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Editorial
Ce texte a été publié pour la 1ère fois
le 21 décembre 1994.
Il reste notre boussole
Décentraliser
la tribune !
Chers amis,
Chers lecteurs,
Le produit que vous avez entre les mains est notre réponse
à un besoin réel ; l'information de proximité.
Parce qu'il fallait faire autre chose, nous avons choisi de cibler
un public réduit certes, mais remplissant toutes les conditions
favorables pour une expérimentation inédite depuis
la session dite des libertés en 1990 ; la formule d'un journal
régional au sens propre et noble du terme.
Nous avons
choisi la province de l'Ouest. Sa petite taille géographique
nous garantit un rapide déploiement dans notre champ de couverture.
Ses clubs en championnat d'élite nous assurent de palpitants
derbies. Son statut de grenier de l'Afrique centrale polarise bien
de regards sur elle. Sa forte densité humaine nourrit l'échange
et la communication. Last but not least, nous nous proposons de
satisfaire la curiosité toujours renouvelée d'une
diaspora fort avide de dernières nouvelles sur la petite
école du quartier détruite par les orages. Bien sûr,
ne soyons pas naïfs. En fin de compte, il appartiendra à
chacun de nous de faire sa lecture.
Que répondre
à ceux qui ne verront en cela que régionalisme, sécessionniste,
hégémonisme, fédéralisme ou tout autre
épithète du même genre ? Que répondre
à ceux-là qui depuis le foisonnement démocratique,
ne cessent d'agiter leurs angoisses en indexant les particularismes
? Que répondre à tous ceux qui, pour toutes ces raisons
et uniquement pour ces raisons se détourneront de ce journal
en criant : " Regardez, j'ai les mains propres ! " Parce
que par là, ils auraient soulagé leur conscience du
poids de séculaires complexes de culpabilité kafkaïens
?
Chers amis,
Chers lecteurs,
Si vous n'êtes pas de ceux qui fuient leur ombre, entendons-nous
bien sur la nature du contrat de fidélité que nous
passons : Dans notre sphère choisie, ensemble, il s'agit
pour nous de donner la parole à la mère génitrice
en larmes en cause de l'insécurité de ses enfants.
Ensemble, il s'agit pour nous d'écouter les plaintes de l'homme
en sueur, abusé par les corsaires à qui il avait confié
son suffrage. Même au plan local, cet exercice est un fardeau.
Michel
Eclador PEKOUA
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