Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.


Gabriel SILO

Femmes :

Jouets, Jeu et Enjeux

La femme, perçue par l'homme, n'est qu'un jouet. On s'en sert, on s'en occupe, on s'en soucie comme on le fait pour sa cigarette, pour sa bière, pour son jeu de dame ou de lido. On s'en intéresse pour se distraire, pour se détendre, enfin pour son plaisir. Nombreux sont ceux qui vont s'exclamer : Ce n'est pas vrai. Et pourtant …


Sur le plan politique, depuis quelques années, ces jouets constituent des slogans politiques, des motifs de discours chimériques dans lesquels on promet monts et merveilles pour qu'elles se laissent transporter à gauche et à droite pour bourrer les urnes avec des bulletins choisis à la seule base des cordes tribales ou des jeux de bière et de grains de riz. Voici la confession d'une femme qui cherche la liste électorale de son établissement pour s'inscrire : " Aux dernières élections, j'ai voté au moins cinq fois. On m'a emmenée à la chefferie à Bafoussam, j'ai voté ; on m'a emmenée à la mairie rurale, j'ai voté ; on m'a emmenée au lycée bilingue, j'ai voté ; je ne sais même plus où on m'a encore emmenée. Mais je sais que j'ai voté au moins cinq fois et chaque fois, j'enfonçais au moins dix bulletins dans l'urne. L'essentiel pour moi était d'avoir mes petites guinness après. On fait même quoi avec ça ? L'embêtant maintenant c'est que je ne sais même plus où je dois m'inscrire, encore moins où je vais voter. Mais je sais que quand le moment viendra, on fera appel à moi ".

Ce jouet entre les mains dans hommes politiques n'a conscience ni de son état, ni de son rôle, ni du jeu qu'elle joue ou qu'elle fait jouer. Quand vient la journée de la femme, le jeu atteint son paroxysme. Les administrateurs civils, en bonne civilité organisent les défilés suivant la prescription des colonisateurs : En effet dans un document signé par Yves Bourges, le père de l'autre, dans un document intitulé " Conseils d'un colon à ses successeurs avant son départ pour la France ", il écrit : " Pour toutes les fêtes, un défilé constituant toutes forces publiques afin que ces nègres se replient sur eux. " Ainsi, le 8 mars, le jeu est délirant. D'un coté confortablement installés à l'ombre, à la tribune, les suppots de l'administration coloniale assistent, amusés, aux jeux des corps multiformes de nos jouets, de nos femmes si on veut, de l'autre coté. Les pancartes affichent des écriteaux qui revendiquent les droits de la femme, l'égalité de la femme à l'homme, les postes de responsabilité politique à la femme, bref, elles revendiquent tout ce qui peut fait rire : Que l'homme accouche, qu'il fasse la cuisine, le ménage, qu'il la laisse aimer qui elle veut, quand elle veut, et qu'elle revienne l'aimer encore, comment ne pas sourire en homme raisonnable ?

Nos jouets qui jouent à le perfection le jeu de la fourberie et de la confusion passent pourtant à coté des vrais enjeux : Mère, épouse, nourricière, gardienne des traditions et de la vie, éducatrice, la femme d'aujourd'hui n'a pas conscience de ces rôles fondamentaux qui maintiennent l'existence. On peut remarquer par exemple qu'aucune des pancartes qu'elles ont arborées le 8 mars n'a exigé l'éducation de enfants qu'elles mettent au monde. Enfanter est une noble tâche. Mais éduquer l'être qu'on a fait naître l'est davantage.

Par ailleurs, une poignée de néophytes qui ont goûté au féminisme passent outre la masse laborieuse et silencieuse pour se mettre à faire des revendications tapageuses et insensées. Une journée de la femme qui consisterait, pour les émancipées, à consacrer une journée de leur vie à la conscientisation de celles qui ne le sont pas ne serait-elle pas plus utile ? L'information et la formation de la femme, par la femme, amènerait la multitude laborieuse à comprendre qu'on ne naît pas femme, on le devient. C'est alors l'occasion de dire aux femmes : Soyez femme, sans détruire l'homme, mais en le complétant pour accomplir la vie.


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