Lucie PEKOUA
Juriste
Soliloque sur les lois
Gare au financement
des partis politiques
Les leaders d'opposition pourraient se
retrouver bientôt en prison pour détournement des deniers
publics. Ce serait alors la conséquence d'une stricte application
des contrôles de l'usage fait du financement public des partis
politiques.
" L'argent envoyé aux différents partis d'opposition
risque de servir plus à des enrichissements personnels qu'au
financement des campagnes électorales tel que demandé
par la loi ". Les militants des partis qui se plaignent ainsi
ont été surpris que leurs leaders aient préféré
acheter des voitures personnelles, soigner leur standing social
au lieu de s'occuper du financement des différentes campagnes
dans les localités du pays. Cette semaine nous avons été
interpellé plus d'une fois sur cet état de chose,
et il est de notre devoir de dire à ces militants que loin
de croiser leurs bras il serait souhaitable d'engager une action
qui sera sans doute longue, mais permettra à tous de comprendre
que nul n'est au dessus de la loi même les responsables des
partis d'opposition.
La semaine passée nous voyions à quoi devrait servir
justement ces financements publics, cette semaine il sera question
de voir quels sont les moyens de contrôle mis en place pour
sécuriser cet argent mis à la disposition des différents
partis et pour ce faire nous allons nous référer au
décret N°2001du 8 Octobre qui a créé une
commission de contrôle de l'utilisation des fonds destinés
au financement public des partis politiques et des campagnes électorales.
Quels sont les pouvoirs de cette commission et comment fonctionne
-t - elle ?
Nous ne le dirons pas assez, l'argent public destiné aux
différents partis politiques, loin d'être une manne
tombée du ciel de l'enrichissement des leaders politiques
devrait servir à couvrir soit les activités permanentes
du parti, soit consacré à l'organisation des campagnes
électorales ; Ainsi la commission de contrôle créée
le 8 octobre 2001 par décret présidentiel placée
auprès de l'administration chargée du contrôle
supérieur de l'Etat est investie de plusieurs pouvoirs :
- Elle est habilitée à vérifier, sur pièce,
que l'utilisation des fonds destinés au financement public
est conforme aux fins prévues par la loi.
- Dans l'exercice de sa mission, elle a le pouvoir d'exiger tout
document financier et comptable nécessaire à la
justification des fonds publics alloués
- En cas de nécessité, elle peut faire constater
les cas de détournements des fonds publics alloués
aux partis politiques, conformément à la législation
en vigueur
- A cet effet, chaque parti politique bénéficiaire
des fonds est tenu d'adresser à la commission dans les
soixante jours qui suivent la fin de l'exercice budgétaire,
un compte d'emploi des fonds publics reçus, assorti des
pièces justificatives.
Comment fonctionne cette commission ?
De l'article 6 à 10 du décret précité
il est noté que :
- la commission se réunit au moins deux fois par an sur
convocation de son président.
- Les membres reçoivent 7 jours avant la date de la réunion
des convocations indiquant la date, l'heure, l'ordre du jour et
le lieu de la réunion.
- Le quorum est atteint lorsque les 2/3 des membres sont présents.
- Dans le cadre de son fonctionnement la commission peut créer
des comités de contrôle ayant des missions spécifiques
dans des délais déterminés.
Par ce contrôle il est à craindre que bientôt
des leaders d'opposition se retrouvent aussi dans nos prisons pour
détournements de deniers publics comme l'ex - ministre Mouchipou
et M. Désiré Engo de la CNPS ; Mais tout ceci n'est
qu'une vue de l'esprit car pour que cette commission placée
auprès de l'administration chargée du contrôle
de l'Etat se mette en branle il faut plus d'une raison que seuls
ceux qui nous gouvernent détiennent, car depuis sa création
c'est le menu fretin qui est de temps en temps inquiété
les vrais détourneurs restant toujours au poste sans être
inquiétés. Que les militants qui auront à solliciter
le travail de cette commission s'arment de patience et de courage.
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