Gabriel SILO
Femmes :
Jouets, Jeu et Enjeux
La femme, perçue par l'homme, n'est qu'un
jouet. On s'en sert, on s'en occupe, on s'en soucie comme on le
fait pour sa cigarette, pour sa bière, pour son jeu de dame
ou de lido. On s'en intéresse pour se distraire, pour se
détendre, enfin pour son plaisir. Nombreux sont ceux qui
vont s'exclamer : Ce n'est pas vrai. Et pourtant
Sur le plan politique, depuis quelques années, ces jouets
constituent des slogans politiques, des motifs de discours chimériques
dans lesquels on promet monts et merveilles pour qu'elles se laissent
transporter à gauche et à droite pour bourrer les
urnes avec des bulletins choisis à la seule base des cordes
tribales ou des jeux de bière et de grains de riz. Voici
la confession d'une femme qui cherche la liste électorale
de son établissement pour s'inscrire : " Aux dernières
élections, j'ai voté au moins cinq fois. On m'a emmenée
à la chefferie à Bafoussam, j'ai voté ; on
m'a emmenée à la mairie rurale, j'ai voté ;
on m'a emmenée au lycée bilingue, j'ai voté
; je ne sais même plus où on m'a encore emmenée.
Mais je sais que j'ai voté au moins cinq fois et chaque fois,
j'enfonçais au moins dix bulletins dans l'urne. L'essentiel
pour moi était d'avoir mes petites guinness après.
On fait même quoi avec ça ? L'embêtant maintenant
c'est que je ne sais même plus où je dois m'inscrire,
encore moins où je vais voter. Mais je sais que quand le
moment viendra, on fera appel à moi ".
Ce jouet entre les mains dans hommes politiques
n'a conscience ni de son état, ni de son rôle, ni du
jeu qu'elle joue ou qu'elle fait jouer. Quand vient la journée
de la femme, le jeu atteint son paroxysme. Les administrateurs civils,
en bonne civilité organisent les défilés suivant
la prescription des colonisateurs : En effet dans un document signé
par Yves Bourges, le père de l'autre, dans un document intitulé
" Conseils d'un colon à ses successeurs avant son départ
pour la France ", il écrit : " Pour toutes les
fêtes, un défilé constituant toutes forces publiques
afin que ces nègres se replient sur eux. " Ainsi, le
8 mars, le jeu est délirant. D'un coté confortablement
installés à l'ombre, à la tribune, les suppots
de l'administration coloniale assistent, amusés, aux jeux
des corps multiformes de nos jouets, de nos femmes si on veut, de
l'autre coté. Les pancartes affichent des écriteaux
qui revendiquent les droits de la femme, l'égalité
de la femme à l'homme, les postes de responsabilité
politique à la femme, bref, elles revendiquent tout ce qui
peut fait rire : Que l'homme accouche, qu'il fasse la cuisine, le
ménage, qu'il la laisse aimer qui elle veut, quand elle veut,
et qu'elle revienne l'aimer encore, comment ne pas sourire en homme
raisonnable ?
Nos jouets qui jouent à le perfection le
jeu de la fourberie et de la confusion passent pourtant à
coté des vrais enjeux : Mère, épouse, nourricière,
gardienne des traditions et de la vie, éducatrice, la femme
d'aujourd'hui n'a pas conscience de ces rôles fondamentaux
qui maintiennent l'existence. On peut remarquer par exemple qu'aucune
des pancartes qu'elles ont arborées le 8 mars n'a exigé
l'éducation de enfants qu'elles mettent au monde. Enfanter
est une noble tâche. Mais éduquer l'être qu'on
a fait naître l'est davantage.
Par ailleurs, une poignée de néophytes
qui ont goûté au féminisme passent outre la
masse laborieuse et silencieuse pour se mettre à faire des
revendications tapageuses et insensées. Une journée
de la femme qui consisterait, pour les émancipées,
à consacrer une journée de leur vie à la conscientisation
de celles qui ne le sont pas ne serait-elle pas plus utile ? L'information
et la formation de la femme, par la femme, amènerait la multitude
laborieuse à comprendre qu'on ne naît pas femme, on
le devient. C'est alors l'occasion de dire aux femmes : Soyez femme,
sans détruire l'homme, mais en le complétant pour
accomplir la vie.
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