Kisito NGALAMOU
Football des jeunes
Au départ
de la modernisation du football au Cameroun
Depuis le 10 mars, la commission nationale de
football des jeunes sillonne les provinces pour détecter
les jeunes talents. Mercredi dernier, 13 mars, elle était
à Bafoussam
Le directeur technique national, Robert Corfou
le prévoyait comme une exigence et une nécessité
par rapport au football moderne : " Il faut qu'on mette en
place des structures européennes avec plusieurs paliers de
formation " précisait-il pendant le séminaire
de formation des éducateurs de football premier niveau, avant
d'ajouter qu' " aujourd'hui on ne fait plus n'importe quoi
avec les jeunes ". En fait parce qu'ils constituent la crème
et la relève du football camerounais, qui gagne de plus en
plus des lauriers dans le monde. Le ton était systématiquement
donné pour que les entraîneurs nationaux et provinciaux
se mobilisent sur le territoire pour détecter les jeunes
talents afin de constituer le vivier national footballistique du
Cameroun, en toutes les catégories, minimes cadets, juniors,
seniors. Repartis en cinq régions sur l'ensemble du territoire,
à savoir Nord-Ouest-Ouest, Centre-Sud, Littoral-Sud-Ouest
et Nord- Extrême-Nord, Adamaoua- Est, les entraîneurs
nationaux et provinciaux s'attellent à déceler la
pléthore des jeunes talents qui meublent les championnats
dans les villes, villages et quartiers qui ont pour ambition d'évoluer
dans le football.
Pour le président Louis Marie Ondoua de
la commission nationale du football des jeunes, l'opportunité
de ces regroupements dans les régions suscitées s'appesantit
sur le fait que" les sélections nationales se sont toujours
faites de manière arbitraire". Pour lui, ces compétitions
permettent de découvrir les meilleurs joueurs minimes, cadets,
juniors et seniors de chaque province, lesquels constitueront des
fichiers des footballeurs camerounais et par conséquent seront
suivis et encadrés sur le plan technique et tactique. Question
d'éviter les tripatouillages et l'amalgame qui traversent
les sélectionneurs nationaux à la veille des regroupements
pour l'entrée en stage de nos équipes nationales pour
les compétitions internationales, lorsqu'une compétition
pointe à l'horizon. Au terme de ces regroupements, quarante
joueurs, ceux qui sortiront du lot ou qui auront fait bonne impression,
par catégorie constitueront le vivier national parmi lesquels,
à l'issue des stages d'acquisition des nouveaux rudiments,
les équipes nationales des moins de 15 ans, des moins de
17 ans, des moins de 20 ans et des moins de 23 ans seront constituées.
Selon le président Louis Marie Ondoua, l'avantage de ce programme,
qui est resté bloqué dans les coulisses de la Fécafoot
depuis 6 ans, reste prometteur et constructif pour le football camerounais.
L'exemple de David Trezeguet mieux de la majorité des talents
montants qui font la fierté de la football français
aujourd'hui est le résultat d'un travail de longue haleine.
Repéré depuis l'âge de 13 ans, David Trezeguet
qui a acquis le sobriquet de " Trezegoal " aujourd'hui
a été suivi de bout en bout par les dirigeants du
football français qui ne lésinent pas sur les moyens
pour mettre leur football au plus haut niveau du professionnalisme.
Un professionnalisme qui risque d'entraver les ambitions de la direction
technique nationale qui a cure de moderniser le football au Cameroun.
Dans ce sens, le Président de la Ligue
nationale de football des jeunes, une Ligue jusque-là engluée
dans les méandres de la Fécafoot, se veut interpellatif
à l'endroit des pouvoirs publics : " Il faut que l'Etat
prenne conscience de ce que le football est devenu dans sa diplomatie
aujourd'hui. Qu'il dote nos jeunes d'infrastructures et qu'il oblige
les médias publics à jouer le jeu et que la CRTV paie
les droits de retransmission à la Fécafoot par exemple
" suggérera t-il afin que le football des jeunes sorte
de l'ornière. En effet pour que nos jeunes s'épanouissent,
il faut leur donner un encadrement adéquat afin d'éviter
les aventures en clair-obscur à l'étranger où
la majorité des jeunes violent les textes de la Fifa. Les
Structures de professionnalisme, un revenu consistant, un salaire
décent, ce qui permettra d'atténuer la sortie pour
l'aventure de nos talents du terroir constituent seraient donc le
stimulis pour un sursaut vers le professionnalisme. Pour autant,
le Président Louis Marie Ondoua, ancien joueur du Canon et
par ailleurs Enseignant en Documentation à l'ESSTIC peut
scruter l'avenir du football au Cameroun avec optimisme : "
Je pense que le football des jeunes peut assurer la relève
de notre football et plus fortement si la Ligue nationale de Football
des jeunes acquiert son autonomie. On ne doit pas reculer, on est
obligé d'avancer. " Cependant, l'entraîneur national
Dominique Wansi, chargé de la sélection dans la région
Ouest-NordOuest demeure un peu inquiet malgré le niveau des
jeunes. " On a été émerveillé par
les prestations, le niveau est bon et c'est promettant. Il y a beaucoup
d'enthousiasmes, de talents qui ne demandent qu'à être
pris en charge. Il faut canaliser ces énergies dans les structures
formelles et les expériences pareilles doivent être
multipliées afin de développer les talents et les
automatismes " dira t-il avant d'émettre le vu
que les infrastructures, dans ce domaine, doivent suivre parce que
" les infrastructures ne sont pas à la hauteur de la
qualité de nos joueurs " devait-il conclure, avec amertume.
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