Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.



KREDO
Le blanc parmi nous


Nous sommes en réunion. N'importe laquelle. Et nous sommes tous noirs. Arrive un blanc. Les débats qui étaient promis à une animation bienfaisante s'estompent. Un silence inhabituel, inavoué et à désavouer s'installe sans permission. D'abord, à cet étranger " aux pieds rouges " comme certains appellent l'homme blanc dans certaines langues de l'Ouest, on s'embrouille comme ce n'est pas permis pour trouver un siège confortable. A la limite, on lui céderait volontiers celui du chef de famille ou du village s'il n'y a pas mieux.

Quelle vénération ! Une vraie illustration de complexe d'infériorité doublée d'une hypocrisie sans pareille. On vient de refuser d'être nous-mêmes, d'être libres positivement, de nous prouver autonomes. Après le " d'abord ", il y a le " ensuite ". Ensuite alors, on a tendance à accepter tout ce qui sort de la bouche du blanc ; alors qu'elle ne peut avoir plus d'une langue, plus de 32 dents - s'il n'est adulte !". Parfois l'assistance noire le gêne même par des applaudissements si pressés que le pauvre blanc croit qu'elle est si intelligente qu'elle comprend même ce qu'il n'a pas encore dit ! En fait, on l'admire plus qu'on ne le comprend, plus qu'on ne comprend le contenu et le fond de ses pensées. Enfin, à la fin de la réunion, c'est presque chacun qui veut le rencontrer - lui l'expert - ! ? pour commémorer, " vendre " ses frères et s'attirer les faveurs d'un type de Messie que ne connaît la bible.

Tout ce manque d'assurance et de confiance noires ont souvent lieu où et quand le " blanc " n'a besoin que des interventions, collaborations, prises de positions franches pour faire avancer un projet ou une idée. Et le voilà abusé de congratulations sans raison, réduit pratiquement à ses seules idées.

Ne croyez pas que cet état de choses ne se passe qu'avec les paysans ou les " bas d'en bas ". C'est d'ailleurs ces semi - éduqués (même s'ils sont bardés de diplômes) qui ont commencé ce culte de blanc. Ce sont ces gens qui ont fait l'école et qui n'ont pas, malheureusement été faits par l'école qui ont plus lutté contre l'hégémonie gratuite blanche. S'ils avaient été nos ancêtres, il n'y aurait eu aucune résistance contre l'esclavage, le colonialisme. Et pour preuve, avec leur présence partout aujourd'hui, la résistance contre le néo- colonialisme est sournoise, hypocrite, tendancieuse.

Et quand le blanc de peau n'est pas là, la simple représentation de l'autorité administrative ou moindre chargé de missions de la capitale politique est vite peinte en blanc dans les têtes noires. Quel malheur, si nous nous souvenons que dans nos coutumes la couleur blanche réelle ou imaginaire est celle du fantôme, de la mort ou du veuvage ! Ce complexe de blanc au Cameroun a connu son point le plus élevé quand un texte dans la philosophie Africaine par les Textes nous dit qu'un chef noir à Yaoundé s'est une fois peint de chaud blanche pour mieux ressembler aux blancs ! J'assimile à ce chef parvenu d'Allemagne ces tenues blanches que jusqu'aujourd'hui arborent certains sous- préfets et chefs de district de brousse, comme pour épater le broussard à qui ils veulent faire croire qu'ils sont sains ! Alors qu'ils ne sont pas saufs.

Je me demande si dans l'antiquité, quand régnait les universités de Tombouctou avant la Sorbonne et Oxford, quand les Platon et Pythagore allaient étudier en Egypte ancienne noire...les blancs comme les Ibn Batoula avaient la même révérence envers les noirs. Que ce soit vrai ou pas, le blanc parmi nous devrait être jugé moins par sa peau qui n'est que pauvreté en mélanine, et plus par ses talents s'il en a. Et pour savoir s'il en a ou pas, il nous faut l'écouter comme n'importe qui, peser ses propositions principales, subordonnées et indépendantes... afin de ne donner à César que ce qui revient à César. Par ce nous voulons militer contre ces complexes qui aveuglent et qui souillent. Apprenons à connaître nos objectifs vitaux, et à privilégier le partenariat plus que la soumission. Apprenons à être nous mêmes.


 
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