Gabriel YOUBI
Pression politique
Les maires
UCVC exigent la décentralisation
Les élus locaux de l'Union des
communes et villes du Cameroun ( UCVC ) ont tenu le 15 mars dernier
à Yaoundé une Assemblée Générale
extraordinaire. Un seul point figurait à l'ordre du jour
: L'obtention de la décentralisation avant la fin de la session
parlementaire en cours. Si non ...
La rencontre de la semaine dernière faisait suite à
celle tenue en janvier 2002 et au terme de laquelle un mémorandum
avait été adressé au ministre de l'administration
territoriale montrant la nécessité de la décentralisation
pour la lutte efficace contre la pauvreté. Cette efficacité
reconnue d'ailleurs par la Constitution de 1996 dont les articles
55 à 62 définissent la mission et les tâches
précises des collectivités décentralisées.
Pour dire que leurs exigences ne relèvent pas de la surenchère
politicienne mais sont bien conformes à la Loi fondamentale.
Les assises de Yaoundé ont donné l'occasion de relire
plusieurs fois l'Article 1er de la Constitution du 18 janvier 1996
qui dit que " La République du Cameroun est un Etat
unitaire décentralisé " Et pour l'UCVC la décentralisation
ne saurait menacer l'unité nationale. Tout au contraire,
elle permettra de le consolider en rapprochant les populations de
leurs élus locaux dans la réalisation des projets
d'intérêt communs. Ainsi la cellule de base qui est
la commune permettra la mobilisation et l'animation des populations
dans leur vie quotidienne. Or il se trouve que malgré ces
avantages cités, le gouvernement n'a pas encore jugé
de l'opportunité de mettre devant les parlementaires le projet
de loi relatif à la décentralisation. Même le
mémorandum de l' UCVC envoyé au Minat avec copie au
PM et à la présidence de la République n'a
pas fait bouger le statu quo. Pourtant la session en cours marque
théoriquement la fin de cette législature. Les élus
de l'UCVC estiment que ce serait un échec d'achever cette
session sans obtenir la décentralisation reconnue par la
Constitution de 1996. Voilà pourquoi ils entendent forcer
la main au gouvernement, pour que ce projet de loi soit soumis à
la discussion pendant la session en cours. Leur souci est de voir
réaliser cette décentralisation et la réforme
communale afin que " les prochains élus assument pleinement
leur responsabilité sans le poids de la tutelle que nous
la connaissons aujourd'hui et sans délégué
du gouvernement qui, dans certaines villes, vident de leur contenu
le mandat des élus locaux " Le mémorandum amplié
au FEICOM demandait également que cette structure "
s'accorde préalablement avec chaque maire pour les différentes
retenues opérées sur les centimes additionnels communaux
" Et surtout que les engagements souscrits par les maires en
faveur du FEICOM respectés et exécutés par
le FEICOM. Les travaux de Yaoundé ont été sanctionnés
par une autre correspondance adressée au MINAT lui demandant
de réagir au mémorandum reçu en janvier dernier.
C'est en attendant cette réaction et surtout l'évolution
des travaux à l'Assemblée Nationale que les maire
UCVC se sont donnés rendez-vous pour le fin du mois de mars.
Un rendez-vous, dit-on de ce côté là, qui leur
donnera l'occasion de se rendre au Ministère de l'Administration
Territoriale (MINAT) soit pour témoigner leur reconnaissance
soit pour dire leur mécontentement. Ces assises se sont déroulées
dans une atmosphère de tension car ce jour-là même
trois projets de loi étaient présentés à
l'Assemblée Nationale. Celui sur la décentralisation
n'y figurait naturellement pas. D'où le courroux de ces maires
venus de Bamenda, Nkongsamba, Foumban
qui sont rentrés
déçus à plus d'un titre. Une déception
exprimée par le Dr Admou Ndam Njoya, président de
l'UCVC qui estime que la décentralisation fait peur à
l'administration à cause de l'abus de pouvoir que les préfets,
sous-préfets et autres délégués du gouvernement
exercent sur les populations. Or, son exigence est la conséquence
des difficultés rencontrées sur le terrain par ces
élus locaux du faits des blocages divers. Chaude empoignade
donc en perspective.
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