir du lot commun.
Pouokam : D'accord on a assez parlé des femmes. Comme
je te l'ai annoncé la dernière fois quand nous nous
séparions, j'avais à dire sur la police et tous les
nombreux commissariat partout même dans les organes de base
que Paul Biya vient de créer partout même dans les
sous-quartiers et les villages.
Mekat : Oui tu voulais me rapporter les réactions
des populations sur ces créations.
Pouokam : Il faut dire que ces réactions ne sont pas
positives, sinon tu devais déjà entendre des motions
de soutien. Les populations se disent que ces commissariats et les
policiers ne viendront pas lutter pour elles mais contre elles.
Que quand tu es agressé chez toi la nuit et les appelle ils
ne bougent pas leur seul passion étant d'aller sur les routes
racketter les transporteurs.
Mekat : N'accuse pas seulement la police. Les populations
aussi sont complices des voleurs car c'est rare que dans leur entourage,
elles puissent les dénoncer aux autorités de façon
discrète. En plus mon petit frère qui est policier
m'a dit que sur le numéro 17 par lequel on doit appeler la
police au secours ce sont constamment des insultes et toutes sortes
d'insanités qui y tombent.
Pouokam : C'est une preuve qu'on n'aime vraiment plus la
police chez nous et qu'on ne la prend plus au sérieux. Il
ne parle pas seulement de la police mais de toutes les forces de
l'ordre. Figures-toi ce que ces gendarmes ont fait à mon
fils l'autre jour au fin fond de notre village.
Mekat : Qu'est ce qu'il lui ont fait ?
Pouokam : Je te réserve cela encore pour la prochaine
fois car on nous a convoqué à la chefferie et je dois
m'y rendre.
Mekat : Or vous a convoqué pour quoi ?
Pouokam : Pour le renouvellement des organes de base du RDPC.
Mekat : Mais pourquoi à la chefferie et non à
la maison du parti ?
Pouokam : Laisses seulement. Tu veux comprendre quoi dans
les affaires de ce pays ! A la prochaine seulement car si je viens
en retard le chef me punira
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