Edition Mondiale
Directeur de Publication - Publisher : Michel Eclador PEKOUA Bafoussam, Cameroun
Premier Journal Camerounais d'informations régionales en ligne.


Propos recueillies par Noël NGAHANE

Mme Ndimba Françoise

" Les électeurs ont besoin d'autres programmes que ceux du tribalisme"

Symbole de l'ouverture de son parti aux idées, aux jeunes, aux femmes et aux… " allogènes ", Françoise Ndimba est la militante la plus en vue de l'UPC à Bafoussam. Avec ses camarades, elle s'est donnée le difficile et presque impossible pari de relever le plus vieux parti politique camerounais dans la ville de Ernest Ouandié. Lisons-la.


Ouest Echos : Comment Madame Ndimba se définit-elle elle-même ?
Mme Ndimba Françoise : Je suis une épouse et une mère plutôt comblée qui s'est engagée en politique il y a 12 ans. Parce que j'ai modestement le souci de penser à un futur meilleur pour mes enfants et ceux de la Nation camerounaise. En douze années de politique, je n'ai connu qu'un seul parti et j'ai eu la chance d'être récompensée par mes camarades qui ont décidé il y a deux ans de me confier le secrétariat général de la section provinciale de l'UPC pour l'Ouest. Si cette confiance est renouvelée, je serais candidate à Bafoussam.

O. E. : En tant que provinciale de votre parti, pouvez-vous nous dire dans combien de circonscriptions l'UPC sera-t-elle présente ? Et comment vous vivez la division au sommet de votre parti ?
Mme Ndimba : Ce que je peux vous dire déjà c'est que l'UPC ne sera pas au départ des 41 circonscriptions électorales de l'Ouest, puisque nous n'envisageons aucune liste dans le Noun. En attendant que toutes les consultations soient bouclées, il est presque certain que l'UPC sera présente dans une trentaine de communes à l'Ouest. Parlant de la division de l'UPC, vous faites bien de dire que c'est une histoire de sommet. Les militants de l'UPC à l'Ouest ne se reconnaissent pas dans ces problèmes et partout où nous serons présents, il n'y aura qu'une seule liste. En vérité, notre parti n'a pas de problèmes seulement à cause de ses dirigeants, l'UPC est la mauvaise conscience de beaucoup de gens dans ce pays. Sa disparition arrangerait beaucoup de gens tant au pouvoir que ailleurs, mais il faudrait bien un jour que ses ennemis de l'UPC se fassent une raison : Ce parti est l'âme immortelle du peuple camerounais.

O.E. : Que dites-vous de ceux qui pensent que l'UPC n'est pas du tout favori à l'Ouest ?
Mme Ndimba : C'est vrai que sur le papier, l'UPC n'est pas du tout favori à l'Ouest. Tous les pronostics et sondages donnent le SDF et le RDPC en tête, mais nous devons faire confiance aux électeurs qui seront seuls face à leur conscience dans l'isoloir. Il est important pour l'UPC de leur rappeler que l'acte qu'ils poseront le 23 juin prochain sera un acte individuel et lourd de conséquence pour le devenir et l'avenir de notre pays. Ils doivent faire en sorte qu'il soit le moins affectif possible, mais tienne compte de l'aptitude des uns et des autres à nous garantir non seulement un présent acceptable mais aussi un futur meilleur. Depuis sa création, l'UPC est le seul parti qui en dépit de la déception de certains de ses leaders est resté constant dans sa quête du bonheur des camerounais à travers un programme politique inachevé certes, mais cohérent.

O.E. : Justement en quoi l'UPC est-elle différente des formations actuellement les plus en vue à l'Ouest dont les Primaires ont montré que le choix des candidats était plus fonction du village que des aptitudes de gestion ?
Mme Ndimba : Effectivement nous avons déploré comme vous que tant au RDPC qu'au SDF, le village décide du destin des candidats, mais je veux tout de suite vous rassurer qu'il en est différent dans la section provinciale de l'UPC à l'Ouest. Sous le vocable " Justice- Réconciliation et Dialogue " nous avons développé un vaste programme qui est en ce moment distribué en premier lieu à notre électorat cible qui est le plus critique. (Fonctionnaires non carriéristes, débrouillards autonomes, petits exploitants industriels ou agricoles lettrés, employés de bureaux, étudiants, membres des professions libérales) Dans ce programme nous apportons les réponses de l'UPC à la crise de l'éducation à l'Ouest avec des grèves à répétition, nous apportons aussi nos réponses aux problèmes de santé publique à l'Ouest qui nous interpellent à l'instar des multiples erreurs médicales comme celle qui a provoqué la mort du représentant du bâtonnier de l'ordre des avocats à l'Ouest. L'UPC a des choses à dire en ce qui concerne l'aménagement urbain de la cité de Bafoussam. Réconcilions-nous aussi avec notre histoire en honorant ceux-là qui sont morts dans le vrai pour que nous soyons libres et indépendants. Nous n'apporterons pas toutes les réponses à tous les problèmes, mais avec la concertation qui est à la base de notre programme, nous pensons que beaucoup de choses peuvent avancer. Une fois que ce programme a été fait, nous nous sommes préoccupés de trouver ceux qui pouvaient mieux le conduire, c'est-à-dire des Camerounais compétents et dévoués à la cause commune sans préjudice de savoir s'ils sont de Bamougoum, de Fondjomekwet, de la Menoua ou Toupouri. Les électeurs ont besoin d'autres programmes que ceux du tribalisme.

O.E. : En attendant de savoir si vous serez compris, vous êtes un cas à part. On vous voit très bien en haut de l'affiche de l'UPC à l'Ouest malgré vos deux handicaps. Celui d'être d'abord une femme et en plus vous n'êtes pas originaire de cette région.
Mme Ndimba : En attendant que les tendances se confirment effectivement, tout indique que de toutes les formations en compétition à Bafoussam, l'UPC est la seule à privilégier les femmes. D'un clin d'œil complice, nous invitons donc les femmes à en tenir compte et de ne pas seulement attendre le 8 mars pour se plaindre. Sur le second volet, j'ai expliqué que l'UPC se préoccupait peu d'intégrer l'origine ethnique de ses candidats, mais tout compte fait même si je suis une femme originaire du Littoral et fier de l'être, je ne suis pas allogène ici. Je suis ici depuis 12 ans, certains de mes enfants sont nés ici, c'est-à-dire qu'on y a enterré leur nombril comme on dit chez les Bamiléké. Dans cette ethnie qui m'a accueillie on connaît mieux la détresse des compétences qui sont pénalisées du seul fait de leur origine tribale. Et parce que c'est une grosse injustice, les électeurs de Bafoussam ne se doivent pas de la perpétuer à travers la femme que je suis et l'allogène que je serais. Il est temps dans ce pays et à Bafoussam en particulier que justice soit rendue aux femmes, il est temps que justice soit rendue aux allogènes dans ce pays et il est enfin temps que justice soit aussi rendue à l'UPC.


 
CONTACTS
 
ANNONCES
 



Ouest Echos home page