Dexter NANA
Bacc 2002
Le centre
écrit de Bafang sur haute surveillance
Une erreur humaine, certes grossière
et à la limite incompréhensible, problématise
grandement aujourd'hui la survie du centre d'écrit de Bafang.
Le Baccalauréat de l'enseignement général dans
le centre d'écrit du Lycée Classique de Bafang a débuté
le mardi 4 juin sans le moindre problème. Toute la matinée,
l'épreuve de littérature s'est déroulée
dans une satisfaction totale et l'après-midi, on entendait
continuer sur la même lancée à la grande satisfaction
des candidats et les organisateurs. Malheureusement l'après-midi
a été fatal, une erreur humaine, certes grossière,
celle du chargé de mission, a déstabilisé les
candidats et contraint, l'office du Bacc du Cameroun à changer
l'épreuve d'histoire sur l'étendue de la Province
de l'Ouest. Dans une précipitation et sans la moindre enquête
préliminaire, certains médias ont vite fait de parler
de boycott, un commentaire très éloigné de
la réalité et de la vérité, mais qui
a pour effet de discréditer le centre d'écrit et les
responsables de cette formation scolaire, qui quoi qu'on dise sont
bien dévoués à la formation du camerounais
de demain.
Restitution de la vérité
Il ne s'est point agi d'une volonté de boycott des examens
de l'office au Lycée Classique de Bafang. Bien au contraire,
les responsables sur place et les enseignants exerçant dans
cette formation scolaire regrettent terriblement qu'une chose pareille
se produise à un moment aussi critique de l'année
scolaire. Ce qu'on doit savoir, c'est que le mardi dans l'après-midi,
le chargé de mission, représentant du Mineduc, et
comme ils se jugent très souvent investis de tous les pouvoirs
et sur tout omniscients a commis une erreur et malgré les
remarques de ses collaborateurs et même la protestation des
élèves s'est entêté et ce qui devrait
arriver est arrivé. En réalité, le programme
officiel signé du directeur de l'office prévoyait
l'épreuve de Langue pour l'après-midi de mardi. Mais
le chargé de mission, dans un aveuglement et un despotisme
indescriptible, a choisi de faire passer l'épreuve d'Histoire
qui elle était prévue pour jeudi 07 juin. Tout le
monde a protesté, même les candidats qui avaient déjà
porté sur leurs feuilles de composition l'épreuve
de Langue. Ce n'est que près de quinze minutes après,
que le chargé de mission reviendra à la raison en
s'apercevant que le programme qu'il tenait en main était
celui du Probatoire et non celui du Bacc. Tout de suite après,
on a retiré les épreuves, mais le mal était
déjà fait. Comme une traînée de poudre,
la nouvelle a envahi la ville, puis l'ensemble de la République.
Futur incertain
Depuis ce triste incident, on ne peut plus dire que la sérénité
règne dans ce centre d'écrit de Bafang. Si tout le
monde promet d'être désormais plus que vigilant, on
reste tout de même inquiet quant à l'avenir. Et pour
cause l'incident de mardi dernier arrive à un très
mauvais moment. Moins d'une semaine après que le Mineduc
a reçu une délégation des notables de l'Ouest
qui s'inquiétaient de ce que seront les examens de fin d'année,
moins de deux jours après que toujours le Mineduc a véritablement
indexé la ville de Bafang et le Lycée Classique comme
étant le chantier de la protestation, symbole antipatriotique,
toutes attitudes qui sont contraire aux idéaux de la nouvelle
école au Cameroun. Quand à tout ceci, on ajoute les
commentaires tendancieux et très erronés des médias
publics, on commence aussi à se demander dans les milieux
des enseignants si cela n'est pas un bon prétexte pour punir
et sanctionner de la manière la plus forte des enseignants
qui s'étaient distingués par une solidarité
pour le moins spectaculaire ? Et pourtant, au Lycée Classique,
on pensait s'être amendé, car après la furie
des 20/20 du 1er trimestre, la majorité avait par la suite
refusé de continuer sur cette même lancée. On
ne comprend donc pas trop pourquoi au moment où tout le monde
pensait cheminer dans la même direction que le Mineduc, des
commentaires aussi erronés se tiennent. De l'avis de nombreuses
personnes à Bafang, le Mineduc ne doit pas profiter de l'erreur
de son représentant sur le terrain pour frapper de hommes
qu'il s'est refusé de blâmer quand l'occasion lui était
donnée. On espère surtout qu'après les descentes
d'une mission d'enquête de l'office du Bacc ou Lycée
Classique de Bafang, ou celle conduite par le D.P.E.N.O en personne,
la vérité sera faite et qu'enfin la sérénité
reviendra. Et ceci est d'autant plus important et attendu que les
candidats aux examens sont les affectés et inquiets quant
à leur avenir. Déjà on regrette que l'épreuve
d'histoire ait été changée uniquement sur l'étendue
de la Province de l'Ouest à une heure où les nouvelles
technologies de l'information et la communication aient réduit
le monde à un petit village planétaire.
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