Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.



KREDO
Bafousam à maux couverts

Rois, chefs ou Fô ?

Le débat est ouvert. A-t-il jamais été fermé ? Voici la question : Les souverains grasfield ou Ngrafi sont-ils des rois, des chefs ou tout simplement des Fon ou Fô ?

Dans une de ses interviewes fleuves, le père des Bamendjou, cet espèce d'animal unique "sur-lequel-on-ne-tire-point " a proposé que le terme Fô ne soit plus traduit pour parler des chefs traditionnels de l'Ouest qu'ils sont. Sa base de raisonnement était logique. Traduit-on les vocables Négus en Ethiopie, Moto-Naba au Mali, Pharaon en Egypte ancienne, Lamido dans les lamidats du nord-Cameroun, Fon plus près de nous dans la province sœur du Nod Ouest ? Il semblait poser cette question : pourquoi n'y a t-il apparemment que chez les bamiléké que les gens sont amenées à s'encombrer des différentes traductions du titre Fô qui nomme la tête et le locataire des chefferies ? Bonne question.

Certaines personnes disent et croient qu'ils sont obligées de traduire Fô ou Fon pour que les " étrangers " comprennent ce que renferme ce titre ! N'est- ce pas le même raisonnement plus bête que moins qui fait que nous parlions le Français ou l'Anglais ou le pidgin à nos enfants "pour qu'ils nous comprennent mieux " ? Sommes-nous obligés de nous faire comprendre dans les réalités étrangères ou extérieures à nous, ou bien de faire valoir les nôtres ? Réponse indiscutable. Laquelle ?

Le roi suppose un royaume, une ou des reines et des princes. Et le chef ? D'abord nommable, échangeable, et même péjorativement assimilable à un " chef de bande " ! Et comment s'appellerait la femme ou l'enfant d'un chef ? Reine ou prince ? Ensuite peut-on voir derrière la vulgarisation du mot "chef " les tentatives sourdes de minimisation et d'intimidation, avec pour objectif silencieux la destruction à terme de l'organisation du commandement coutumier. A cette allure, on se lèverait un matin pour voir les Fô (sauf le sultan Bamoun?) habillés par force maligne en uniformes avec galons comme de vulgaires sous-préfets ratés ! Enfin, la notion de chef a accouché des qualificatifs supérieurs avec son pendant inférieur non exprimé officiellement ! Voyez vous-même où le vocable chef peut conduire même si le vrai du Fô ou Fon recouvre presque les entendus et sous-entendus de roi, retenons la couleur locale qui nous restitue notre originalité historique et ancestrale. Alors : Roi, chef ou fon ? Choisissez, en connaissance de cause. Pour plus d'étendue, en accord avec les Ngrafi-ouest du Nord-Ouest ou de Lebialem au Sud-Ouest, on peut admettre Fô et Fon comme synonymes, surtout que le mot créé FONDOM vient clarifier la confusion que sème CHEFFERIE: Lieu où il y a le palais du chef, ou bien tout le village ? La racine constante des mots qui traduit Roi dans toutes les langues-dialectes bamiléké aiderait scientifiquement à confirmer aisément l'appellation Fô ou Fon au niveau orthographique commun. Appel est fait à notre génie linguistique. Lequel génie doit s'étendre d'ailleurs à la démonstration de l'unité de nos dialectes et parlers (pas patois comme nous l'a imposé une singerie malencontreuse !) afin que les bamiléké se parlent et se comprennent, chacun dans sa langue. Il n'y a qu'un effort de multilinguisme à faire. Des études comparées de dialectes nous aideraient à taire nos différences superflues qui dégénèrent parfois en différends insoupçonnés. En attendant, les Fô ou Fon bamiléké n'ont pas besoin d'emprunts pour se sentir et être ROIS ou CHEFS qui les dénaturent. Tout emprunt trahit, non seulement un manque et un besoin, mais aussi une faiblesse dans la conservation d'originalité. J'ai aussi dit qu'un emprunt est le début d'une dette, et la marque d'un maquillage qui enlaidit au cas où un équivalent propre existe dans la langue.


 
CONTACTS
 
ANNONCES
 



Ouest Echos homepage